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Tests Core Ultra Series 3 (Panther Lake) : Intel semble avoir redoré son blason

Here comes (back) a new challenger
Tests Core Ultra Series 3 (Panther Lake) : Intel semble avoir redoré son blason

La publication, outre-Atlantique, des premiers tests consacrés aux processeurs Panther Lake d’Intel confirme que les promesses du fondeur autour de son procédé de gravure Intel 18A n’étaient pas vaines. C’est au moins vrai pour le Core Ultra X9 388H et son iGPU Intel Arc Pro B390, qui marquent des points tangibles face à la concurrence, en x86 comme en Arm.

Après la traversée du désert, le retour du roi ? Annoncés début janvier à l’occasion du CES de Las Vegas, les nouveaux processeurs Core Ultra Series 3 pour ordinateurs portables d’Intel, dits Panther Lake, semblent partis pour redorer le blason d’Intel.

La publication des premiers tests dans la presse tech outre-Atlantique confirme en effet que cette nouvelle génération, la première basée sur le procédé de gravure Intel 18A, délivre des performances et une efficacité énergétique qui ramènent ces puces x86 dans la course face aux Ryzen d’AMD (du moins en attendant l’arrivée des Ryzen AI 400), mais aussi et surtout face aux processeurs Arm d’Apple.

Des tests centrés sur le modèle le plus haut de gamme

À ce stade, il faut toutefois rappeler que tous les tests publiés mardi 27 janvier, date de levée de l’embargo, concernent le processeur le plus haut de gamme de la famille des Core Ultra Series 3, le Core Ultra X9 388H, lui-même accompagné du GPU intégré le plus performant de cette génération, l’Intel Arc Pro B390 (gravé par TSMC).

Il convient également de noter que ces tests ont été effectués, dans la plupart des rédactions, sur un même châssis, le ZenBook Duo d’Asus, une machine très haut de gamme (annoncée à 2 300 dollars aux États-Unis dans cette configuration) qui dispose de deux écrans, mais aussi d’une imposante batterie de 99 Whr.

Les résultats relayés ici ne valent donc que pour ce processeur, dans cette configuration, et ne présagent pas du ratio entre performances et efficacité énergétique du reste de la gamme (qui compte 14 références au lancement).

Tous les Core Ultra Series 3 bénéficieront cependant des avancées liées à leur nouveau procédé de gravure, grâce auquel Intel déclarait en janvier atteindre « jusqu’à 15 % de performances par watt et une densité de puces 30 % plus élevée par rapport au nœud de processeur Intel 3 ».

Pour une présentation plus générale de la gamme, et des bénéfices architecturaux promis par Intel, consultez notre article de présentation dédié.

Un Core Ultra X9 388H solide, mais derrière l’Apple M5

Au chapitre des tests synthétiques, Tom’s Hardware nous propose de positionner le nouveau venu face à ses principaux concurrents en un coup d’œil, puisque le X9 388H est opposé à un Core Ultra 7 255H (la génération précédente) au sein d’un portable Lenovo, au Ryzen 9 HX 375 d’AMD via une machine HP, et à deux processeurs Arm, signées respectivement Apple et Qualcomm, via un MacBook Pro M5 et un Dell XPS 13 doté d’un Snapdragon X Elite.

Crédit Tom’s Hardware

En monocœur, le X9 dépasse tous ses concurrents, à l’exception de la puce Apple M5, qui conserve une belle longueur d’avance. Sur des flux multithreadés en revanche, le nouveau venu d’Intel talonne la puce du MacBook Pro. Sur un encodage vidéo via Handbrake, Apple s’impose nettement devant le Ryzen 9 HX 375, lui-même talonné par le X9. « Intel ne peut toujours pas rivaliser avec Apple en termes de performances monocœur, et c’est là que l’amélioration est la plus modeste », résume aussi Wired, avant d’aborder ce qui constitue peut-être la meilleure surprise de cette nouvelle référence : sa partie graphique intégrée.

Un iGPU qui envoie

Sur le classique 3DMark Fire Strike, Tom’s Hardware mesure un score de 13 581 pour le Zenbook Duo, loin devant l’iGPU du Ryzen 9 HX 375 qui totalise 8 557 points.

En jeu, PC Gamer constate un débit moyen de 64 images par seconde (FPS) sur Cyberpunk 2077 en 1080p natif avec des réglages en moyen, mais c’est bien sûr avec les fonctions d’upscaling (XeSS chez Intel, équivalent du DLSS chez NVIDIA et du FSR chez AMD) que la magie opère, puisque la machine d’Asus délivre alors 92 images par seconde en moyenne.

Elle écrase alors sans difficulté l’iGPU Radeon 890M d’AMD, même si elle reste en retrait des performances obtenues par une RTX 4050 Mobile de NVIDIA.

Crédit PC Gamer

Usages fluides et autonomie record

Si la génération précédente de GPU mobiles de NVIDIA tient encore largement la corde en matière de performances, le ratio entre performances et autonomie se renverse assez largement au profit d’Intel, remarque encore PC Gamer. Le Zenbook Duo équipé du Core X9 tient en effet 146 minutes en jeu, en mode d’alimentation équilibré, quand la machine équipée d’une RTX 4050 calanche au bout de 92 minutes.

Tous les testeurs saluent de façon unanime l’autonomie de la machine d’Asus, qui franchit largement la journée d’utilisation loin de toute prise électrique, en rappelant tout de même qu’elle profite d’une batterie hors norme. Les tests lancés par Guillaume Henri des Numériques semblent eux aussi partis pour confirmer une excellente autonomie.

The Verge explore de son côté la concurrence entre X9 et M5 sur deux applications dites de création. D’abord, un export Premiere 4K qui se conclut à l’avantage d’Intel (183 secondes, contre 194 secondes pour le MacBook Pro), puis le test Classroom de Blender, qui lui consacre une victoire sans conteste de la puce Apple (44 secondes pour le M5, 61 secondes pour le X9).

S’ils confirment les ordres de grandeur généraux, ces deux chiffres sont toutefois difficiles à analyser plus avant, faute de détail précis quant au paramétrage des logiciels concernés. Est-ce le plus important ? « En pratique, la rapidité de Panther Lake est indéniable. Lorsque j’ai ouvert mon catalogue Adobe Lightroom Classic et commencé à retoucher certains de mes fichiers RAW de 50 mégapixels, j’ai constaté une fluidité comparable, voire supérieure, à celle d’un MacBook Pro », estime l’auteur du test.

Après cet accueil globalement favorable, reste à voir comment se comporte le reste de la gamme, et bien sûr dans quelle mesure les Core Ultra Series 3 tiendront leur nouveau rang face aux nouveaux venus attendus chez Apple (M5 Pro, M5 Max), AMD ou Qualcomm…

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☕️ Google verse 68M de dollars pour se libérer d’accusations d’espionnage de son assistant

Google a accepté de verser 68 millions de dollars pour régler un procès dans lequel l’entreprise était accusée d’avoir laissé son assistant vocal espionner des utilisateurs d’Android.

Celui-ci devait normalement s’activer aux seuls mots de « Okay, Google » ou «Hey, Google », mais dans une plainte déposée en juillet 2019 [PDF], des particuliers accusaient l’assistant de les enregistrer sans qu’ils aient prononcé ces mots.

Les plaignants expliquaient dans ce document que « Google a également reconnu que “les appareils équipés de l’Assistant Google peuvent rencontrer ce que nous appelons une “fausse acceptation”. Cela signifie que notre logiciel a interprété certains bruits ou mots en arrière-plan comme étant le mot clé (tel que “Ok Google”) ».

Flock Google surveillance

Comme le remarque TechCrunch, Google n’a pas reconnu avoir commis d’infraction. L’accord [PDF] de la class action concerne aux États-Unis les personnes qui ont acheté des appareils Google ou qui ont fait l’objet de « fausses acceptations » de la part de l’Assistant Google depuis le 18 mai 2016. L’entreprise a refusé auprès de Reuters de faire tout commentaire.

Il y a un an, Apple avait mis 95 millions de dollars sur la table pour en finir avec une procédure similaire concernant Siri.

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Capgemini participe à traquer les migrants pour l’ICE, des millions de dollars à la clé

Big Cricket
Capgemini participe à traquer les migrants pour l’ICE, des millions de dollars à la clé

Capgemini Government Solutions, filiale américaine de l’entreprise française, a signé plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice. Dans le dernier, il s’agit d’identifier et localiser des étrangers pour l’ICE, avec plusieurs millions de dollars à la clé.

Capgemini Government Solutions, une filiale américaine de l’entreprise française, a répondu et obtenu l’appel d’offre que le service de l’immigration et des douanes des États-Unis a passé pour lui permettre d’identifier et de localiser des étrangers. Le contrat prévoit une enveloppe maximum de 365,8 millions de dollars jusqu’à fin 2027, comme le révélait The Intercept fin décembre.

Les agents de l’ICE sont nombreux dans les rues des villes américaines pour traquer toute personne qu’ils considèrent comme étrangère et en situation irrégulière. Leurs opérations ont mené à la mort de 32 personnes en détention, selon le Guardian, et 11 sont mortes par balles sous le deuxième mandat de Donald Trump selon un décompte fait sur Wikipédia.

À la recherche de toutes les traces des étrangers

Le média « Observatoire des multinationales » a retrouvé des documents en source publique montrant, « sans ambiguïté » comme le juge le média, que le contrat « fournit à ICE des services de skip tracing au niveau national ». Thomson Reuters détaille que le « skip tracing » est un « processus qui consiste à localiser une personne à des fins diverses ». Pour cela, l’entreprise qui le met en place va d’abord chercher à recueillir des informations officielles comme les noms, prénoms, la dernière adresse, les informations sur son véhicule, mais aussi plonger dans ses réseaux sociaux, dans les documents légaux, les photos publiées en ligne, etc.

Comme l’indique l’Observatoire des multinationales, la somme initiale du contrat est de 4,8 millions de dollars. Mais en cherchant dans d’autres sources telles que le site Higher Gov, comme l’a fait l’émission L’œil du 20 h diffusée ce lundi soir, on peut voir que le marché dispose d’une option permettant d’envisager une « valeur plafond » de 365,8 millions de dollars à la fin des deux ans de contrat.

Dans l’appel d’offre lancé fin octobre 2025 par le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis, affirme que l’ICE a « un besoin immédiat » de ce genre de service « afin de vérifier les informations relatives à l’adresse des étrangers, d’enquêter sur d’autres informations relatives à l’adresse des étrangers, de confirmer le nouvel emplacement des étrangers » et de leur remettre des documents.

