Datacenters en France : 26 sites sécurisés, dont 5 projets « fast track » d’au moins 700 MW
« 5,8 GW déjà sécurisés par un site »… Comment ça mon reuf ?
Le gouvernement à organisé ses premières Rencontres des centres de données. Peu d’annonce pour le moment, mais des pistes de travail pour accélérer les projets. La France compte actuellement 26 sites sécurisés, dont cinq « fast track », pour un total de 28,6 GW.
Ce vendredi, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a réuni une soixantaine d’acteurs pour les premières « Rencontres des centres de données ». Ces datacenters sont présentés par Bercy comme des « infrastructures numériques essentielles au développement de l’IA ».
Il y a un an, c’était le Premier ministre de l’époque (François Bayrou) qui annonçait une liste de 35 sites industriels « clés en main » dédiés à la création de datacenters, jusqu’à 1 GW. Une déclaration forte, mais remise en question par l’AFNUM (Alliance Française des Industries du Numérique) qui nous confiait en septembre 2025 s’être rendue sur place et avoir constaté que ces « sites ne sont pas vraiment des sites clés en main, pas un seul », car il n’y avait aucune infrastructure sur place.
Quoi qu’il en soit, en novembre, les ministres Roland Lescure et Anne Le Hénanff ont publié un guide pour accompagner l’implantation de centres de données en France. Ils annonçaient au passage que de nouveaux sites étaient identifiés, avec désormais « 63 sites favorables à l’implantation de centres de données en France métropolitaine ». Pas de clés en main, mais des lieux favorables.
Cinq sites « fast track » avec un potentiel de plus de 700 MW
Cette « aptitude » passe par plusieurs points : disponibilité foncière, capacités de raccordement électrique et « acceptabilité locale ». Lors de cette Rencontres des Centres de données, la ministre a annoncé vendredi que « 26 sites sont d’ores et déjà sécurisés par un porteur de projet ».
Dans le lot, cinq sites sont dits « fast track », c’est-à-dire qu’ils « présentent un potentiel de raccordement électrique supérieur à 700 MW dans un délai de trois à quatre ans ». Ce n’est pas une nouveauté puisque quatre des cinq sites avaient déjà été identifiés « comme propices pour l’application de la procédure dite “ fast track” ».
L’État avait alors demandé à RTE de pré-réserver 700 MW pour chaque site, sauf 1 GW pour le site de Bosquel. « Ces pré-réservations sont effectives pendant 9 mois (au plus) à compter du 20 mai 2025 (prorogeable de trois mois en cas de processus de sélection pour l’attribution du foncier en cours à l’issue des 9 mois) », expliquait le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.
Escaudain, Boquel, Dunkerque, Fouju et Montereau
- Escaudain (Hauts-de-France) avec Data4 et un campus de 38 hectares.
- Bosquel (Hauts-de-France) où un Appel à Manifestation d’Intérêt vient de se terminer.
- Grand Port Maritime de Dunkerque (Hauts de France), le lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt sera dévoilé « dans quelques mois », selon le maire.
- Fouju (Île-de-France) pour le projet Campus IA avec NVIDIA, le fonds émirati MGX, Mistral AI et Bpifrance.
- Montereau (Île-de-France) avec OpCore et EDF.
Le « petit » nouveau de ce début d’année est le projet du Grand Port Maritime de Dunkerque. Bercy résume la situation ainsi : « sur ces cinq sites, deux sont en voie d’attribution [Bosquel et Dunkerque, ndlr] et trois ont trouvé un porteur. D’autres sites sont en cours d’identification afin d’amplifier cette dynamique ».
Sur les porteurs de projets justement, parmi les 13 « ayant formulé des annonces lors du Sommet pour l’action sur l’IA […] plus de 75 % ont déjà sécurisé, ou sont en cours de sécurisation, un site ». Le gouvernement ajoute que « 52 entreprises bénéficient aujourd’hui de l’accompagnement de la Task Force de l’État [mise en place il y a un an, ndlr], réunissant la DGE, Business France et RTE ».
« 5,8 GW déjà sécurisés par un site »… combien ???
Dans le communiqué, la ministre annonce que la « puissance électrique recherchée atteint 28,6 GW, dont 5,8 GW déjà sécurisés par un site et faisant l’objet d’engagements de raccordement ». 5,8 GW sur « un site », voilà qui correspondrait un projet pharaonique, quatre fois plus important que le mégaprojet de datacenter Campus IA avec 1,4 GW annoncé !
Pour rappel, l’ordre de puissance d’un réacteur nucléaire est de 1 GW environ, ce projet en occuperait donc l’équivalent de 6 sur les 57 que compte la France. Erreur ou véritable chiffre ? La question se pose. Cette puissance est de l’ordre de grandeur du projet Stargate des États-Unis, de celui des Émirats arabes unis, d’Hyperion de Meta (5 GW) ou encore des centres Colossus de xAI.
En février, à l’occasion du sommet sur l’IA de la France, l’Élysée annonçait « 5 GW de capacité de centres de données déjà en cours de connexion ». Avec un projet fast track de plus, les 5,8 GW pourraient correspondre à l’ensemble des projets en cours de raccordement, mais ce n’est pas ce qui est écrit dans le communiqué.
S’agirait-il d’une coquille ? Nous avons contacté le cabinet d’Anne Le Hénanff, la DGE et Bercy afin d’avoir de plus amples détails, sans réponse pour l’instant.

Quatre axes de travail pour accélérer les projets :
Le communiqué explique aussi que ces Rencontres « ont également permis d’identifier les leviers permettant d’accélérer la mise en œuvre des projets », sur la base de quatre axes de travail : le raccordement électrique (anticipation et planification), l’exemplarité environnementale, le renforcement des relations avec les collectivités territoriales et enfin la « valorisation d’une chaîne de valeur souveraine, créatrice d’emplois et de compétences en France ».




















