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OTAN : les pays européens cherchent à limiter leur dépendance à l’égard des armes US

Avion débloqué garanti sans spam
OTAN : les pays européens cherchent à limiter leur dépendance à l’égard des armes US

Les F-35 se débrident-ils comme un simple iPhone ? C’est ce qu’a suggéré le ministre néerlandais de la Défense, illustrant en creux les difficultés des pays de l’OTAN à s’autonomiser de leur allié historique que sont les États-Unis.

« Comme un iPhone, vous pouvez tout à fait jailbreaker un F-35 », a affirmé le ministre néerlandais de la Défense Gijs Tuinman à la radio locale BNR Nieuwsradio.

Hacker des avions, embaucher des forces supplémentaires : alors que les États-Unis se font toujours plus belliqueux, ses alliés historiques s’interrogent sur les meilleures manières de réduire leur dépendance au complexe militaro-industriel de l’Oncle Sam. Le Canada prévoit ainsi d’augmenter nettement ses dépenses militaires domestiques, tandis que le Royaume-Uni se cherche une voie du milieu.

Hacker des avions comme on hackerait des tracteurs ?

Aux Pays-Bas, donc, un ministre suggère que cela puisse passer par le hack des systèmes intégrés aux F-35, les avions militaires de Lockheed Martin créés grâce aux financements des États-Unis et d’une dizaine de pays de l’OTAN.

Aussi floue soit l’affirmation – Gijs Tuinman n’a fourni aucune indication concrète de la manière dont les armées pourraient s’y prendre –, l’affirmation illustre une problématique présente dans le domaine militaire comme dans le domaine civil : en se reposant pendant des décennies sur les équipements créés par les sociétés états-uniennes, ses alliés se sont laissés enfermer dans certains de leurs environnements technologiques.

L’impossibilité d’opérer des modifications logicielles sur l’appareil et au sol sans passer par l’armée américaine et Lockheed Martin rappelle les blocages subis par les agriculteurs dépendants du constructeur John Deere pour modifier ou réparer leurs tracteurs. Elle agite par ailleurs des inquiétudes au sujet d’un potentiel « kill switch » dans les avions américains : pour filer la métaphore agricole, des tracteurs ukrainiens construits par John Deere et volés par les Russes en 2022 ont pu être verrouillés, donc rendus inutilisables, à distance.

À l’heure actuelle, le Royaume-Uni, la Belgique, le Danemark, l’Italie, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Pologne sont déjà équipés de F-35. Si quelques-uns ont isolé certaines de leurs activités derrière des pare-feu, les seuls à avoir accès au code source sont le Royaume-Uni et Israël. Ce dernier est par ailleurs le seul à pouvoir installer ses propres logiciels sur les F-35I (une version du F35 spécifiquement équipée d’armes israéliennes), selon Opex360. Pour les autres, un potentiel jailbreak risquerait surtout de tendre un peu plus les relations diplomatiques avec le pays fournisseur des avions, sans parler des risques de dysfonctionnements que cela pourrait entraîner.

Indépendantisation relative des équipements US

Pour éviter la reproduction de ce type de problématiques, nombreux sont les États qui travaillent à prendre une plus grande indépendance de leur allié traditionnel. Au plus près des États-Unis, le Canada prévoit ainsi d’augmenter ses dépenses militaires à 5 % de son PIB et de créer 125 000 nouveaux emplois au fil de la prochaine décennie pour se défaire de ses liens aux fabricants d’armes américains.

Le but : dépenser 70 % des dépenses de défense à des sociétés canadiennes, contre environ 50 % actuellement, et construire « un nouveau partenariat ambitieux et complet avec l’Union européenne et le Royaume-Uni », selon son document stratégique. Le Canada cherchera aussi des partenaires dans la zone indo-pacifique, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Corée du Sud.

Concrètement, l’État est en train d’examiner des contrats de 2023 pour lui fournir 88 F-35. Il cherche par ailleurs à faire l’acquisition de 12 sous-marins adaptés aux conditions arctiques, projet pour lequel des propositions allemandes et sud-coréennes doivent être soumises d’ici le mois prochain.

Auprès du Financial Times, le gérant du seul fonds américain de capital-risque, ONE9, souligne qu’une logique « buy Canadian » fonctionnera mieux « lorsque nous aurons développé des sociétés mûres dans lesquelles investir », une perspective pour laquelle il faut « à la fois des capitaux patients et un premier client crédible ».

Au Royaume-Uni, allié traditionnel des États-Unis, la question de l’indépendance se pose depuis plusieurs mois. Société britannique, BAE Systems travaille depuis plusieurs mois à créer explosifs et combustibles de manière indépendante, notamment pour se conformer aux nouvelles obligations du ministère de la Défense.

Historiquement, le plus gros fournisseur militaire en Europe reposait en effet largement sur les États-Unis et la France. Fin 2025, les résultats de l’entreprise ont augmenté de 10 % par rapport à l’année précédente, portés par un record de 83,6 milliards de livres sterling (95,62 milliards d’euros) de commandes à honorer.

Malgré ces travaux, et des discussions autour d’une alliance canado-britannique pour financer des sociétés de défense, le Royaume-Uni acceptait en ce début février d’acheter pour 150 millions de livres d’armes américaines pour continuer de fournir l’Ukraine.

Le ministre de la Défense néerlandais a de son côté admis que les F-35, aussi dépendants des décisions américaines soient-ils, restaient « un meilleur avion que bien d’autres chasseurs ». Autant d’éléments qui soulignent les complexités de la création de stratégies financières et technologiques de défense plus autonomes vis-à-vis des États-Unis.

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☕️ Un bug dans Microsoft 365 Copilot lui permettait de résumer des emails confidentiels

L’assistant IA inclus dans Microsoft 365 Copilot avait la possibilité de passer outre les mesures de sécurités censées être mises en place pour qu’il n’accède pas à tous les contenus des utilisateurs de la suite.

BleepingComputer a relevé que Microsoft avait signalé depuis le 21 janvier ce bug dans son outil réservé aux administrateurs Microsoft 365 sous le numéro CW1226324.

Copilot Chat pouvait accéder aux emails envoyés ou en brouillon des utilisateurs même s’ils étaient étiquetés par l’utilisateur comme confidentiels (étiquette pourtant explicitement mise en place pour éviter cela). Ainsi ses résumés pouvaient intégrer des informations issues de ces emails confidentiels.

Selon Microsoft elle-même, ce bug entraine le fait que « les emails des utilisateurs auxquels une étiquette confidentielle a été appliquée sont traités de manière incorrecte par le chat Microsoft 365 Copilot » et que « l’ « onglet travail » du Chat de Copilot Microsoft 365 résume les emails même si ceux-ci sont assortis d’une étiquette de confidentialité et qu’une politique DLP [data loss prevention, ndlr] est configurée ».