L’administration états-unienne y prévoit aussi des « bonus financiers ou ajustements tarifaires basés sur le taux de réussite du fournisseur dans la vérification des adresses des étrangers et la livraison des documents » :

« Trahison des valeurs affichées »

La CGT du groupe coté au CAC 40 a publié ce lundi 26 janvier un communiqué de presse dans lequel elle dénonce « une trahison des valeurs affichées » par l’entreprise. « Get The future You Want, c’est le slogan de Capgemini depuis 2020. Aiman Ezzat, notre PDG, déclarait d’ailleurs en 2023 à propos de la politique d’inclusion du groupe : “La reconnaissance de la liberté de chaque individu et la confiance dans les autres qu’elle implique sont fondamentales pour le respect de la dignité humaine. La liberté et la confiance sont à la base de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et constituent deux des sept valeurs fondamentales de Capgemini” », met en contraste le syndicat.

Le syndicat pointe que « chaque contrat [passé entre Capgemini et l’ICE] représente des millions de dollars. On parle de plusieurs centaines de millions de dollars depuis 2007 ». Car, en effet, la filiale américaine du groupe a passé d’autres contrats avec l’agence. Par exemple, c’est encore Capgemini Government Solutions qui s’est occupé du site de la hotline de l’ICE pour la dénonciation de faits « liés à l’immigration » lancée pendant le premier mandat de Donald Trump.

Lundi, le jour même de la diffusion de l’Œil du 20 h, le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, a réagi sur LinkedIn : « Nous avons récemment été informés, par des sources publiques, de la nature d’un contrat attribué à CGS par le service de l’immigration et des douanes du département américain de la sécurité intérieure (DHS) en décembre 2025. […] le conseil d’administration indépendant a déjà entamé le processus d’examen du contenu et de la portée de ce contrat ainsi que des procédures contractuelles de CGS ».

La CFDT de Capgemini explique, elle, avoir « sollicité la direction du groupe pour qu’elle apporte au plus vite des éclaircissements sur la nature du contrat révélé par les médias ». Pour le syndicat, ce post d’Aiman Ezzat « expose le cadre du contrat incriminé sans, hélas, mettre en lumière le respect des valeurs éthiques prônées par le groupe ». Et le syndicat pose la question : « Pourquoi imposer des formations sur l’éthique à l’ensemble des salariés, et parfois même les licencier pour ne pas les avoir suivies, alors que le groupe lui-même ne respecte pas cette valeur ? » . Et le syndicat de revendiquer « officiellement que soit retirée sans délai des formations imposées aux salariés celle consacrée aux règles de l’éthique ».

La CFTC, quant à elle, se demande « comment les héritiers de Serge Kampf peuvent-ils cautionner un tel contrat  et comment Capgemini peut-il encore se prévaloir de sa devise : « Libérer les énergies nouvelles par la technologie pour un avenir inclusif et durable. » ? Elle appelle « à un retour à la cohérence entre discours et réalité, et continuera à défendre une éthique qui ne s’accommode ni du silence ni des compromis ».

« Des entreprises françaises privées collaborent avec lICE. Nous ne l’acceptons pas », a réagi le député (LFI) Hadrien Clouet lors d’un point presse ce mardi.

« Les contrats des groupes français méritent toute vigilance. C’est facile de faire un commentaire un matin sur une radio quand on n’a pas le détail du contrat, mais le respect des droits de l’homme est un sujet », a botté en touche ce mardi matin sur RTL la ministre des Armées, Catherine Vautrin, interrogée sur le sujet.

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Bloquer les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Assemblée adopte une loi problématique

Next, premier sur l'euphémisme
Bloquer les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Assemblée adopte une loi problématique

L’Assemblée nationale a adopté lundi la proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Si Emmanuel Macron a promis qu’il veillerait à ce que la mesure soit appliquée avant le 1er septembre, le texte adopté ne démine pas les principales chausse-trappes, réglementaires, techniques ou juridiques, qui s’opposent à sa mise en œuvre.

« Au 1er septembre, nos enfants et adolescents seront enfin protégés. J’y veillerai. », s’est réjoui dans la nuit Emmanuel Macron. Quelques minutes plus tôt, l’Assemblée nationale venait d’adopter la proposition de loi de la députée Laure Miller (EPR) visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

Mais en dépit du satisfecit d’Anne Le Hénanff, ministre du Numérique, qui a salué en clôture de séance « un texte conforme au droit européen », « applicable donc opérationnel » et « juridiquement solide », de nouvelles évolutions sont sans doute à prévoir pour que les déclarations du président de la République ne relèvent pas du vœu pieux.

Une interdiction complexe à mettre en œuvre

La rapporteure du texte, Laure Miller, et le gouvernement ont accordé leur violon en dernière minute autour d’une version remaniée de l’article 1 de la proposition de loi, qui en porte la principale mesure. Incarnée par un amendement gouvernemental adopté en séance, elle prévoit que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans », sans explicitement faire porter la responsabilité de cette interdiction aux plateformes.

Comme nous l’expliquions lundi, cette précaution oratoire fait suite à un avis du Conseil d’État, dans lequel l’institution rappelait que si les États membres ont toute compétence pour « définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès », ils ne peuvent pas « imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ». Dans la mesure où ces dernières ne sont pas installées en France, mais dans un autre pays de l’Union (l’Irlande), c’est en effet au niveau européen que se décide leur réglementation, comme l’a déjà rappelé Bruxelles à Paris au sujet de la loi SREN.

« Certains regrettent que nous n’imposions pas davantage d’obligations en droit national. Je partage évidemment cette frustration, mais le droit européen est clair : le DSA est un règlement d’harmonisation maximale », a justifié en séance la rapporteure, avant d’admettre quelques minutes plus tard avancer « sur une ligne de crête ».

Déjà ténue, cette ligne de crête pourrait être encore fragilisée sur le plan juridique, comme le soulignent Alexandre Archambault ou Tris Acatrinei. Dans une affaire en cours de règlement à la Cour de justice de l’Union européenne, l’avocat général propose en effet (PDF) de juger que les dispositifs d’interdiction d’accès aux mineurs sont englobés par la directive européenne en vigueur, « de sorte qu’il n’est pas possible de contourner ce mécanisme pour imposer des obligations résultant de dispositions générales et abstraites aux prestataires de services ».

Texte à trous

Les lacunes du texte participent également de sa fragilité. Dans sa version provisoire du 27 janvier (PDF), la proposition dispose bien qu’il appartient au gouvernement de fixer la liste des plateformes visées, sur avis de l’Arcom, mais elle ne dit rien des critères qui permettront de sélectionner ces dernières (à part que l’interdiction ne s’appliquerait ni aux encyclopédies en ligne, ni aux répertoires éducatifs ou scientifiques), et donc de vérifier l’adéquation avec les définitions faites par le DSA.

Elle n’évoque pas, non plus, les modalités de la vérification d’âge qui deviendrait le corollaire de cette application. En séance, Laure Miller a toutefois soutenu à plusieurs reprises qu’il ne s’agirait pas d’une simple estimation de l’âge (comme celle qu’OpenAI étudie pour ChatGPT) ou d’un contrôle de photo, mais bel et bien d’une « vérification », conforme aux directives formulées par la Commission européenne dans le cadre de ses propres réflexions sur le contrôle de l’accès des mineurs aux contenus en ligne.

France Identité en embuscade ?

« Les lignes directrices indiquent que la solution doit être précise, fiable, robuste, non intrusive et non discriminatoire », a fait valoir Laure Miller. Mais quid de son implémentation réelle, à plus forte raison d’ici septembre ? La proposition de loi n’en pipe mot.

D’après Emile Marzolf, journaliste à Politico, le gouvernement aurait cependant une idée bien précise de la façon d’adresser le problème : « En attendant qu’une loi soit votée, l’État se tient déjà prêt à dégainer son application de vérification d’âge, adossée à la carte d’identité électronique, et à la proposer gratuitement aux plateformes », indique-t-il sur LinkedIn.

Cette conformité d’âge, valable aussi bien pour les mineurs de moins de 15 ans sur les réseaux sociaux que pour les moins de 18 ans sur les sites pornographiques, serait en fait « directement intégrée à l’appli France Identité du ministère de l’Intérieur — qui n’a finalement pas repris l’application de référence proposée par la Commission européenne », affirme encore notre confrère.

Des systèmes intrinsèquement faillibles

Quel que soit l’outil sélectionné, il restera à généraliser sa mise en œuvre, ce qui supposerait donc que tous les internautes français acceptent de confier la « vérification » de leur âge à une tierce partie. Dans un contexte marqué par une explosion du volume d’attaques cyber entrainant des fuites de données personnelles, pas certain que les internautes français se plient de bonne grâce à l’exercice. À plus forte raison quand l’expérience liée aux sites pornographiques a montré qu’il était aisé, pour ne pas dire trivial, de contourner les dispositifs de vérification d’âge.

« Sans doute certains adolescents de moins de 15 ans réussiront-ils à contourner les systèmes de vérification d’âge. Mais est-ce une raison pour renoncer ? Avec cette proposition de loi, nous posons une limite claire et disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin », estimait lundi la rapporteure.

En vertu de la procédure accélérée engagée vendredi dernier, le texte devrait être examiné en première lecture au Sénat dans les prochaines semaines.

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Face à l’ICE, des employés de la tech essaient de mobiliser leurs dirigeants

DigitICE detox
Face à l’ICE, des employés de la tech essaient de mobiliser leurs dirigeants

Alors que l’essentiel des dirigeants de l’industrie numérique ont un accès privilégié à la Maison Blanche, des employés du secteur essaient de les obliger à se positionner sur les actions du service de l’immigration et des douanes, voire à renoncer à certains contrats.

Samedi 24 janvier au soir, Andy Bass, directeur exécutif d’Amazon, Tim Cook, dirigeant d’Apple, et Lisa Su, directrice du constructeur de puces électronique AMD, se sont rejoints à Washington. Ensemble, ces grands patrons de l’industrie numérique assistaient à une projection du documentaire Melania, produit par Amazon et centré sur l’épouse du président américain, Melania Trump.

L’événement tranchait nettement avec les préoccupations de leurs employés. Quelques heures plus tôt, à Minneapolis, l’infirmier en réanimation Alex Pretti était abattu par un agent de la Border Patrol, une des agences fédérales en charge de l’immigration aux États-Unis. L’homme a été assassiné de dix balles dans le dos juste après avoir tenté de porter secours à une autre manifestante, aveuglée par un spray au poivre.