L’entreprise affirme avoir commencé à déployer le correctif début février et indique qu’elle a contacté une partie des utilisateurs concernés pour vérifier qu’il fonctionnait. Mais elle ne s’est encore engagée sur aucune date de correction complète du bug et n’a donné aucune information sur le nombre d’organisations touchées.

Plus tôt, la direction des services informatiques du Parlement européen avait décidé de bloquer l’accès à tous les outils d’IA générative sur ses appareils pour s’assurer que des informations ne fuitent pas via ces outils.

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Stockage S3 : MinIO archive (et condamne) sa Community Edition

Tressaillez d'allégresse
Stockage S3 : MinIO archive (et condamne) sa Community Edition

Considérée comme une solution de choix pour déployer un serveur de stockage objet compatible S3, la Community Edition de MinIO vient d’être enterrée sans tambour ni trompette par la société du même nom, qui se contente simplement de renvoyer vers sa solution commerciale à sources fermées.

Plusieurs signaux faibles, observés tout au long de l’année 2025, laissaient augurer de cette décision, mais la découverte du bandeau annonçant l’archivage du dépôt dédié à MinIO risque tout de même de faire grincer quelques dents dans la communauté open source. « Ce dépôt a été archivé par son propriétaire le 13 février 2026. Il est désormais en lecture seule », indiquent en effet les pages du projet sur GitHub.

La dernière mise à jour opérée sur le dépôt en scelle le destin : opérée au niveau du Readme du projet, elle signale simplement que ce dernier n’est plus maintenu et renvoie vers AIStor, la déclinaison commerciale de MinIO, qui dispose bien d’une licence gratuite pour un usage « communautaire », mais s’appuie sur du code propriétaire, et présente certaines restrictions par rapport à la Community Edition.

Ultime commit de MinIO CE – capture d’écran Next

Un outil populaire, apprécié pour sa simplicité

En 2020, Next avait consacré une série d’articles à MinIO, et pour cause : la solution présentait sur le papier toutes les cartes pour intéresser les internautes à la recherche d’un stockage objet open source, simple à mettre en œuvre, mais offrant néanmoins tous les raffinements nécessaires à des usages avancés, de la redondance à la protection contre la dégradation des données en passant par des fonctions d’administration poussées, soit à la main, soit par l’intermédiaire de Docker ou Kubernetes.

La version serveur de MinIO Community Edition avait par ailleurs le bon goût d’être accompagnée d’un client multiplateformes lui aussi facile à prendre en main. Bref, tous les ingrédients d’un bon outil, et les amateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, comme en témoignent les 60 000 étoiles qui ornent le dépôt GitHub du projet.

La société éditrice a quant à elle connu une trajectoire commerciale de premier plan, auréolée par une levée de fonds en série B de 103 millions de dollars bouclée début 2022 sur la base d’une valorisation fixée à un milliard de dollars. MinIO ne communique pas son chiffre d’affaires, mais s’enorgueillit sur son site de compter quelques sociétés parmi les plus gourmandes en données de la planète au rang de ses clients. Dans le lot figurent des grands comptes tels que Salesforce, BNP Paribas, Palantir, Disney ou AMD.

Des signes avant-coureurs au gré des mises à jour

MinIO n’a pas exprimé publiquement sa position au sujet de la Community Edition ces derniers temps, mais l’entreprise a procédé, sur les douze derniers mois, à plusieurs petites modifications qui visaient à restreindre le périmètre fonctionnel offert par cette dernière.

Harshavardhana, l’un des cofondateurs de MinIO, a par exemple introduit le 26 février dernier une modification du code privant les utilisateurs de l’interface graphique d’administration, et limitant de fait ces derniers à la ligne de commande.

Harshavardhana s’en est expliqué quelques semaines plus tard, en réponse à un utilisateur qui se plaignait de cette disparition : « La création et la maintenance de consoles graphiques distinctes pour les branches communautaire et commerciale représentent un travail considérable. Honnêtement, il est difficile de reproduire ce travail pour la branche communautaire. »

L’argument s’entend : après tout, MinIO est une entreprise commerciale, mais il a tout de même suscité analyses et commentaires réprobateurs, évoquant par exemple l’épisode du changement de licence de Redis. L’annonce a également entraîné la création d’un fork du navigateur en question, même si ce dernier ne semble pas avoir dépassé le stade du démarrage, peut-être faute de gouvernance adaptée.

La suite allait donner du grain à moudre aux déçus : le 15 octobre, Harshavardhana a mis à jour le Readme pour signaler cette fois la fin des exécutables qui simplifiaient l’installation. « Nous n’acceptons plus de demandes de fonctionnalités pour l’édition communautaire. », précise-t-il à cette occasion. Dans le même temps, les liens qui pointaient vers la documentation renvoient vers le support payant de MinIO.

Le 3 décembre, le projet passe officiellement en maintenance. « Aucune nouvelle fonctionnalité, amélioration ou demande de fusion ne sera acceptée. Les correctifs de sécurité critiques pourront être évalués au cas par cas ». Jusqu’au 13 février, qui signe donc le gel (définitif ?) de la version communautaire de MinIO.

Fort heureusement pour les déçus, la scène du stockage objet est dynamique, et même si MinIO était salué pour ses qualités, il existe des alternatives de Garage à RustFS en passant par Ceph ou SeaweedFS.

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☕️ Le Parlement européen bloque l’accès aux outils d’IA générative sur ses appareils

Pour des raisons de cybersécurité et de protection des données, le Parlement européen a bloqué les fonctionnalités d’IA génératives des appareils qu’il fournit aux députés européens et à leurs équipes.

Dans un email obtenu par Politico, l’institution a informé ses membres lundi qu’elle avait désactivé les « fonctionnalités d’intelligence artificielle intégrées » sur les tablettes qu’elle leur fournit.

Drapeaux de l’Union européenne

« Certaines de ces fonctionnalités utilisent des services cloud pour effectuer des tâches qui pourraient être traitées localement, envoyant ainsi des données hors de l’appareil », explique la direction des services informatiques du Parlement :

« Alors que ces fonctionnalités continuent d’évoluer et deviennent disponibles sur un plus grand nombre d’appareils, l’étendue totale des données partagées avec les fournisseurs de services est encore en cours d’évaluation. Tant que cela n’aura pas été entièrement clarifié, il est considéré comme plus sûr de garder ces fonctionnalités désactivées. »

Les fonctionnalités visées seraient celles d’aide à l’écriture et au résumé de textes. La DSI du parlement pousse aussi les députés et leurs équipes à éviter ce genre d’outils sur leurs autres appareils.

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☕️ Google annonce son Pixel 10a à 549 euros

Après les modèles haut de gamme de la série Pixel 10, présentés en août dernier, Google complète sa gamme avec l’annonce du Pixel 10a, son smartphone d’entrée de gamme, affiché au prix public de 549 euros. L’appareil se présente comme une évolution mineure du Pixel 9a auquel il succède, et dont il reprend les principaux composants.

La particularité la plus notable du Pixel 10a tient à l’intégration de ses deux capteurs photo dorsaux : alors que depuis des années, la mode est aux protubérances assumées, Google propose ainsi un appareil au dos parfaitement plat. Sa coque arrière abandonne le verre des séries 10 et 10 Pro au profit d’un revêtement plastique décliné en bleu, rouge, noir et gris (ou Lavande, Rouge Framboise, Brume et Noir Volcanique si vous préférez les termes du marketing de Google).

Quatre coloris pour le Pixel 10a

Au sein de ce châssis « incluant pour la première fois du cobalt, du cuivre, de l’or et du tungstène recyclés », Google conserve un écran 6,3 pouces pOLED (1 080 x 2 424 pixels) avec fréquence variable entre 60 et 120 Hz, doublé d’un verre Gorilla Glass 7i.

Côté composants, Google rejoue la partition du 9a : on retrouve un processeur maison Tensor G4 (le reste de la gamme Pixel 10 adopte la génération suivante, le Tensor G5) accompagné de 8 Go de mémoire vive et 128 ou 256 Go de stockage, ainsi que de la puce maison Titan M2 dédiée aux fonctions de sécurité.

Le volet photo reste lui aussi similaire, sur le papier, à celui du modèle 2025, avec un capteur principal grand angle 48 mégapixels ouvrant à f/1,7, doublé d’un ultra grand angle à 13 Mpx, et d’un autre capteur 13 Mpx en face avant.

Livré sous Android 16, le Pixel 10a embarque toute la panoplie des fonctions et services IA de Google, à l’exception du « zoom amélioré », et promet une autonomie de 30 heures en conditions normales, ou 120 heures avec les fonctions maximales d’économie d’énergie, grâce à une batterie 5100 mAh. L’appareil est affiché à 183 grammes sur la balance, contre 204 grammes pour le Pixel 10 standard.

Le Pixel 10a intègre par ailleurs la fonction SOS par satellite, dont était privé le 9a. On pourra consulter sur cette page les caractéristiques complètes du téléphone comparées à celles des Pixel 10 et Pixel 10 Pro.

Le nouveau venu est affiché à 549 euros, avec des précommandes ouvertes dès à présent et des livraisons programmées au 5 mars prochain. Le Pixel 9a voit quant à lui son prix baisser à 449 euros.

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Bercy informe d’une intrusion dans le Ficoba : 1,2 million de comptes exposés

Ginkgo Ficoba
Bercy informe d’une intrusion dans le Ficoba : 1,2 million de comptes exposés

Bercy a informé mercredi soir, par voie de communiqué, d’une intrusion dans le fichier national des comptes bancaires et assimilés (Ficoba), qui liste tous les comptes bancaires ouverts en France. Les services de la DGFiP assurent que les accès illégitimes ont été restreints, mais préviennent que les données de 1,2 million de comptes ont pu être exposées.

Dans une actualité marquée à la fois par la récurrence des fuites de données et par les velléités grandissantes de constitution de fichiers centralisés, l’incident revêt une portée symbolique particulière. Cette fois, ce sont en effet les services de Bercy qui informent, mercredi en fin d’après-midi, d’une intrusion dans un fichier particulièrement sensible : le Ficoba, ou fichier national des comptes bancaires et assimilés, qui liste tous les comptes bancaires ouverts, mais aussi les coffres-forts loués en France.

1,2 million de comptes exposés

L’intrusion a pris la forme d’un accès non autorisé, que le service de presse de Bercy décrit de la façon suivante :

« A compter de la fin janvier 2026, un acteur malveillant, qui a usurpé les identifiants d’un fonctionnaire disposant d’accès dans le cadre de l’échange d’information entre ministères, a pu consulter une partie de ce fichier qui recense l’ensemble des comptes bancaires ouverts dans les établissements bancaires français et contient des données à caractère personnel : coordonnées bancaires (RIB / IBAN), identité du titulaire, adresse et, dans certains cas, l’identifiant fiscal de l’usager. »

Les finances publiques assurent que dès détection de l’incident, « des mesures immédiates de restriction d’accès ont été mises en œuvre afin de stopper l’attaque, de limiter l’ampleur des données consultées et extraites de cette base ».

Le périmètre exposé concernerait tout de même 1,2 million de comptes, qui devraient faire l’objet d’une prise de contact : « Les usagers concernés recevront dans les prochains jours une information individuelle les alertant qu’un accès à leurs données a pu être constaté. »

Outre le dépôt de plainte et la notification à la CNIL exigés en de telles circonstances, Bercy indique s’être rapproché des établissements bancaires afin que ces derniers participent à la sensibilisation des contribuables concernés.

Le ministère précise enfin que les services et agences de l’État, parmi lesquels le service du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) sont mobilisés autour de la sécurisation du système d’information concerné.

Le Ficoba enregistre, d’après la CNIL, les informations de plus de 80 millions de personnes physiques, françaises ou non, qui ont un compte bancaire en France. Il répertorie les données d’identification du titulaire, les éléments d’identification du compte et ses dates d’ouverture ou de modification. Il ne liste en revanche « aucun élément concernant l’historique des opérations effectuées sur le compte concerné ou sur son solde ».

La combinaison des informations exposées se prête néanmoins à des scénarios d’ingénierie sociale poussés, à l’instar des données volées récemment sur la plateforme Choisir le service public.

Bercy recommande par ailleurs un « rappel de vigilance à destination des usagers », en trois points :

  • alors que de nombreuses tentatives d’escroqueries circulent par courriel ou SMS dans le but d’obtenir des informations ou des paiements de la part des usagers, « au moindre doute, il est préférable de ne pas répondre directement » ;
  • l’administration fiscale « ne vous demande jamais vos identifiants ou votre numéro de carte bancaire par message », et « même si l’expéditeur semble être un interlocuteur de la DGFiP, contactez directement votre service des impôts via la messagerie sécurisée de votre espace ou par téléphone afin de vérifier l’authenticité du message reçu » ;
  • en cas de suspicion de l’utilisation frauduleuse de vos données personnelles, « nous vous recommandons de conserver toutes les preuves (messages, adresse du site web, captures d’écran…) », mais également de s’appuyer sur les ressources du site cybermalveillance.gouv.fr.
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☕️ La Russie veut autoriser le FSB à couper l’accès à Internet et la téléphonie mobile

La Russie veut obliger les fournisseurs d’accès à Internet et de téléphonie mobile à se conformer aux ordres du service de sécurité intérieure russe FSB, successeur du KGB, visant à interrompre les services de télécommunications, rapporte The Moscow Times.

Le projet de loi, adopté mardi par la Douma d’État, chambre basse du Parlement russe, est censé contribuer à protéger les Russes et les institutions publiques contre les menaces pour la sécurité tout en préservant les entreprises de télécommunications de poursuites judiciaires. Et ce, alors que les régions du pays sont de plus en plus confrontées à des perturbations généralisées de l’internet et des réseaux mobiles en raison des attaques de drones ukrainiens, souligne le Moscow Times.