La ville est le théâtre de larges manifestations depuis que l’opération « Metro Surge », lancée en décembre 2025, a vu le service de l’immigration et des douanes (ICE) renforcer ses opérations pour expulser des immigrants en situation irrégulière. Le 7 janvier, ces actions avaient déjà conduit à la mort de Renée Good, tuée par trois balles de l’agent Jonathan Ross.

L’industrie numérique a pourtant maille à partir avec ces exactions. En ligne, messages et lettres ouvertes se multiplient, notamment portés par des employés de la tech, pour appeler à la condamnation des actions de l’ICE. Ainsi d’ICEout.tech, un manifeste titré « la tech demande que l’ICE quitte nos villes ».

Signé par des employés de Microsoft, Amazon, Figma, Google, PayPal, Panasonic, OpenAI, Oracle ou encore Tesla, HP et Mozilla, le texte demande « à nos PDG de prendre leurs téléphone : 1. Appelez la Maison Blanche et demandez que l’ICE quitte nos villes, 2. Supprimez tous les contrats de l’entreprise avec l’ICE, 3. Prenez publiquement la parole contre la violence de l’ICE. »

Des dirigeants de la tech proche de la Maison Blanche

De fait, des dirigeants de l’industrie comme ceux présents à la projection du documentaire Melania, ou encore les patrons de Meta, Tesla ou OpenAI ont une ligne directe avec la Maison Blanche. Elon Musk a soutenu financièrement et personnellement la campagne de Donald Trump et les premiers mois de son retour au pouvoir, les dirigeants de la plupart des réseaux sociaux se sont pliés à payer des dédommagements au président des États-Unis pour la suspension de ses comptes sur les plateformes de Meta, X et Youtube en 2021…

Mais pour les mobiliser, des employés de diverses sociétés réfléchissent à s’organiser plus concrètement. Même chez Palantir, société cofondée par Peter Thiel, dirigée par Alex Karp, et qui a largement profité du retour de Trump au pouvoir, les équipes demandent des comptes. Après le décès d’Alex Pretti, des salariés ont autant interrogé l’aspect éthique que l’intérêt business de continuer à travailler pour l’ICE dans le Slack interne.

L’équipe « vie privée et libertés civiques » a répondu en redirigeant vers un wiki interne permettant d’explorer les détails des activités de l’entreprise pour l’ICE et le ministère de l’intérieur états-unien (DHS), indique Wired, expliquant notamment que leurs technologies « contribuent à réduire les risques tout en permettant d’obtenir des résultats ciblés ». En avril 2025, Palantir a notamment obtenu un contrat de 30 millions de dollars en vertu duquel elle fournit à ICE une plateforme nommée ImmigrationOS, notamment dédiée à aider les agents à choisir qui expulser.

Chez Anthropic, Google, Meta et OpenAI, plusieurs personnes débattent de la possibilité de demander à leurs dirigeants de renoncer à leurs contrats avec le ministère de la Défense ou des sociétés comme Palantir, rapporte le New-York Times. De tels mouvements pourraient ressembler à ceux qui avaient vu des employés de Google s’opposer au projet Maven, ou de Microsoft protester contre des contrats avec l’armée. Comme chez Palantir, en revanche, les cadres de ces sociétés ont historiquement défendu ce type de contrats.

En Europe, des voix citoyennes s’élèvent

Depuis l’Europe, d’autres salariés se mobilisent. Ainsi, en France, de la CGT de Capgemini, qui appelle la société à mettre fin à ses contrats avec l’ICE. Le 26 janvier, alors que le fondateur de Palantir et théoricien libertarien et anti-démocratique Peter Thiel était à Paris pour s’entretenir avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot puis donner une conférence à huis clos, des associations se sont mobilisés devant l’Académie des Sciences morales et politiques pour protester contre sa présence et les liens de sa société avec l’ICE.

Au delà de ce type d’actions, en revanche, les condamnations officielles des actions du service de l’immigration et des douanes restent faibles. L’Union européenne a par exemple déclaré le 26 janvier qu’elle ne commenterait pas les « affaires internes » aux États-Unis. En 2016, la Commission avait en revanche qualifié l’assassinat de George Floyd d’« abus de pouvoir » qui devait être « dénoncé », relève le journaliste italien David Carretta.

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☕️ #LIDD M8SBC-486 : une carte mère 486 maison « from scratch »

Sur son site, maniek86 présente son projet M8SBC-486, « une carte mère maison 486 fabriquée à partir de zéro. Du schéma et du PCB jusqu’au chipset, [le projet] ne s’appuie pas sur des conceptions existantes ». C’est pour la partie hardware ; au niveau logiciel, le BIOS a été repris du projet de b-dmitry1.

Bien évidemment, la carte mère maison (PCB à quatre couches, de 150 x 150 mm) dispose d’un socket PGA avec 168 broches. Tous les documents et liens sont disponibles dans ce dépôt GitHub, comme le présente Tom’s Hardware.

Il prévient d’emblée que le résultat est une machine « “un peu compatible PC” parce qu’il a beaucoup en commun avec les anciens PC x86 standards. Les principales choses qui manquent ici sont le PIC [Contrôleur d’interruption programmable, ndlr] secondaire et le DMA [accès direct à la mémoire, ndlr] qui supprime notamment le support des cartes son ».

maniek86 précise que c’est un projet personnel, avec donc des limitations, et il reconnait même qu’il ne « s’attendait pas à ce que cet ordinateur fonctionne sous DOS au départ », mais c’est bien le cas. 

Une vidéo de démonstration a aussi été mise en ligne :

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☕️ Ubisoft cible 200 départs volontaires parmi les 1 100 salariés de son siège social

Cinq jours après la présentation d’une grande réorganisation stratégique censée lui permettre de retrouver la voie de la rentabilité, Ubisoft a signalé lundi son intention d’engager un plan de départs volontaires, sous forme de rupture conventionnelle collective, au sein des équipes de la direction du groupe. Le plan pourrait concerner « jusqu’à 200 postes », sur les 1 100 personnes actuellement employées au siège d’Ubisoft à Saint-Mandé, aux portes de Paris, d’après une déclaration transmise à l’AFP.

À ce stade, le plan ne concerne que les salariés de l’entité « Ubisoft International » sous contrat français précise encore le groupe, qui compte environ 4 000 salariés en France. Les salariés des différents studios français de l’éditeur sont donc pour l’instant épargnés par cette première vague de restructuration. Ubisoft assure par ailleurs qu’aucune décision « ne sera définitive tant qu’un accord collectif n’aura pas été conclu avec les représentants du personnel et validé par les autorités françaises ».

Des précautions qui s’imposent, dans la mesure où ce plan de départ volontaire ne constitue probablement que le prélude à de plus grandes manœuvres de restructuration. Dans le cadre de sa restructuration autour de cinq « maisons de création » autonomes, Ubisoft a en effet déclaré vouloir réaliser 200 millions d’euros d’économies supplémentaires sur les deux ans à venir.

Cette nouvelle cure d’austérité, à laquelle s’ajoute un durcissement programmé des accords sur le télétravail, a toutes les chances de déclencher une fronde sociale chez l’éditeur. D’après les Échos, les principaux syndicats français d’Ubisoft convergent vers l’idée d’un mouvement de grève du 10 au 12 février prochain.

Le cours d’Ubisoft a perdu près de 40 % jeudi 22 janvier suite à l’annonce de ce grand plan de réorganisation, ce qui a ramené le titre à sa valorisation de 2012. L’action s’est depuis légèrement ressaisie : mardi matin, le titre UBI s’échange aux alentours de 4,60 euros, ce qui valorise l’entreprise aux alentours de 660 millions d’euros, soit un tiers environ de son chiffre d’affaires annuel (1,846 milliard d’euros annoncés sur l’exercice 24 - 25 avant retraitement).

En mai dernier et sur les douze mois de son exercice 24 - 25, Ubisoft revendiquait 1,846 milliard d’euros de réservations nettes, l’indicateur qui fait office de chiffre d’affaires pour les éditeurs de jeux vidéo – capture d’écran Next
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☕️ TikTok US a des problèmes avec son infrastructure et réfute toute velléité de censure

Depuis dimanche, les utilisateurs de TikTok aux États-Unis font face à des difficultés pour se connecter à leur réseau social préféré.

L’accord pour éviter l’interdiction de TikTok aux États-Unis est en place depuis vendredi dernier seulement. Il a donné naissance à la nouvelle coentreprise TikTok USDS dans laquelle Oracle a une part importante aussi bien financière, que concernant la gouvernance et la partie technique.

TikTok

Mais le compte X de cette coentreprise a déjà signalé qu’elle rencontrait des problèmes d’infrastructure. Lundi, elle expliquait dans un premier message que, depuis dimanche, elle travaillait « à la restauration de [ses] services suite à une panne de courant dans un centre de données américain qui a affecté TikTok et d’autres applications » qu’elle gère.

Dans un deuxième message (retweeté par le compte central de l’application), la coentreprise expliquait que cette panne a « provoqué une défaillance en cascade des systèmes ».

Les conséquences, selon ce message, pour les utilisateurs : des bugs, un temps de latence plus long, voire des requêtes qui ne peuvent aboutir, un affichage de 0 pour certains créateurs sur les vues et les likes à cause de délais d’attente du serveur. « Vos données et votre engagement réels sont en sécurité », veut rassurer la nouvelle entité.

On peut remarquer sur Downdetector que les signalements concernant TikTok ont été massifs ces dernières 24 heures.

La nouvelle coentreprise fait aussi face à une première polémique : a-t-elle interdit d’utiliser le terme « Epstein » demandent certains utilisateurs sur X ? « Nous n’avons pas de règles interdisant le partage du nom « Epstein » dans les messages privés et nous enquêtons actuellement sur les raisons pour lesquelles certains utilisateurs rencontrent des problèmes », explique TikTok US au média public NPR. The Verge a tenté de vérifier et conclut plutôt que l’entreprise bloque tout message qui ne contient qu’un mot comme « Test » ou… « Epstein ».

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☕️ La Commission européenne désigne WhatsApp comme très grande plateforme en ligne

Il aura fallu près d’un an pour que la Commission européenne désigne formellement WhatsApp comme très grande plateforme en ligne, mais c’est désormais chose faite. Une communication datée du 26 janvier signale en effet que WhatsApp dispose désormais de quatre mois pour s’assurer du respect des « obligations supplémentaires découlant du règlement sur les services numériques pour les très grandes plateformes en ligne », décrites comme suit :

« Ces obligations comprennent l’évaluation et l’atténuation appropriées de tout risque systémique, tel que les violations des droits de l’homme fondamentaux et de la liberté d’expression, la manipulation électorale, la diffusion de contenus illicites et les préoccupations en matière de protection de la vie privée, découlant de ses services. »

WhatsApp avait pour mémoire franchi le seuil des 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union européenne en février 2025. C’est cette audience cumulée qui déclenche le passage sous le régime spécifique des très grandes plateformes en ligne, souvent appelées VLOP (pour Very large online platform).