Le projet de loi, qui a été approuvé par 393 législateurs (sur 450, avec 13 voix contre), a depuis subi plusieurs modifications, notamment la suppression des références aux « menaces pour la sécurité » comme justification des fermetures et la modification des pouvoirs accordés au FSB, qui passent de la délivrance de « demandes » à celle d’« exigences » contraignantes.

Outre les services Internet et mobiles, le projet de loi permettrait également aux responsables de la sécurité de bloquer les appels téléphoniques, les SMS et même les services postaux, a déclaré Igor Lebedev, vice-ministre russe des Communications.

Pour entrer en vigueur, les modifications apportées à la loi russe sur les communications doivent encore être approuvées par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, et signées par Vladimir Poutine.

The Moscow Times, dont la rédaction s’est relocalisée à Amsterdam suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a depuis été classé « organisation indésirable » et l’accès à son site web est bloqué par le Roskomnadzor dans le pays.

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Aux Pays-Bas, nouveau scandale autour d’un algorithme de prédiction de la récidive

ML récidiviste
Aux Pays-Bas, nouveau scandale autour d’un algorithme de prédiction de la récidive

Aux Pays-Bas, le ministère de la Justice vient de mettre au jour les dysfonctionnements d’un système algorithmique déployé pour tenter de prévoir la récidive d’individus suspects ou condamnés. Alors que l’administration cherche à le réparer, des défenseurs des droits humains soulignent que ce type d’usage du machine learning est critiqué depuis une décennie.

Un nouveau système algorithmique prompt aux erreurs a été épinglé aux Pays-Bas. Ce 12 février, le ministère de la Justice néerlandais a publié un rapport relatif au système utilisé par les services de probation Reclassering Nederland pour évaluer le risque de récidive chez les détenus déjà condamnés comme chez les personnes en détention provisoire.

L’audit fait partie intégrante d’un travail plus large sur les systèmes algorithmiques utilisés à travers l’administration, lui-même initié à la suite de deux scandales relatifs à des outils biaisés.

Pendant près d’une dizaine d’années, l’administration fiscale néerlandaise a en effet recouru à un système qui a demandé des sommes faramineuses et indues à des familles généralement ciblées pour leurs origines étrangères. De même, des systèmes de détection de fraude aux prêts étudiants accusaient beaucoup plus fréquemment les étudiants issus de minorités ethniques, donc à leur faire subir plus fréquemment des contrôles.

Consommation de drogues et problématiques psychologiques non pris en compte

Dans le cas présent, le système algorithmique incriminé a été utilisé pour traiter de l’ordre de 44 000 cas par an, et aider à évaluer si ces personnes risquaient plus ou moins de récidiver.

Un tel cas d’usage rappelle les premiers grands travaux sur les travers que ce type d’outils créent sur le terrain en termes d’égalité devant la loi. En 2016, le journal ProPublica publiait ainsi une enquête au long cours démontrant qu’aux États-Unis le système COMPAS (Correctional Offender Management Profiling for Alternative Sanctions) qualifiait beaucoup plus fréquemment les suspects noirs de risque de récidives que les suspects blancs, à tort.

Dans le cas néerlandais, le système, nommé OxRec, fournit de mauvais résultats dans 20 % des cas et ne correspond pas aux standards gouvernementaux d’utilisation. Depuis 2018, les formules normalement utilisées pour évaluer les personnes déjà condamnées et suspectes ont été inversées, la consommation de drogues n’est pas correctement prise en compte, et les problématiques psychologiques graves ne sont pas prises en considération, relève l’enquête administrative. Le système a par ailleurs été entraîné sur d’anciennes données issues de prisons suédoises, et non sur la population des prisons néerlandaises.

Pause avant remise en service

Suite à ce rapport, Reclassering Nederlands a stoppé l’utilisation d’OxRec. Le ministère de la Justice néerlandais a en revanche expliqué « chercher à le remettre en service dès que toutes les améliorations auront été déployées, car une utilisation responsable de cet algorithme contribue à l’efficacité et à la cohérence des conseils en termes de probation », souligne sur LinkedIn Alexander Laufer, chercheur auprès d’Amnesty International.

Pour les enquêteurs du ministère de la Justice, le plus gros risque que posent les dysfonctionnements du système est en effet que des probabilités de récidive aient été sous-évaluées.

En 2020, des scientifiques avaient quant à eux émis une alerte sur l’usage des codes postaux dans OxRec, expliquant que cela pouvait mener de manière indirecte à des logiques de profilage ethnique. D’après la directrice du service de probation Jessica Westerik, ces alertes avaient été prises « très au sérieux », mais les services avaient conclu qu’il existait suffisamment de preuves scientifiques pour considérer que l’adresse et les revenus étaient des paramètres.

Alexander Laufer, lui, rappelle que la prédiction de la récidive est « une des applications les plus controversées » du machine learning, et que le consensus scientifique estime désormais « (1) que ça ne fonctionne pas et (2) que ç’a des conséquences discriminatoires sévères et imprévisibles », y compris en termes d’accès à un procès équitable.

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☕️ Pédopornographie genAI: le gouvernement espagnol à l’offensive contre X, Meta et TikTok

« L’impunité des géants doit cesser », affirmait le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, dans un message diffusé sur le réseau social X ce mardi 17 février. Il y annonçait ainsi que le gouvernement espagnol allait demander à la justice « d’enquêter sur les délits que X, Meta et TikTok pourraient commettre en créant et en diffusant de la pornographie infantile par le biais de leurs IA ».

« Ces plateformes portent atteinte à la santé mentale, à la dignité et aux droits de nos enfants », a-t-il ajouté, « l’État ne peut pas l’admettre ».

L’agence Reuters rapporte qu’un jeune Espagnol sur cinq, principalement des filles, affirme que des deepnudes d’elles et eux ont été créées par l’IA et partagées en ligne alors qu’ils et elles étaient mineurs, a déclaré le bureau de Sanchez, citant l’organisation de défense des droits Save the Children.

Jusque-là, c’est X et les deepfakes de Grok qui étaient surtout visés par des menaces judiciaires, mais le gouvernement espagnol semble élargir sa cible à Meta et TikTok sans pour autant détailler les reproches qu’il leur fait.

« TikTok dispose de systèmes robustes pour contrecarrer les tentatives d’exploitation ou de préjudice envers les jeunes, et nous continuons à donner la priorité et à investir dans des technologies de pointe afin de garder une longueur d’avance sur les acteurs malveillants », affirme le réseau social de partage de vidéos dans un communiqué envoyé à Reuters, tandis que X et Meta n’ont pas répondu à nos confrères sur le sujet.

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Addiction aux réseaux sociaux : Meta a enterré une recherche qui ne lui convenait pas

Sous le tapis
Addiction aux réseaux sociaux : Meta a enterré une recherche qui ne lui convenait pas

L’affaire qui oppose, aux États-Unis, une jeune femme aux plateformes de réseaux sociaux documente la façon dont Meta gère les recherches internes que l’entreprise lance sur les conséquences de ses produits. Des emails montrent ainsi que des travaux sont enterrés quand ils ne vont pas dans le sens de l’entreprise.

La semaine dernière s’est ouvert aux États-Unis le procès opposant Meta et Google à une plaignante âgée de 20 ans, Kaley G. M., et sa mère, qui les accusent de provoquer et entretenir l’addiction chez les jeunes. Comme nous l’expliquions, Snap et TikTok ont aussi été mis en cause mais ces deux entreprises ont préféré négocier un accord avec les plaignantes.

Les techniques pour attirer et garder l’auditoire de YouTube mais aussi des plateformes de réseaux sociaux Facebook et Instagram de Meta vont donc être particulièrement scrutées pendant ce procès.

Mais l’avocat de Kaley G. M, Mark Lanier, profite de l’accès aux documents internes de Meta que lui offre ce procès pour pointer la façon dont Meta choisit de rendre publiques ou pas, voire d’abandonner totalement les recherches que l’entreprise fait sur l’utilisation de ses produits.

Une étude interne de Meta qui remonte via le procès

En effet, comme nous en faisions part récemment, de plus en plus de recherches sur le numérique sont menées en lien avec les entreprises du secteur. Souvent, les auteurs n’informent pas correctement sur les liens qui les relient à Meta, X, Google ou Microsoft, par exemple. Ainsi, 29 % des articles scientifiques à propos des réseaux sociaux oublient de mentionner leurs liens d’intérêt.

Dans ce procès, Mark Lanier a mis en avant une étude menée par Meta en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Chicago qui, selon lui, montre que le fait que les parents surveillent de près l’utilisation par leurs ados des réseaux sociaux n’a que très peu d’effet sur une utilisation compulsive ou non. Cette étude, nommée « Project Myst » pour Meta and Youth Social Emotional Trends, sondait 1 000 adolescents et leurs parents à propos de leurs usages des réseaux sociaux, explique Associated Press.

L’avocat n’a pas diffusé l’entièreté de l’étude, mais cite trois extraits repris par l’association The Tech Oversight Project. L’un affirme que « les facteurs parentaux et familiaux ont peu d’influence sur le niveau d’attention que les adolescents déclarent accorder à leur utilisation des réseaux sociaux ». Le deuxième conclut qu’ « il n’y a aucun lien entre ce que rapportent les parents et les adolescents concernant la surveillance/l’accompagnement numérique des parents et les mesures de l’attention ou des capacités des adolescents telles qu’elles ressortent de l’enquête ». Et le troisième que « les adolescents qui ont déclaré avoir vécu un plus grand nombre d’expériences négatives dans leur enfance, telles qu’une relation étroite avec une personne ayant des problèmes d’alcoolisme ou souffrant d’alcoolisme, ou avoir été victimes d’intimidation ou de harcèlement à l’école, ont déclaré être moins attentifs à leur utilisation des réseaux sociaux ».

Sans publication, des interprétations divergentes

Selon TechCrunch, Mark Lanier a interprété devant la Cour ces conclusions de l’étude comme le fait que les outils de contrôle parental d’Instagram ou ceux de limitation du temps d’utilisation sur les smartphones n’auraient pas vraiment d’effet sur l’utilisation excessive des réseaux sociaux sur les ados. Pour autant, il est difficile d’aller dans son sens ou de conclure autre chose sans avoir accès à l’étude en question.

Nos confrères soulignent que, bien qu’un document semble montrer qu’il a donné son accord pour la mise en place de MYST, le patron d’Instagram, Adam Mosseri, a affirmé dans son témoignage ne pas se rappeler du projet : « Nous menons de nombreux projets de recherche », a-t-il affirmé devant la Cour.

Les avocats de Meta ont plus insisté sur le fait que l’étude cherchait à déterminer non pas si les adolescents étaient réellement dépendants, mais s’ils avaient le sentiment d’utiliser trop les réseaux sociaux. Concernant l’utilisation excessive des réseaux sociaux par les adolescents, ils ont mis l’accent sur la responsabilité des parents et les problèmes rencontrés dans la vie plutôt que sur les produits de leur client, pointant le divorce des parents de Kaley, son père violent et le harcèlement qu’elle a subi à l’école.

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☕️ Pollution de l’air : les data centers de xAI continuent d’outrepasser la réglementation

Après Memphis, Southaven, de l’autre côté de la frontière entre le Tennessee et le Mississippi. Aux États-Unis, la société d’Elon Musk xAI continue de défier les réglementations environnementales en recourant à des générateurs illégaux au gaz pour alimenter ses centres de données.

Depuis 2025, le supercalculateur Colossus que xAI a construit à Memphis est critiqué par la population locale et des associations de défense de l’environnement pour la pollution à l’oxyde d’azote que ses générateurs rejettent dans l’air.

Sollicitée, l’agence états-unienne de la protection de l’environnement (EPA) a rappelé qu’en vertu du Clean Air Act (loi sur la qualité de l’air), l’usage de ce type de générateur était soumis à autorisation. Le comté dans lequel se trouve Colossus a finalement autorisé 15 turbines, alors que le data center en utilisait initialement plus d’une trentaine.

Depuis ces premiers aléas, cela dit, xAI a créé Colossus 2, un deuxième data center situé juste à côté du premier. Pour l’alimenter en énergie, l’entreprise recourt de nouveau à des turbines à gaz, stockées de l’autre côté de la frontière.

Hanna Barakat & Archival Images of AI + AIxDESIGN / Better Images of AI / Weaving Wires 2 / CC-BY 4.0

Auprès du Guardian, les habitants témoignent de leurs inquiétudes, que ce soit vis-à-vis de la pollution sonore ou de l’air – d’après l’une des résidentes, Shannon Samsa, la ville compte « au moins 10 écoles dans un rayon de trois kilomètres autour du bâtiment ». Les pollutions émises au fil de leur fonctionnement ont été liées à diverses problématiques de santé comme l’asthme, le cancer du poumon ou des attaques cardiaques.

D’après les images thermiques récupérées par le média Floodlight, néanmoins, le centre de données de Southaven continue d’être alimenté grâce à ses générateurs. Depuis novembre, 18 des 27 turbines présentes, dont au moins 15 n’ont aucun permis, ont été utilisées.

Saisis, les régulateurs du Mississippi ont estimé que les turbines incriminées n’avaient pas besoin d’autorisation dans la mesure où elles sont stockées sur des remorques. Entité d’autorité nationale, l’EPA, elle, a statué en janvier : remorques ou non, ce type de dispositif ne peut être utilisé qu’après demande d’autorisation. À défaut, la moindre exception pourrait « permettre que ces engins fonctionnent en dehors de toute limitation d’émission », indique-t-elle dans sa décision (.pdf).