Le statut de VLOP découle du DSA, le règlement européen sur le numérique

Dans le cas de WhatsApp, les obligations ne concernent qu’un volet spécifique de l’offre : celui des chaînes, ou channels, la fonctionnalité « qui permet aux destinataires de diffuser des informations, des mises à jour et des annonces à un large public d’utilisateurs ». Le service de messagerie privée reste quant à lui « explicitement exclu de l’application du règlement sur les services numériques », précise Bruxelles.

« À la suite de sa désignation en tant que très grande plateforme en ligne, la Commission sera compétente pour contrôler le respect par WhatsApp du règlement sur les services numériques, en coopération avec Coimisiún na Meán, coordinateur irlandais pour les services numériques », prévient la Commission européenne. L’échéance est fixée à mi-mai 2026.

Meta et TikTok ont déjà été épinglés en octobre dernier pour non-respect de certaines des obligations liées au statut de VLOP. L’infraction concernait plus précisément l’absence d’ouverture d’un « accès adéquat aux données publiques » de leurs plateformes à des fins de recherche.

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L’État veut généraliser « Visio », l’outil de webconf de La Suite Numérique d’ici 2027

Zoomcorico
L’État veut généraliser « Visio », l’outil de webconf de La Suite Numérique d’ici 2027

Pour montrer que le gouvernement veut sortir de la dépendance aux outils numériques américains, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, annonce la généralisation de l’utilisation de l’outil Visio de La Suite numérique et l’abandon des licences Zoom du CNRS.

L’outil de visioconférence « Visio » de la plateforme La Suite numérique devra être utilisé (et donc utilisable) par l’ensemble des services de l’État d’ici 2027, a annoncé le ministère chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État.

100 % des agents de l’État d’ici 2027

« Nous sommes devenus dépendants à Teams, à Zoom. Il faut donc au sein de l’État se désintoxiquer pour assurer la sécurité de nos échanges en toutes circonstances », constatait ce week-end le ministre David Amiel dans la Tribune du Dimanche. Dans son communiqué, le ministère évoque aussi GoTo Meeting ou Webex. Bref, bien trop de solutions de visio propriétaires et gérées par des entreprises américaines. Et, en ces temps où l’on peut se poser la question d’une éventuelle coupure du robinet de la tech US, la souveraineté numérique est sur toutes les lèvres.

« Le Premier ministre va ces prochains jours diffuser une circulaire pour l’officialiser : 100 % française, Visio sera progressivement déployée pour 100 % des agents de l’État », expliquait le ministre à nos confrères.

Visio est un outil développé par la Dinum au sein de sa plateforme La Suite numérique. L’outil ne sort pas d’un chapeau. Comme nous l’expliquions déjà en juin 2025, ce système de vidéoconférence (appelé La Suite Meet à l’époque) appuie son code (disponible sur GitHub en licence MIT) sur le travail de LiveKit.

Mais David Amiel annonce donc un passage à une plus grosse échelle pour cet outil de la Dinum. Jusque-là, il comptait 40 000 utilisateurs réguliers. Il va bientôt devoir accueillir 200 000 agents de la fonction publique d’ici peu puisqu’il est censé devenir, d’ici la fin du premier trimestre 2026, la solution de visio du CNRS, de l’Assurance Maladie, de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) et du ministère des Armées.

Le ministère en profite pour indiquer que le CNRS va abandonner ses licences Zoom. Les 34 000 agents, 120 000 chercheurs et les unités mixtes de recherche qui dépendent du centre devront officiellement passer par Visio (notons qu’en pratique, rien ne permet d’interdire à une personne du CNRS d’utiliser un autre logiciel).

Rappelons quand même que le CNRS avait aussi un outil interne de visioconférence appuyé sur le logiciel libre de visioconférence Big Blue Button. Mais celui-ci ne semble pas avoir eu le succès que la DSI du CNRS escomptait, peut-être à cause d’une infrastructure n’étant pas capable d’assurer une visioconférence fluide à ses utilisateurs.

Hébergé par Outscale, accompagné par l’ANSSI

C’est d’ailleurs l’enjeu autour de cette généralisation de l’utilisation de Visio à tous les fonctionnaires d’ici 2027 : l’outil de la DINUM sera-t-il déployé avec des moyens adéquats ?

Le ministère précise en tout cas que la solution est déployée « avec l’appui de l’ANSSI » et sera hébergée chez Outscale, filiale de Dassault Systèmes, sur une infrastructure labellisée SecNumCloud.

Visio intègre actuellement un outil de transcription en bêta, selon son GitHub. Le ministère explique que la startup française Pyannote est chargée de le développer. Visio devrait aussi intégrer « d’ici l’été 2026 » un outil de sous-titrage en temps réel développé par Kyutai, l’entreprise de R&D de Xavier Niel, Rodolphe Saadé et Eric Schmidt.

Visio doit aussi « permettre d’économiser plusieurs millions d’euros par an car nous n’aurons plus à renouveler des licences auprès d’acteurs non-européens », selon David Amiel.

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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la proposition de loi arrive à l’Assemblée

Hâtez-vous lentement
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la proposition de loi arrive à l’Assemblée

L’Assemblée nationale va débuter lundi l’examen d’une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Emmanuel Macron, qui a redit sa détermination à faire entrer le texte en vigueur avant la rentrée de septembre, a poussé pour que le gouvernement adopte la procédure d’urgence, en dépit des questions techniques et juridiques qui restent en suspens.

La proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » va débuter son parcours parlementaire ce lundi 26 janvier. Dans un calendrier chargé, elle bénéficie d’un passe-droit. Le Gouvernement a en effet engagé la procédure accélérée sur le texte vendredi dernier, pour essayer de tenir l’objectif, plusieurs fois répété par le président de la République, d’une mise en œuvre au 1er septembre 2026.

Trois textes pour une même problématique ?

Alors que Gabriel Attal planchait sur la question et que le Sénat a déjà adopté en première lecture une proposition de loi le 18 décembre dernier, c’est finalement le projet porté par Laure Miller (Ensemble pour la République) qui sera examiné en première lecture dans le cadre de la niche parlementaire du parti présidentiel.

Déposé le 18 novembre dernier, il découle des travaux de Laure Miller autour de la commission en charge de l’examen des pratiques et dérives associées à TikTok. En septembre dernier, elle avait rendu un rapport particulièrement virulent contre les dangers potentiels des réseaux sociaux sur les jeunes publics.

Ces conclusions sont désormais reprises dans une proposition de loi qui veut donc instaurer l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais prévoit aussi l’interdiction du téléphone portable au lycée, l’inscription d’un message d’avertissement sur les emballages de smartphones, ou l’obligation faite aux professionnels de l’accueil de jeunes enfants de leur éviter toute exposition aux écrans.

Pour faire bonne mesure, il envisage également l’encadrement de la publicité pour les réseaux sociaux, et le renforcement des dispositifs de lutte contre la diffusion en ligne de contenus constituant des délits.

Un virage de dernière minute sur l’interdiction

Du fait de ce vaste panorama de mesures et de la concurrence entre textes, l’examen risque de se révéler particulièrement complexe. La version présentée à l’examen des députés ce 26 janvier se veut cependant expurgée d’un certain nombre de chausse-trappes, notamment grâce à l’intervention du Conseil d’État, qui a délibéré le 8 janvier dernier un avis rendu public cinq jours plus tard.

L’article 1er du texte a ainsi été réécrit en dernière minute pour faire porter la responsabilité de l’interdiction non pas sur l’éditeur du réseau social, mais sur le mineur. Le Conseil d’État a en effet estimé que la mesure serait contraire au règlement européen sur le numérique (DSA), dans la mesure où ce dernier prévoit que « les États membres peuvent définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès, mais ne peuvent pas imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ».

Alors qu’il prévoyait initialement d’imposer aux réseaux sociaux « de refuser l’inscription des mineurs de 15 ans à leurs services et de suspendre les comptes déjà créés et détenus par des mineurs de 15 ans », le texte programmé pour l’examen en séance publique dispose désormais qu’il est « interdit au mineur de quinze ans d’accéder à un service de plateforme de partage de vidéos », sur la base d’une liste établie par le gouvernement après avis de l’Arcom.

Problème : comme le remarquent certains des 118 amendements déposés sur le texte, ce dernier ne précise pas, à ce stade, comment sera opérée l’indispensable vérification d’âge visant à assurer le respect de cette nouvelle interdiction.

Quelle vérification d’âge ?

« L’effectivité de la vérification d’âge est une vraie question. J’en suis aussi soucieuse que vous », a déclaré à ce sujet la rapporteure du texte en réunion le 13 janvier dernier (voir le compte-rendu et le rapport associés) :

« Toutefois, l’architecture du droit européen et le DSA ont de quoi nous rassurer : si les plateformes veulent respecter la réglementation européenne, elles devront absolument instaurer des vérifications d’âge robustes, fiables et respectueuses de la vie privée. La Commission européenne fait souvent référence au système du double anonymat : l’utilisateur envoie ses données personnelles à une plateforme neutre – un tiers de confiance –, qui infirme ou confirme ensuite au réseau social que l’utilisateur a atteint l’âge de 15 ans. »

La France fait pour mémoire partie, sur ce volet, des cinq pays qui doivent tester la solution de vérification d’âge en double anonymat expérimentée par la Commission européenne, mais rien ne permet d’affirmer que cette dernière sera déployée d’ici la rentrée de septembre.

Telle est pourtant bien l’ambition renouvelée dimanche par Emmanuel Macron. « Ce texte va nous permettre de concrétiser une ambition que nous portons depuis plusieurs années, qui est pour moi très importante et qui fait l’objet d’un engagement fort que j’ai pris auprès des Françaises et des Français », affirme ce dernier dans un message vidéo adressé à la députée Laure Miller, relayé par BFM.

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Oui, Microsoft donne les clés BitLocker aux forces de l’ordre. Non, ce n’est pas nouveau

Surprise ! (Ou pas…)
Oui, Microsoft donne les clés BitLocker aux forces de l’ordre. Non, ce n’est pas nouveau

Le sujet fait parler depuis quelques jours : Microsoft a transmis aux autorités des clés BitLocker en réponse à une ordonnance judiciaire. La surprise n’est pas dans la réponse de Microsoft, mais sur le fait que des utilisateurs semblent découvrir qu’envoyer ses clés de chiffrement en clair sur le cloud de Microsoft permette à ce dernier d‘y accéder.