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☕️ Google programme sa conférence I/O aux 19 et 20 mai

Google n’a pas dérogé à son calendrier. Sa conférence annuelle dédiée aux développeurs, la Google I/O, se tiendra comme tous les ans fin mai, dans ses locaux de Mountain View, avec une diffusion en ligne des principales sessions.

L’entreprise a confirmé mardi les dates définitives de l’événement, les 19 et 20 mai prochains. « Connectez-vous pour découvrir nos dernières avancées en matière d’IA et les mises à jour de nos produits dans toute l’entreprise, de Gemini à Android et bien plus encore », promet Google.

Annonce des dates de la conférence Google I/O 2026

En 2025, l’événement annuel de Google avait, sans trop de surprise, accordé une place prépondérante à l’IA, avec une foule d’annonces relatives aux modèles Gemini, ainsi qu’à l’intégration progressive de fonctions d’IA générative au sein du moteur de recherche emblématique du groupe.

Google ne communique à ce stade aucun élément du programme de la conférence I/O 2026, mais il ne fait guère de doute que ses annonces suivront la même tendance, dans un contexte de concurrence accrue entre les poids lourds de l’IA générative.

Sur le volet mobile, Google vient tout juste de mettre en ligne la première bêta d’Android 17 destinée aux développeurs.

L’enregistrement à la Google I/O 2026 est ouvert sur le site dédié.

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Règlement sur l’IA et lutte contre les risques systémiques au menu de l’INESIA

Alignez-vous qu'ils disaient
Règlement sur l’IA et lutte contre les risques systémiques au menu de l’INESIA

Le récent Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA) a dévoilé sa feuille de route pour 2026 et 2027. Au menu : accompagnement des évolutions réglementaires, équipements face aux risques systémiques et coopération internationale.

Comment évaluer l’intelligence artificielle ? Comment détecter à temps ses comportements imprévus ? Limiter les risques que créent d’éventuels mésusages ? Telles sont certaines des questions auxquelles l’Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA) inauguré le 31 janvier 2025 devra répondre au fil des deux prochaines années.

Dévoilé juste avant le Sommet de Paris sur l’action pour l’IA de février 2025, l’INESIA réunit l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), l’Inria, le laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) et le pôle d’expertise de la régulation numérique (PEReN) pour « soutenir le développement de l’intelligence artificielle et accompagner la transformation de l’économie qu’elle induit ». Cette mission s’effectue tout en « étudiant scientifiquement les effets de ces technologies », en particulier « en termes de sécurité ».

Pour 2026 et 2027, elle s’effectuera selon trois axes, détaille sa feuille de route publiée mi-février. Pilotée par la Direction générale des Entreprises (DGE) et le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), l’entité travaillera en effet au soutien à la régulation, notamment en matière de mise en œuvre du règlement européen sur l’intelligence artificielle (RIA, ou AI Act), à la maîtrise des « risques systémiques » de ce type de technologies et à l’évaluation de la « performance et de la fiabilité des modèles et systèmes ». Certaines de ses actions prendront aussi un angle transverse, notamment pour tout ce qui touche à la veille académique et méthodologique, ou encore à l’animation scientifique autour de ses activités.

Performance, interprétabilité, « alignement aux valeurs et intentions humaines »

Le constat que dresse l’INESIA est aussi clair que succinct : « le rythme des progrès de l’IA ne faiblit pas », et à ce titre, les évolutions du secteur posent des questions de performance, d’interprétabilité, de robustesse face à l’imprévu, mais aussi « d’alignement aux valeurs et intentions humaines ».

L’institut ne définit pas ces différents termes, quand bien même les « valeurs et intentions humaines » varient certainement d’un individu à l’autre. La notion même d’alignement reste sujette à des débats scientifiques : certains, dont le Future of Life Institute, estiment nécessaire d’œuvrer à l’émergence d’IA « alignées » à des valeurs prédéfinies, faute de quoi ces systèmes créeraient de potentiels « risques existentiels » (un champ qui a notamment émergé des travaux du philosophe Nick Bostrom). D’autres, dont les chercheurs Timnit Gebru et Emile Torres, considèrent de leur côté que le champ de la « sécurité de l’IA » (AI safety) n’œuvre qu’à renforcer la course de l’industrie de l’IA.

Quoiqu’il en soit, dans l’environnement actuel, et notamment face au déploiement large de systèmes génératifs, « les méthodes d’évaluation conçues pour des systèmes fermés, monofonctionnels ou statiques, montrent leurs limites », indique l’INESIA. Pour faire face, et pouvoir notamment « mesurer et contenir les risques à fort potentiel systémiques, y compris ceux liés à la manipulation de l’information, à la cybersécurité ou à la déstabilisation de processus collectifs », l’entité compte participer au champ scientifique en devenir qu’est l’évaluation de l’IA.

Accompagner l’évolution réglementaire

Dans ses travaux, l’entité œuvrera à « construire une démarche scientifique et stratégique, structurer une capacité souveraine d’évaluation, coordonner les expertises publiques et mutualiser les moyens », et à agir dans les réseaux internationaux. En pratique, l’INESIA rejoindra notamment le réseau grandissant d’AI Safety Institutes, des instituts créés dans une dizaine de pays, et dont le réseau international a organisé sa première rencontre en novembre 2024.

Sur les enjeux d’appui à la régulation, elle accompagnera notamment la mise en œuvre du RIA, en fournissant des outils d’évaluation aux diverses autorités concernées. Elle poursuivra les travaux de détection des contenus synthétiques déjà en cours du côté de VIGINUm et du PEReN. Il s’agira enfin de créer des méthodes d’évaluation adaptées à la cybersécurité des systèmes d’IA comme aux produits de cybersécurité intégrant des technologies d’IA, dans le prolongement du projet Sécurité des Produits d’IA (SEPIA) que l’ANSSI mène depuis un an.

S’équiper face aux risques systémiques

Côté risques systémiques, il s’agira d’abord de développer les recherches permettant de mieux les caractériser, ce qui doit ensuite permettre à la puissance publique d’agir plus précisément. En la matière, l’INESIA vise notamment les usages d’IA à des fins de désinformation, d’attaque contre la cybersécurité, de déstabilisation d’un système économique, etc.

Elle prévoit d’identifier des projets de recherche ciblés, puis publiera des méthodes d’atténuation en source ouverte, « si opportun ». Les performances et les risques des systèmes d’IA agentiques seront plus particulièrement étudiés, notamment pour comprendre « leurs capacités en matière de cybersécurité et estimer la mesure des possibilités d’usages à des fins criminelles ».