BitLocker est un outil de Microsoft pour chiffrer les données de votre périphérique de stockage. Il est intégré dans Windows et chiffre des volumes entiers. Microsoft présente cette fonctionnalité comme une « réponse aux menaces de vol de données ou d’exposition d’appareils perdus, volés ou mis hors service de manière inappropriée ».

BitLocker : « Microsoft a donné des clés au FBI »…

Pour résumer, si une personne dérobe un disque dur ou un SSD chiffré avec BitLocker, elle ne pourra pas accéder aux données sans la clé de déchiffrement. La fonction est pensée pour être la plus transparente possible pour les utilisateurs, notamment ceux qui disposent d’un module TPM sur leur machine. Il s’assure en effet « qu’un appareil n’a pas été falsifié pendant que le système est hors connexion » avant de déverrouiller l’accès aux données.

Dans le cas contraire, une clé de récupération BitLocker, « qui est un nombre à 48 chiffres, est utilisée pour récupérer l’accès au lecteur », explique Microsoft. Cela arrive parfois lorsque Windows « plante » pour une raison ou une autre (après une mise à jour par exemple). Si le périphérique de stockage est enlevé de l’ordinateur pour être lu depuis une autre machine, la clé BitLocker sera également nécessaire pour déchiffrer les données.

Dans un article, Forbes titre : « Microsoft a donné des clés au FBI pour déverrouiller des données chiffrées, révélant une grave faille de confidentialité ». So what ? Serions-nous presque tentés de dire, tant la situation n’est pas nouvelle. Nos confrères ajoutent d’ailleurs que Microsoft reçoit une vingtaine de demandes de clés BitLocker par an, et que l’entreprise « la fournit aux gouvernements en réponse à des ordonnances judiciaires valides ».

… car elles sont sauvegardées en ligne par défaut

Sur cette page, Microsoft rappelle que « votre clé de récupération peut se trouver à plusieurs endroits, en fonction du choix effectué lors de l’activation de BitLocker ». Le plus courant et le choix largement poussé par Microsoft (c’est celui par défaut) est le compte maison, automatiquement sauvegardé en ligne. Nous en parlions il y a déjà près de deux ans par exemple.

Les clés BitLocker sont ainsi rattachées à votre compte Microsoft (vous pouvez les retrouver sur cette page) et donc facilement récupérables… mais aussi accessibles à Microsoft, qui peut donc les transmettre aux autorités. Afin d’éviter d’envoyer la clé sur des serveurs tiers, vous pouvez aussi l’imprimer ou la sauvegarder en local, sur une clé USB.

Microsoft rappelle que, « si vous ne trouvez pas la clé de récupération BitLocker et que vous ne parvenez pas à annuler les modifications qui en ont causé la nécessité, vous devez réinitialiser votre appareil. [Cela] entraîne la suppression de tous vos fichiers ».

Pour Microsoft, « les clients sont les mieux placés pour décider »

« Bien que la récupération de clés offre de la commodité, elle comporte aussi un risque d’accès indésirable, donc Microsoft estime que les clients sont les mieux placés pour décider… comment gérer leurs clés », explique un porte-parole de Microsoft à Forbes. Sur la vingtaine de demandes par an, l’utilisateur n’a dans « de nombreux cas », pas stocké sa clé dans le cloud de Microsoft, qui ne peut ainsi pas la transmettre aux autorités. L’entreprise ne donne pas de chiffre précis.

Sauvegarder la clé par défaut dans le cloud et la laisser accessible à Microsoft (et donc aux autorités) est un choix de Microsoft, d’autres n’ont pas fait le même. Apple, par exemple, ne peut pas accéder aux données chiffrées sur les terminaux de ses clients. Nous en avions longuement parlé avec l’iPhone retrouvé sur un terroriste après la fusillade de San Bernardino. Les autorités étaient finalement passé par une faille pour accéder aux données, au grand dam d’Apple.

« Si Apple peut le faire, si Google peut le faire, alors Microsoft peut le faire. Microsoft est la seule entreprise qui ne fait pas cela », explique Matt Green, expert en cryptographie et professeur à l’université Johns Hopkins, à nos confrères. Microsoft propose cette fonctionnalité, mais par défaut les clés sont envoyées sur le cloud lié à votre compte Microsoft, il faut donc une action de l’utilisateur, là où c’est le comportement par défaut sur Apple. De plus, Microsoft restreint toujours plus la possibilité de créer et d’utiliser un compte local sur Windows.

Pour protéger vos données, n’envoyez jamais la clé en clair sur un « cloud »

Bref, rien de vraiment nouveau dans cette histoire de BitLocker, si ce n’est la confirmation de la transmission des clés par Microsoft sur demande d’une autorité judiciaire, et l’accès aux données par les autorités. En termes de cybersécurité de toute façon, laisser ses clés accessibles à un tiers signifie qu’il peut accéder à vos données.

BitLocker reste une protection contre le vol d’un périphérique de stockage – Microsoft ne va pas donner les clés à n’importe qui –, mais n’est pas une protection absolue contre l’accès d’un tiers et notamment les autorités… mais on le sait déjà depuis des années. Si tel est votre besoin, il ne faut JAMAIS envoyer les clés en clair sur un cloud.

Microsoft rappelle aussi que, « en plus du TPM, BitLocker peut verrouiller le processus de démarrage normal jusqu’à ce que l’utilisateur fournisse un numéro d’identification personnel (PIN) ou insère un appareil amovible contenant une clé de démarrage. Ces mesures de sécurité fournissent une authentification multifacteur et l’assurance que l’appareil ne peut pas démarrer ou reprendre sa mise en veille prolongée tant que le code confidentiel ou la clé de démarrage approprié n’est pas présenté ».

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☕️ TikTok US change déjà sa politique de confidentialité pour récupérer plus d’informations

Tout juste le deal créant la coentreprise TikTok USDS scellé, l’entreprise a changé sa politique de confidentialité pour ses utilisateurs américains le même jour.

Ainsi, comme le note Wired, TikTok se permet d’utiliser des informations plus précises sur la géolocalisation de ses utilisateurs aux États-Unis. La nouvelle politique s’appuie sur les données de géolocalisation dérivées du GPS, si les utilisateurs ont autorisé le partage de ces informations à l’application dans le système d’exploitation de leur smartphone.

L’entreprise en profite aussi pour s’autoriser à stocker toute information concernant l’usage d’IA générative par ses utilisateurs. « Nous recueillons automatiquement certaines informations vous concernant lorsque vous utilisez les Services, notamment… les métadonnées qui sont automatiquement téléchargées en relation avec votre contenu utilisateur, vos messages ou vos interactions avec l’IA, telles que la manière, le moment, le lieu et l’auteur de la création du contenu utilisateur ou de l’envoi du message ou du prompt », explique TikTok à ses utilisateurs américains.

TikTok

Un autre changement qui pourrait passer plus inaperçu est celui sur l’utilisation des données pour de la publicité ciblée. Elle se permet de l’étendre à des publicités de son réseau publicitaire « ailleurs en ligne, en fonction de vos paramètres publicitaires ».

Dans ces nouvelles politiques de confidentialité, TikTok se permet de rappeler que :

« Les informations que vous fournissez peuvent inclure des informations personnelles sensibles, telles que définies par les lois applicables en matière de confidentialité, telles que les informations provenant d’utilisateurs n’ayant pas atteint l’âge minimum requis, les informations que vous divulguez dans vos réponses à des sondages ou dans votre contenu utilisateur concernant votre origine raciale ou ethnique, votre origine nationale, vos croyances religieuses, votre état de santé mentale ou physique, votre vie sexuelle ou votre orientation sexuelle, votre statut de transgenre ou non binaire, votre citoyenneté ou votre statut d’immigrant, ou vos informations financières. Par exemple, nous pouvons traiter vos informations financières afin de vous fournir les biens ou services que vous nous demandez, ou votre numéro de permis de conduire afin de vérifier votre identité. Nous pouvons également collecter des données de localisation précises, en fonction de vos paramètres et comme expliqué ci-dessous. Nous traitons ces informations personnelles sensibles conformément à la loi applicable, par exemple à des fins autorisées en vertu de la loi californienne sur la protection de la vie privée des consommateurs (California Consumer Privacy Act) ».

Ce passage a attiré fortement l’attention de certains utilisateurs, comme Angelita Morillo, une élue de la ville de Portland ou le sénateur du Connecticut, Chris Murphy. Ce qui se comprend vu la situation politique aux États-Unis, la place qu’a prise le CEO d’Oracle Larry Ellison auprès de Trump et la position importante de son entreprise dans la nouvelle coentreprise TikTok USDS.

Mais, comme l’explique TechCrunch, ce passage n’est pas nouveau et est surtout là pour que TikTok soit en conformité avec la loi californienne qui oblige les plateformes à préciser les types d’informations sensibles qui peuvent être collectées.

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☕️ Les Core Ultra Series 4 (Nova Lake) arriveront à la fin de l’année

Cette annonce a été faite par Lip-Bu Tan, le CEO d’Intel, pendant la conférence de présentation des résultats de l’entreprise (une retranscription est disponible sur Seeking Alpha). Il revient évidemment sur le lancement de Panther Lake (Core Ultra Series 3) avec les premières machines attendues dès le 27 janvier.

Mais il annonce surtout la couleur pour la suite : « Avec l’arrivée de notre processeur Nova Lake de nouvelle génération fin 2026, nous disposons désormais d’une feuille de route client qui allie performances de pointe et solutions optimisées en termes de coûts ».

Nova Lake sera donc la gamme des processeurs Core Ultra Series 4 pour les ordinateurs fixes et portables, sur un nouveau socket LGA 1954. Selon les dernières rumeurs reprises par Videocardz, cette famille de CPU pourrait intégrer jusqu’à 52 cœurs (16 cœurs performances, 32 cœurs efficacité et 4 cœurs basse consommation).

Il serait aussi question de nouvelles architectures Coyote Cove pour les P-cores et Arctic Wolf pour les E-cores. Un NPU de nouvelle génération est aussi annoncé, avec toujours plus de puissance de calcul pour des IA locales.

Nous devrions donc avoir deux générations de CPU cette année, alors que 2025 était une année « blanche ». Les Core Ultra Series 3 ont en effet été annoncés en septembre 2024. Intel est, pour rappel, revenu à une gravure maison pour ses Core Ultra Series 3 avec la technologie 18A.