Pour « stimuler la créativité de l’écosystème », enfin, l’INESIA prévoit de conduire des « challenges » pour « clarifier et faire progresser l’état de l’art ». Évoquant une émulation internationale de nature à faire progresser rapidement certaines technologies, elle cherchera à « susciter une « coopétition » » entre participants.

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☕️ Facebook fermera en avril la web app dédiée à Messenger

Meta indique aux utilisateurs de Messenger.com, la web app dédiée à la messagerie associée à Facebook, que cette dernière ne disposera plus d’un accès indépendant à compter du 15 avril prochain. En pratique, il faudra donc impérativement se connecter via l’interface « complète » de Facebook pour accéder à ses conversations dans un navigateur Web.

La date est annoncée directement sur l’interface de Messenger.com

En décembre dernier, Meta avait déjà averti de la disparition progressive du client Messenger pour Windows. « Vous pouvez continuer toutes vos conversations directement depuis l’application de bureau Facebook, avec toutes les fonctionnalités dont vous disposiez sur l’application Messenger, comme les appels sur ordinateur », fait valoir le groupe dans sa note d’information.

La disparition de Messenger.com parait à première vue anecdotique puisque l’interface de Facebook propose un accès direct à la messagerie. Elle constitue cependant une forme de recul de la part de Meta vis-à-vis des engagements pris face à la Commission européenne début 2024 dans le cadre de l’application du DMA, le règlement sur les marchés numériques.

C’est en effet à cette occasion que Meta avait introduit la possibilité, pour les internautes européens, de se connecter de façon séparée à Facebook et à Messenger. « Les personnes qui choisissent de créer un nouveau compte Messenger sans leurs informations Facebook pourront utiliser l’offre de services de base de Messenger, tels que la messagerie privée et le chat, les appels vocaux et vidéo », promettait alors Meta.

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☕️ Mistral AI rachète Koyeb, spécialiste du serverless

Quelques jours après l’annonce d’un investissement significatif dans l’infrastructure en Suède, Mistral AI confirme que le sujet figure au cœur de ses préoccupations : l’entreprise a en effet formalisé mardi l’acquisition de la startup française Koyeb, spécialisée dans le déploiement serverless d’outils d’intelligence artificielle.

En pratique, elle fournit à ses clients un environnement d’exécution qui permet à ces derniers de ne pas avoir à se soucier de l’infrastructure physique précise qui sous-tend le fonctionnement de leurs applications ou modèles.

« La technologie Koyeb est indépendante du matériel et de l’environnement : elle fonctionne et s’adapte aux clouds, aux périphéries et aux infrastructures sur site. Que ce soit sur des CPU, des GPU ou des accélérateurs, Koyeb garantit des performances optimales, une évolutivité dynamique et un contrôle total de votre infrastructure », résume la startup sur son site.

Sa plateforme ira enrichir l’offre Mistral Compute, qui englobe tous les services d’infrastructure commercialisés par Mistral AI à partir de ses propres déploiements de serveurs et surtout de GPU, avec au dernier décompte 40 MW de puissance électrique programmés en France (pour alimenter 18 000 puces Blackwell), et bientôt 23 MW supplémentaires en Suède, en attendant la mise en service des premières tranches du fameux Campus IA de Fouju.

« Dans les prochains mois, nous prévoyons de devenir un composant essentiel de Mistral Compute et de renforcer nos capacités d’inférence, de sandbox et de serverless pour les serveurs MCP », affirment les trois cofondateurs de Koyeb, Yann Léger, Edouard Bonlieu, Bastien Chatelard, par ailleurs anciens de Scaleway.

Le montant de l’acquisition n’a pas été communiqué. Koyeb avait levé 1,6 million de dollars fin 2020, puis 7 millions de dollars fin 2023.

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L’Europe ouvre une enquête formelle sur Shein en vertu du DSA

Tout ce qui brille n'est pas d'or
L’Europe ouvre une enquête formelle sur Shein en vertu du DSA

La Commission européenne a annoncé mardi l’ouverture formelle d’une enquête relative à Shein et ses pratiques commerciales, en vertu du DSA. Bruxelles cible notamment les systèmes censés prémunir la vente d’objets illicites comme les poupées pédopornographiques qui avaient défrayé la chronique fin 2025, mais aussi les risques liés à la conception addictive du service et la transparence toute relative des outils de recommandation de Shein.

Après les rappels à l’ordre et les demandes d’information, place à l’enquête formelle : la Commission européenne a annoncé mardi 17 février l’ouverture d’une procédure à l’encontre de la plateforme e-commerce chinoise Shein en vertu de la législation sur les services numériques (DSA, ou Digital Services Act).

L’exécutif européen indique que l’enquête visera à établir les éventuels manquements de Shein à la réglementation européenne « pour sa conception addictive, le manque de transparence des systèmes de recommandation, ainsi que la vente de produits illégaux, y compris de matériel pédopornographique ».

Première enquête formelle sur Shein dans le cadre du DSA

« Dans l’UE, les produits illégaux sont interdits, qu’ils se trouvent sur une étagère d’un magasin ou sur une place de marché en ligne. Le règlement sur les services numériques assure la sécurité des acheteurs, protège leur bien-être et leur fournit des informations sur les algorithmes avec lesquels ils interagissent. Nous évaluerons si Shein respecte ces règles et leur responsabilité », résume Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie.

Portée par sa promesse d’articles à très bas coût, avec des collections sans cesse renouvelées, la popularité de Shein a explosé au début des années 2020, jusqu’à s’imposer comme l’une des plateformes e-commerce les plus fréquentées par les internautes français. Au troisième trimestre 2025, Shein fédérait ainsi 19,5 millions de visiteurs uniques par mois, et 5 millions de visiteurs uniques quotidiens d’après le dernier baromètre établi par la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad) sur la base des chiffres de Médiamétrie.

À l’échelle européenne, Shein a de ce fait été qualifiée de très grande plateforme en ligne (ou VLOP, pour Very Large Online Platform) quelques semaines après l’entrée en vigueur du DSA, qui fixe pour mémoire des obligations spécifiques aux acteurs numériques dont l’audience dépasse 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union européenne.

Trois manquements au DSA à l’étude

Après trois « demandes de renseignements » (la façon polie de faire savoir à un acteur qu’il enfreint peut-être les règles) en juin 2024, février 2025 et novembre 2025, Bruxelles ouvre donc formellement la possibilité d’actionner le volet répressif du DSA.

Interpellé par la France suite au scandale des poupées sexuelles à caractère pédopornographique vendues sur la marketplace de Shein, l’exécutif européen confirme son intention d’investiguer les « systèmes mis en place par Shein visent à limiter la vente de produits illicites dans l’Union européenne,y compris les contenus susceptibles de constituer du matériel pédopornographique ».