La suite arrive avec la technologie 14A, dont « le développement est en bonne voie », affirme Lip-Bu Tan. Il ajoute que les premières puces devraient arriver en 2027, tandis que la production en volume est prévue pour 2028, bien après les Core Ultra Series 3 donc (qui seront en Intel 18A).

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☕️ Peter Thiel est l’invité de l’Académie des sciences morales et politiques

Peter Thiel, le milliardaire qui assume de vouloir en finir avec la démocratie, est l’invité, lundi 26 janvier, de l’Académie des sciences morales et politiques.

L’événement, dont la tenue a été révélée par le journaliste Olivier Tesquet, prend place en fin d’après-midi, après une communication de Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France aux États-Unis, au sujet de l’impact de la présidence de Donald Trump sur la société et la démocratie américaines.

Pas un mot en revanche de Peter Thiel sur le calendrier public de l’établissement. « C’est une audition réservée aux académiciens, pas d’accès au public, c’est juste un groupe de travail… », minimise l’Académie, auprès de Libération.

« C’est privé, et c’est Peter Thiel qui a demandé à ce que ce soit confidentiel. Il veut pas non plus que ça se sache (…), il veut pas qu’il y ait des manifestations devant le truc », explique de son côté Carlos Diaz, l’animateur du podcast Silicon Carne, révélant au passage que Thiel organise dans la foulée de son intervention à l’Académie un dîner pour une cinquantaine de convives.

Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Peter Thiel risque d’être déçu : un appel au rassemblement a été lancé dimanche pour protester contre la venue de celui qui est qualifié de « principal idéologue du mouvement réactionnaire ».

Quel sera le propos de Thiel devant l’Académie des sciences morales et politiques ? Le milliardaire américain, cofondateur de PayPal puis de Palantir, a donné à l’automne un cycle de conférences privées consacrées à son idéologie dont les accents religieux servent un propos ouvertement libertarien.

Si l’Académie des sciences morales et politiques semble gênée aux entournures par cet invité, c’est peut-être aussi que le calendrier n’est pas idéal.

L’intervention de Peter Thiel est en effet programmée alors que l’opinion publique s’émeut, dans le monde entier, de la mort d’Alex Pretti, tué samedi par un agent de la Border Patrol (une agence fédérale de police en charge de l’immigration) à Minneapolis.

Or Palantir fait partie des entreprises, proches du président Trump, qui profite directement, d’un point de vue financier, des 27,7 milliards de dollars de budget annuel dont dispose désormais l’ICE, la police anti-immigration devenue première force fédérale américaine.

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La Poste revient sur sa cyberattaque, « inédite par sa sophistication » et son intensité

2,14 milliards de colis par seconde !
La Poste revient sur sa cyberattaque, « inédite par sa sophistication » et son intensité

Trois semaines après une cyberattaque d’envergure, La Poste revient sur le sujet. À défaut d’un post-mortem technique, l’entreprise distille quelques chiffres et affirme aussi qu’« aucune entreprise française n’a subi, à ce jour, une cyberattaque en déni de services d’une telle intensité ». Dans le monde, il y a déjà eu bien pire.

Le 22 décembre, La Poste était la cible d’une cyberattaque d’ampleur qui a rendu indisponibles ses services en ligne pendant plusieurs jours. Le 24 décembre, le groupe annonçait un retour partiel à la normale, puis les choses allaient de mieux en mieux après Noël. Le 1ᵉʳ janvier, rebelote avec de nouveau des services indisponibles à cause d’une cyberattaque DDoS.

Dans tous les cas, aucune fuite de données n’a eu lieu, affirme l’entreprise. Le but de ce genre d’attaques par déni de service n’est pas de pénétrer les systèmes pour récupérer des données, mais de les rendre indisponibles en les bombardant de requêtes pour complètement les submerger. Sur ce point, c’était gagné.

« Inédite par sa sophistication technique »

Trois semaines plus tard, Philippe Bertrand, directeur de la sécurité globale du groupe, revient sur cette période compliquée dans un jeu de questions et réponses réalisé en interne. Une manière de mener une « interview » mais de pouvoir choisir aussi bien les questions que les réponses et donc de parfaitement maitriser la communication.

Il affirme que cette cyberattaque est « inédite par sa sophistication technique », sans entrer dans les détails. Il assure qu’elle « s’est révélée d’une grande complexité car nos assaillants s’adaptaient en permanence aux réponses défensives que nous mettions en place ».

Cette cyberattaque serait aussi « inédite aussi par son intensité […] Pour vous donner une idée du volume massif de requêtes dirigés vers nos services en ligne, nous avons enregistré jusqu’à 2,5 milliards de paquets de données par seconde ».

Pour rappel, en octobre 2024, Cloudflare annonçait une attaque DDoS record avec 2,14 milliards de paquets par seconde, et un pic de trafic à 3,8 Tb/s. Ces « records » sont toujours éphémères et rapidement de nouvelles attaques encore plus puissantes sont lancées. Un an plus tard, en septembre 2025, le géant américain explosait les compteurs avec 22,2 Tb/s en pointe et jusqu’à 10,6 milliards de paquets par seconde.

Il n’en reste pas moins que 2,5 milliards de paquets par seconde est une attaque extrêmement massive. D’ailleurs, le groupe français affirme qu’« aucune autre entreprise en France n’a subi, à ce jour, une cyberattaque en DDoS d’une telle intensité ».

La puissance des pirates augmente de jour en jour

Il ajoute que cette cyberattaque est aussi « inédite par sa durée car elle a commencé le 22 décembre et a perduré jusqu’à début janvier ». Selon le patron de la cybersécurité, « il y a deux ans, une attaque de cette ampleur n’était techniquement pas envisageable. À mesure que la puissance informatique progresse, les acteurs malveillants deviennent aussi plus dangereux ».

En France, cela fait maintenant plus d’un an que les cyberattaques et fuites de données s’enchainent à vitesse grand V. De très nombreuses enseignes et associations sont touchées, mais aussi des institutions officielles.

Sur la question de l’augmentation de la puissance des attaquants, nous parlions récemment du cas des pirates qui se lancent dans la pêche au chalut quand une nouvelle faille est identifiée : ils scannent tout Internet. Ce n’était pas aussi facile et abordable il y a quelques années.

Quoi qu’il en soit, La Poste rappelle à juste titre que, peu importe « les moyens mis en place, aucune organisation ne peut empêcher les cyberattaques ». La Poste se félicite au passage de n’avoir « jamais été à l’arrêt » : ses sites industriels et bureaux de poste « ont continué leur activité ». Le groupe affirme avoir distribué pas moins de 180 millions de colis pendant les fêtes

Dans son interview maison, La Poste évite soigneusement plusieurs sujets, notamment la provenance de la cyberattaque et d’éventuelles demandes ou rançons qui auraient pu lui être adressées par les pirates. Le groupe se contente en effet de rappeler des généralités : « Nous ne sommes plus face à des hackers isolés à la recherche d’un coup d’éclat mais à des organisations criminelles de plus en plus structurées, parfois diligentées par des États, qui disposent de moyens colossaux ».

L’attaque a été revendiquée par le groupe NoName057(016), mais la prudence est toujours de mise face à ce genre de communication. Les pincettes sont toujours de rigueur dans ce genre de situation, mais encore plus cette fois-ci puisque le groupe pro-russe n’avait revendiqué l’attaque que le lendemain.

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☕️ Seuls 20 % des Français paient pour s’informer en ligne, contre 33 % des Européens

Seuls 20 % des Français se disent prêts à payer pour accéder à des contenus d’information en ligne, indique une étude de l’Arcom sur le modèle économique de l’information en France : 7 % moins de 5 euros par mois, 5 % entre 5 et 10 euros, 8 % plus de 10 euros.

80 % des Français déclarent ne pas être prêts à payer pour de l’information en ligne

« À titre de comparaison, 35 % des Français paient pour des offres sportives en ligne (Eurosport, Canal+ Sport, etc.), 50 % pour des services de vidéo à la demande (Netflix, Prime Video, etc.), et 40 % pour du streaming audio (Deezer, Spotify, etc.) », relève pourtant le rapport.

Le graphique présenté dans l’étude pourrait laisser entendre que la France se situe dans la moyenne. L’étude souligne d’ailleurs que « cette tendance est généralisée en Europe : par exemple, seuls 17 % des Anglais et 14 % des Espagnols se disent prêts à payer pour des contenus d’information en ligne ».

Or, la source du graphique montre, a contrario, que 33 % des citoyens européens, en moyenne, paient pour accéder à de l’information, et que la France fait même partie des cinq pays de l’UE dont les citoyens sont les moins enclins à payer pour de l’information.

33 % des Européens, mais 20 % des Français, paient pour s’informer

La 39ème édition du baromètre La Croix – Verian – La Poste sur la confiance des Français dans les médias, rendue publique la semaine passée, montre pourtant que les Français déclarent que la perception de la crédibilité d’un média est beaucoup plus importante lorsqu’il est financé par ses abonnés (52 %) que par de l’argent public (42 %), la publicité (40 %), un fonds ou un actionnaire privé (36 %).

Le fait d’être financé par ses lecteurs est le premier critère de confiance envers les médias
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Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Last man standing
Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Lui même propriété du groupe de presse Ebra, l’éditeur de FrAndroid et de Numerama vient de boucler l’acquisition du média en ligne Clubic, jusqu’ici indépendant. Le paysage de la presse tech francophone se retrouve désormais concentré autour de quelques groupes média, autour duquel gravite une poignée d’indépendants.

Clubic, vétéran de la presse informatique en ligne, change à nouveau de mains. Le site, édité par une structure indépendante (Clubic SAS) depuis qu’il a quitté le giron du groupe M6 en 2018, est racheté par le groupe de presse quotidienne régionale Ebra (propriété du Crédit Mutuel), qui renforce ainsi son portefeuille de marques tournées vers la tech. Ebra a en effet déjà racheté en 2022 la société Humanoid, née du succès de FrAndroid.

Complémentarité entre les marques

Dans un communiqué (.pdf) du 22 janvier, Ebra annonce donc l’acquisition de Clubic, saluant l’arrivée d’une « marque historique et incontournable du web français ». Fort de la contribution de ce nouvel entrant, le groupe revendique désormais une audience de près de 10 millions de visiteurs uniques pour sa filiale Humanoid, qui lui confèrerait le statut de « premier groupe médias tech et numérique en France », selon les chiffres d’audience mesurés par Médiamétrie en novembre 2025.

Pour Ebra, Clubic vient compléter efficacement l’éventail déjà adressé par les marques d’Humanoid, en apportant une « expertise » sur les thématiques informatique et logicielles ainsi que sur les services en ligne, là où FrAndroid se veut « la référence des tests et guides d’achat », et Numerama le média « qui anticipe l’avenir ».

Cette complémentarité, et la consolidation des audiences qui en résulte, confère à Humanoid « une offre publicitaire intégrée capable de proposer aux marques des dispositifs d’envergure, alliant prescription et performance sur l’ensemble du parcours d’achat », estiment ses cofondateurs.

D’un point de vue plus opérationnel, les actuels dirigeants de Clubic, Florent Maitre et Philippe Favier du Noyer, assurent que le média restera piloté par la même équipe, dans des conditions de fonctionnement similaires à l’existant. « Chaque média conservera son identité et son approche éditoriale », promettent-ils, tout en expliquant que Clubic profitera des compétences déjà développées par Humanoid autour de la vidéo et des usages sociaux. « Notre objectif est clair : s’appuyer sur ce savoir-faire pour renforcer la présence de Clubic au-delà du site, sans dénaturer ce qui fait sa voix ».

« Enfin, l’ambition sur les tests, les comparateurs et les services va clairement monter d’un cran. C’est un axe fort de notre rapprochement, à savoir enrichir et développer ces contenus, notamment dans les télécoms, les équipements et les services numériques, pour rester au plus près de vos besoins réels. », écrivent-ils encore.

Massifier les audiences face aux risques de marché

Cette logique de recommandation de services ou de « bons plans », monétisée grâce à des systèmes d’affiliation (le média est rétribué à la commission quand un internaute achète un produit par l’intermédiaire d’une de ses publications), est historiquement l’un des piliers économiques de Clubic, aux côtés des formes plus traditionnelles de publicité (bannières, habillages, articles sponsorisés).

Clubic avait repris son indépendance en 2018 à l’occasion d’un rachat orchestré par deux cadres du site et deux des cofondateurs qui l’avaient vendu à M6 dix ans plus tôt. Basé à Lyon, le site a réalisé en 2024 environ 320 000 euros de résultat net à partir d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, en léger recul sur un an. Humanoid se révèle aussi une machine lucrative, puisqu’en 2024, la filiale d’Ebra a totalisé 7,58 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 1 million d’euros de résultat net.

La consolidation, et la massification des audiences qui en découle, sont présentées comme un moyen d’assurer une trajectoire de développement positive, dans un contexte de chamboulements structurels pour les médias, notamment touchés par l’évolution des modes de consommation de l’information. « On va partager nos compétences, nos bonnes pratiques, et soyons honnêtes, nos échecs aussi pour ne pas les reproduire. Et face aux plateformes américaines et aux bouleversements de l’IA, rester isolé est dangereux. En nous regroupant, nous construisons un groupe média solide, capable d’investir dans la qualité plutôt que dans le clic facile », conclut Ulrich Rozier, cofondateur et directeur de la publication de FrAndroid.

Un paysage tech de plus en plus concentré

Jusqu’ici, c’est le groupe d’origine suisse Keleops AG qui revendiquait la place de numéro un sur le marché français, en s’appuyant précisément sur les chiffres cités par Ebra dans sa communication. Construit à coup d’opérations de croissance externe, Keleops détient en effet quelques marques fortes, avec 01net (le site, pas le magazine papier, liquidé en 2025), Journal du Geek, Presse Citron et iPhon, ainsi que Gizmodo et Kotaku outre -Atlantique. Le groupe joue lui aussi la carte de la complémentarité entre ses marques, et décline auprès de ses clients annonceurs une palette d’outils publicitaires basée sur le triptyque affiliation, display (bannières) et brand content (contenus sponsorisés).

Derrière ces deux leaders revendiqués (en audience), qui reste-t-il ? Un temps passé par le groupe TF1, le spécialiste historique du test et de la recommandation produit Les Numériques fait depuis 2022 partie du large portefeuille de marques du groupe Reworld Media.

Le groupe Galaxie Media, qui édite notamment Tom’s Guide et Tom’s Hardware France, fait toujours figure d’indépendant, mais les chiffres consultés par Next font état d’une trajectoire descendante, confirmée par la cession, actée fin 2022, de ses marques Phonandroid et Papergeek à CCM Benchmark. Cette filiale du groupe Figaro opère sur un univers bien plus diversifié que la tech, mais elle agrège tout de même, elle aussi, des audiences significatives sur le secteur grâce à ses médias, dont le JDN ou L’Internaute, et ses services (Ariase, DegroupTest et d’autres).

Arrivent ensuite les indépendants. Dans le lot, on peut bien sûr citer MacG, qui a récemment lancé un appel à soutien, entendu par ses lecteurs, et cultive un modèle économique hybride basé sur un mélange d’abonnement, de publicité, et de vente de contenus ou de services. La scène plus spécifiquement hardware, marquée par la transformation de quelques marques historiques en sites zombies générés par IA, compte elle aussi quelques projets qui se maintiennent, comme Cowcotland ou Comptoir du Hardware, ou se développent, à l’image de HardwareandCo, fondé par quelques déçus du précédent.

Et puis il y a Next, bien sûr, qui cultive son sillon à contre-courant, mais c’est une autre histoire 😉

NB : l’auteur de cet article a été journaliste pour Clubic entre 2006 et 2016.

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☕️ TikTok US : l’accord pour éviter l’interdiction aux États-Unis est en place

Sur le site de TikTok.com, la coentreprise basée aux États-Unis TikTok USDS a annoncé sa création. Elle doit sécuriser les données, les applications et les algorithmes des utilisateurs états-uniens « grâce à des mesures de confidentialité des données et de cybersécurité ».

Cette création confirme l’accord annoncé en interne à l’entreprise en décembre dernier. Ainsi ByteDance obtient bien 19,9 % de la nouvelle entité. Les Américains Oracle et Silver Lake et l’émiratie MGX auront chacune 15 % de cette coentreprise. Le reste est complété par un consortium d’investisseurs. Petite surprise française parmi ceux-ci, puisque la holding NJJ de Xavier Niel apparaît dans la liste.

L’annonce affirme que cette coentreprise va protéger les données américaines sur un environnement de cloud d’Oracle basé aux États-Unis. Elle doit aussi « ré-entraîner, tester et mettre à jour l’algorithme de recommandation de contenu sur les données des utilisateurs américains ». Celui-ci tournera sur l’environnement d’Oracle. C’est elle qui sera responsable de la politique de sécurité et de la modération.

Adam Presser, qui était responsable des opérations mondiales du réseau social chinois, devient CEO de la co-entreprise dont le CTO est Will Farrell qui était jusque-là responsable de la sécurité des données de TikTok US.

Dans un message sur TruthSocial, Donald Trump s’est dit « tellement content » et a affirmé que TikTok « appartiendra désormais à un groupe de grands patriotes et investisseurs américains, le plus important au monde ». « Je tiens également à remercier le président Xi, de Chine, pour avoir collaboré avec nous et, finalement, approuvé l’accord », ajoute-t-il.

Un responsable de la Maison-Blanche a assuré à Reuters que l’accord avait été approuvé par les gouvernements américains et chinois.

La création de cette coentreprise devrait finaliser une affaire relancée par Joe Biden en 2023, après que Donald Trump eut déjà évoqué des menaces d’interdiction de TikTok sur le sol états-unien lors de son premier mandat.

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☕️ Microsoft publie son outil de développement Winapp CLI en preview

Microsoft a publié jeudi une première version de test publique (public preview) d’un nouvel outil baptisé Windows App Development CLI, abrégé en Winapp. Adressé aux développeurs d’applications Windows, il permet de travailler en ligne de commande en disposant d’un accès direct et simplifié aux interfaces de programmation et composants nécessaires au fonctionnement sur l’OS de Microsoft. « Cet outil comble le fossé entre le développement multiplateforme et les capacités natives de Windows », promet l’éditeur sur le Github dédié au projet.

« L’interface Winapp est spécialement conçue pour les frameworks multiplateformes et les développeurs travaillant en dehors de Visual Studio ou MSBuild. Que vous soyez un développeur web utilisant Electron, un développeur C++ expérimenté avec CMake, ou un développeur .NET, Rust ou Dart créant des applications pour Windows, l’interface de ligne de commande simplifie les complexités du développement Windows, de la configuration de votre environnement à la création des packages pour la distribution », détaille encore Microsoft dans un billet d’annonce.

Microsoft a publié le 22 janvier la préversion de winapp CLI

Entre autres avantages, l’éditeur met par exemple en avant la rapidité de mise en oeuvre d’un nouveau projet, avec la commande init qui permet de configurer automatiquement l’environnement, télécharger les paquets nécessaires, etc. Ou la simplicité de gestion des identités Windows grâce à l’intégration, en une ligne, de Package Identity, le composant qui sous tend la plupart des API du système.

Le projet, publié sous licence MIT, est ouvert à la fois aux contributions tierces et aux retours des utilisateurs.

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Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

28 jours plus tard
Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

Après le Venezuela, l’escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l’exercice d’un moyen de pression sans précédent : l’interruption des principaux services numériques émanant d’entreprises ou d’organisations placées sous l’autorité des États-Unis.

Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l’hypothèse d’un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l’Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.

L’hypothèse se double depuis lundi d’un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d’une privation, volontaire cette fois, que l’Europe pourrait décider en vertu d’un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l’Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).

Quel que soit le côté depuis lequel s’exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu’à une interruption complète de services en ligne, ou d’approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l’option militaire pour prendre le contrôle d’un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?

Quand les fluctuations de l’actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d’interroger les scénarios extrêmes.

Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s’il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?

Dire qu’il aurait suffi d’un Nobel

Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d’État au Venezuela, c’est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².

Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d’élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.

Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l’introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l’Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat complet et total du Groenland », promet Trump.

Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.

Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d’un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu’il refusait de s’asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l’ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d’une surtaxe à l’importation de 200 % sur les vins hexagonaux.

Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d’un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s’affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.

Une petite avarie électrique à bord d’Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l’instant, l’usage de la force.

Si les nuages de la guerre armée s’éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu’envisage l’homme d’affaires devenu chef d’État ?

Des limites de la guerre commerciale

Pour les États souverains qu’il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d’interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c’est qu’elle est à double tranchant.

Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l’Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d’euros, qui se répartissent entre biens et services.

Sur le volet des biens, la balance commerciale de l’Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d’euros. La situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exporte l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d’euros à partir du marché européen.

Les masses ne sont pas identiques, mais il n’existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D’autant que les deux côtés de l’Atlantique sont des terres d’investissements croisés, avec d’importants flux bilatéraux de capitaux.

Chacune des deux parties essaie d’ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l’autre. Ainsi, l’Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l’Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l’acier allemand ou les vins français quand il est question d’engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n’enraye pas totalement la machine.

Les États-Unis peuvent-ils couper leurs services numériques en Europe ?

Si le bras de fer dure trop longtemps, on s’épuise, et Trump n’aime pas particulièrement gagner à l’usure, il préfère la blitzkrieg. D’où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d’un président qui déciderait de couper l’Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l’iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d’AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d’innombrables services français ou européens.

Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu’il ne s’embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas…

« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s’alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

L’exemple n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l’objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s’est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».

Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s’est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l’appui, que si Visa et Mastercard disposent d’une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l’accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d’emploi d’Internet) ne figerait pas d’un seul coup le navigateur de 450 millions d’Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.

L’Europe pourrait-elle rétorquer ?

L’Europe dispose-t-elle d’un potentiel de privation comparable ? S’il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d’une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.

Ce n’est guère plus brillant d’un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d’activer de façon préventive l’ACI, l’instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l’adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d’action de l’Union européenne en cas de coercition économique à l’encontre de tout ou partie de ses membres.

C’est un outil puissant, puisqu’il autorise par exemple l’Union européenne à restreindre l’import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l’accès aux marchés publics. C’est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l’instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n’est donc pas dit qu’il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale…

Le « 28 jours plus tard » de la tech

Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu’Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d’un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d’autres coupent simultanément leurs services aux Européens.

C’est le scénario d’un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l’association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :

« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement.  Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »

On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire… mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu’on peut couper de façon autoritaire l’accès à Internet à l’échelle d’un pays pendant plus de deux semaines.

« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.

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TeraWave de Blue Origin : jusqu’à 6 Tb/s en débit symétrique… « n’importe où sur Terre »

Ça va être TeraCher non ?
TeraWave de Blue Origin : jusqu’à 6 Tb/s en débit symétrique… « n’importe où sur Terre »

En plus de Leo, Blue Origin va lancer une autre constellation avec plus de 5 400 satellites : TeraWave. L’entreprise veut proposer 144 Gb/s symétriques via les ondes Q/V à ses clients et même jusqu’à 6 Tb/s symétrique en optique (laser) avec des satellites plus haut.

Blue Origin, une société de Jeff Bezos, vient jouer sur les platebandes de SpaceX. Elle annonce TeraWave, un « nouveau réseau spatial de 6 Tb/s ». Il sera accessible à rien de moins que « des dizaines de milliers d’entreprises, de centres de données et d’utilisateurs gouvernementaux qui ont besoin d’une connectivité fiable pour des opérations critiques ».

De 520 à 24 000 km : 5 280 satellites LEO et 128 MEO

Les principales cibles sont des « zones isolées, rurales et suburbaines » où le déploiement de la fibre optique est complexe, couteux voire impossible. TeraWave est une nouvelle constellation en orbite basse et moyenne (LEO et MEO), avec pas moins de 5 408 satellites interconnectés via des liaisons optiques. Elle viendra donc rejoindre Leo (anciennement Kuiper) qui doit disposer de plus de 3 000 satellites au terme de sa première phase.

Dans les faits, deux groupes de satellites sont à distinguer au sein de TeraWave : 5 280 sont en orbite basse (LEO), les 128 autres sur une orbite moyenne (MEO). Dans le premier cas, les satellites évoluent généralement à moins de 1 000 km d’altitude, dans le second cas, ils « évoluent à des altitudes de 19 000 à 23 000 km », mais peuvent aussi descendre plus bas. À 36 000 km, on arrive, pour rappel, aux satellites géostationnaires, ceux qui ne bougent pas dans le ciel.

Blue Origin ne donne pas beaucoup de précisions, mais comme l’entreprise a déposé une demande à la FCC, nous pouvons en apprendre davantage. Le document a également été partagé par Christian Frhr. von der Ropp dans le groupe LinkedIn Megaconstellations | Low-Earth Orbit High-Throughput Satellite Constellations (LEO-HTS).

C’est la théorie. Dans la pratique, les satellites LEO seront situés entre 520 et 540 km, c’est-à-dire dans les mêmes eaux que les satellites Starlink de SpaceX. Les MEO seront bien plus éparpillés avec des orbites entre 8 000 et 24 200 km. 104 des 128 satellites seront entre 8 000 et 8 100 km, les 24 derniers seront à plus de 24 000 km.

Les milliers de satellites LEO proposeront une connectivité dans les bandes Q (download) et V (upload), avec un débit maximum de 144 Gb/s pour les clients. Les 128 satellites MEO pour leur part proposent une liaison optique (très certainement via laser) avec un débit de 6 Tb/s maximum. Dans les deux cas, c’est du symétrique, c’est-à-dire que la vitesse est aussi bien en download qu’en upload.

Les enjeux autour de l’altitude : latence et période orbitale

L’altitude joue deux rôles importants pour la partie des télécommunications. Tout d’abord, la latence, c’est-à-dire le temps pour le signal de faire un aller/retour : 250 ms pour les satellites géostationnaires. Dans la pratique, c’est même le double (500 ms) pour une requête : le terminal l’envoie au satellite, le satellite la retourne à une station de base au sol, qui à son tour envoie la réponse au satellite, qui la transfère au terminal.

Ici la limite est la vitesse de la lumière dans le vide, qu’on ne peut pas dépasser. Si on passe de 36 000 km à 500 km environ, la distance est 72 fois moins importante, le temps de trajet aussi. De 250 ms pour un aller/retour, on descend à 3 ou 4 ms. À 8 000 km, la latence est de 55 ms environ et de 170 ms à 24 000 km, toujours pour un aller/retour. C’est la théorie, en pratique c’est toujours plus. Starlink par exemple est entre 20 et 40 ms.

L’autre point important est la vitesse orbitale permettant de maintenir un satellite dans son orbite. On vous épargne les calculs et formules, mais plus l’orbite est basse, plus la vitesse est importante.

À 36 000 km, la période orbitale du satellite est de 24 h, comme la rotation de la Terre, le satellite parait donc immobile. À 24 000 km, la période orbitale est de 13 heures environ, puis on descend à 4/5 heures aux alentours des 8 000 km et seulement quelques minutes à 500 km.

Pour résumer, plus les satellites sont hauts, plus ils peuvent couvrir une même zone longtemps. Dans le cas contraire, il faut donc établir des communications entre les satellites pour assurer la continuité. C’est le rôle des satellites placés plus haut. En effet, comme indiqué dans le schéma ci-dessous, les 128 satellites MEO serviront aussi de liaison pour les satellites de l’orbite basse.

Blue Origin affirme être capable de servir une centaine de milliers de clients avec TeraWave. Il y a le temps de voir venir puisque le déploiement ne devrait débuter qu’au 4ᵉ trimestre 2027.

Blue Origin va donc largement occuper l’espace en orbite basse avec 5 000 nouveaux satellites, alors que SpaceX est aussi présent. Le problème étant que, si le nombre de places est virtuellement illimité (l’espace c’est surtout du vide), en pratique ça sera plus compliqué, car il y a six places à prendre dans la course mondiale, expliquait l’ANFR : « Il faut en prendre au moins une, peut-être plus, pour l’Europe », expliquait Gilles Brégant (directeur général de l’ANFR).

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☕️ Le Ryzen 7 9850X3D sera disponible le 29 janvier, pour 499 dollars

Ce processeur avait été annoncé au CES de Las Vegas par AMD. Il s’agit, pour rappel, de donner un coup de boost au Ryzen 7 9800X3D. On retrouve donc toujours 8 cœurs et 16 threads Zen 5, mais avec une fréquence plus élevée : 5,6 GHz au lieu de 5,2 GHz en mode boost, contre 4,7 GHz de base dans les deux cas.

Comme son nom l’indique (X3D), ce processeur dispose d’un 3D V-Cache de 2ᵉ génération de 96 Mo, pour un total de 104 Mo de mémoire cache sur le CPU. AMD met en avant les performances dans les jeux : « Sur une moyenne de plus de 30 jeux, la différence de FPS entre la DDR5-4800 et la DDR5-6000 s’est avérée inférieure à 1 % ».

AMD indique un tarif conseillé de 499 dollars pour le Ryzen 7 9850X3D, mais ne le donne pas en euros. Le Ryzen 7 9800X3D se trouve actuellement autour de 450 euros sur les marketplaces (par exemple chez Cdiscount), contre 465 à 500 euros sur les boutiques classiques en ligne.

À voir maintenant le prix en euros du Ryzen 7 9850X3D (nous l’avons demandé à AMD). Il sera disponible à partir du 29 janvier. En attendant, certains en profitent pour afficher des tarifs farfelus, comme un revendeur à… plus de 1 000 euros chez PC Componentes.

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☕️ Microsoft porte l’app Xbox sur la version Arm de Windows et promet 85 % du Game Pass

Un atout de poids pour le succès des PC Copilot+ équipés en processeurs Qualcomm ? Microsoft a annoncé mercredi la prise en charge officielle de l’application Xbox sur les PC Windows équipés d’un processeur à architecture Arm. Cette dernière ouvre donc la voie au support des jeux vidéo contenus dans le Game Pass, l’abonnement mensuel commercialisé par l’éditeur.

À ce niveau, Microsoft affirme que « plus de 85 % » du catalogue du Game Pass est compatible avec les PC Windows on Arm.

Ce sont notamment les progrès récents réalisés par l’émulateur maison Prism qui sous-tendent cette prise en charge étendue : depuis décembre, celui-ci sait en effet gérer les instructions AVX (Advanced Vector Extensions) et AVX2, indispensables au bon fonctionnement de certains jeux et applications.

Fortnite sur un PC équipé d’une puce Arm, c’est possible via l’app Xbox – crédit Microsoft

Outre les jeux, Microsoft signale également le support de certains systèmes anti-triches tels que celui d’Epic (Epic Anti-Cheat, ou EAC), indispensable pour accéder aux fonctionnalités en ligne de titres tels que Fortnite. Cette disponibilité ne constitue pas réellement un avantage concurrentiel par rapport à d’autres environnements (EAC est disponible sur Linux, dont SteamDeck, ou macOS depuis 2021), mais elle participe à la promesse d’une expérience de jeu complète selon Microsoft, qui renvoie vers son offre Xbox Cloud Gaming pour les titres non pris en charge.

« En collaboration avec Xbox et nos partenaires, nous continuerons à travailler pour proposer au fil du temps encore plus de titres sur les PC Windows 11 équipés de processeurs Arm », promet l’éditeur.

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