L’enquête portera également sur deux aspects déjà largement reprochés à Shein (comme à son compatriote Temu) : « les risques liés à la conception addictive du service, y compris le fait de donner aux consommateurs des points ou des récompenses pour leur engagement », et « la transparence des systèmes de recommandation que Shein utilise pour proposer du contenu et des produits aux utilisateurs. »

Sur ce dernier point, l’Europe rappelle que « Shein doit divulguer les principaux paramètres utilisés dans ses systèmes de recommandation et fournir aux utilisateurs au moins une option facilement accessible qui ne repose pas sur le profilage pour chaque système de recommandation ».

Rappelons que Bruxelles a déjà ouvert une enquête similaire sur Temu. Les deux géants chinois s’exposent, s’ils finissaient par être condamnés sans avoir apporté à Bruxelles des gages de bonne foi, un amende pouvant aller jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial.

En France, Shein a déjà accepté en juillet dernier de payer 40 millions d’euros d’amende suite à une enquête de la Répression des fraudes qui avait conclu que l’entreprise avait mis en place des pratiques commerciales trompeuses. Une amende de 1,1 million d’euros était tombée dans la foulée pour « information défaillante sur la qualité environnementale des produits ».

Shein assure de sa volonté de coopération

Shein a réagi mardi par l’intermédiaire d’un porte-parole, en assurant que le groupe prenait « très au sérieux » ses obligations relatives au DSA :

« Ces derniers mois, nous avons considérablement renforcé notre dispositif de conformité au DSA. Cela comprend la réalisation d’évaluations approfondies des risques systémiques, la mise en place de mesures de réduction et de gestion de ces risques, le renforcement des protections destinées aux jeunes utilisateurs, ainsi qu’un travail continu sur la conception de nos services afin de garantir une expérience en ligne sûre et fiable. »

Ce même porte-parole indique par ailleurs que Shein a déjà échangé avec la Commission européenne au sujet de la mise en place d’une solution tierce partie de vérification de l’âge des internautes.

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Zero Knowledge : une étude pointe les carences de Bitwarden, LastPass et Dashlane

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Zero Knowledge : une étude pointe les carences de Bitwarden, LastPass et Dashlane

Une étude réalisée par des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich révèle que Bitwarden, LastPass et Dashlane pourraient, dans des conditions exceptionnelles, permettre la divulgation du mot de passe principal de leurs utilisateurs, en dépit de leur promesse relative au chiffrement « Zero Knowledge ». Les trois services indiquent avoir déjà implémenté les corrections nécessaires.

Devenus incontournables dans le quotidien de millions d’internautes, les gestionnaires de mot de passe opérés dans le cloud offrent-ils les garanties de sécurité nécessaires et suffisantes ? Une étude menée sous l’égide de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) conclut que trois services parmi les plus populaires du secteur présentaient des vulnérabilités susceptibles de conduire à la divulgation ou à la modification du mot de passe principal du compte de l’utilisateur.

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont exploité un scénario possible, mais très hypothétique : celui d’une prise de contrôle du serveur chargé des interactions avec l’utilisateur final. Dans ce contexte exceptionnel, ils indiquent avoir réussi à mener douze attaques différentes conduisant à une compromission du mot de passe chez Bitwarden, contre sept pour LastPass et six chez Dashlane. Les chercheurs ne remettent pas en cause la sécurité des chiffrements mis en œuvre : d’après leurs observations, c’est principalement au niveau des mécanismes chargés de faciliter la vie des utilisateurs que se situent les vulnérabilités.

La promesse du Zero Knowledge

Les gestionnaires de mot de passe en ligne invoquent en général le concept de Zero Knowledge (littéralement, « aucune connaissance ») pour rassurer leurs utilisateurs quant à la sécurité de leurs données. Bien qu’il n’obéisse pas à une définition ou à des conditions techniques de mise en œuvre strictes, il suppose que le serveur qui stocke les mots de passe est littéralement incapable d’en connaître le contenu, parce que ce contenu est chiffré et que seul l’utilisateur final dispose de la clé privée indispensable à son déchiffrement.

« Techniquement, Dashlane ne possède pas d’autre clé, mais nous avons bâti un mécanisme de chiffrement qui garantit que votre coffre-fort est sécurisé avec votre clé et que les données du coffre-fort ne sont accessibles que par vous, le propriétaire. C’est pourquoi toutes les opérations sensibles de Dashlane, le chiffrement et le déchiffrement de votre coffre-fort en l’occurrence, sont effectuées localement sur votre appareil. Cela garantit que nous ne les voyons pas sur nos serveurs. », illustre par exemple Dashlane.

Cette promesse tient-elle toujours si le serveur qui héberge les mots de passe est compromis ? L’étude complète, annoncée et publiée par l’ETH Zurich (PDF), répond par la négative. Au cours de leurs travaux, les chercheurs indiquent en effet avoir mené avec succès quatre types d’attaques, exploitant respectivement les fonctionnalités de séquestre utilisées pour la récupération de compte et la connexion unifiée (SSO), les manquements du coffre-fort en matière d’intégrité, les fonctionnalités de partage et les outils dédiés à la rétrocompatibilité.

Une surface d’attaque augmentée par la complexité du code

Les auteurs précisent avoir sélectionné Bitwarden, LastPass et Dashlane à la fois parce que ces derniers peuvent être considérés comme représentatifs du secteur (par leur ancienneté et leur parc de clients, estimé à 60 millions d’utilisateurs cumulés, ou 23 % de parts de marché) et parce que le code de leurs clients logiciels est ouvert (totalement pour Bitwarden, partiellement pour les deux autres), contrairement à celui des solutions d’Apple ou de Google, très populaires puisque intégrées à leurs environnements mobiles.

Au total, 25 attaques ont donc ont été menées avec succès sur l’ensemble des services examinés. « Nous avons été surpris par la gravité des failles de sécurité », commente Kenneth Paterson, l’un des auteurs de l’étude, selon qui la découverte est d’autant plus criante que les gestionnaires de mots de passe constituent, par essence, une cible à très forte valeur perçue pour des attaquants. Les auteurs remarquent par ailleurs que si les conditions de test sont particulières (serveur malveillant), leurs attaques sont réalisées par le truchement d’interactions « normales » de l’utilisateur final avec le service.

Dans la discussion qui suit l’exposé de leurs attaques, ils remarquent que les gestionnaires de mot de passe sont tiraillés entre deux exigences contradictoires que sont la sécurité et le niveau de service fonctionnel rendu à l’utilisateur, qui s’attend à pouvoir récupérer son mot de passe en cas de perte, consulter son gestionnaire sur tous les écrans, ou disposer de fioritures telles que la création d’accès partagés.

« Après un examen plus approfondi, nous avons constaté que les gestionnaires de mots de passe sont loin d’être simples : ils ont évolué pour inclure des protocoles complexes pour la synchronisation, la récupération et la rotation des clés, le partage d’éléments chiffrés et la migration entre différentes primitives cryptographiques [les briques qui fournissent les fonctions de base du chiffrement, ndlr] », remarquent les auteurs. C’est, selon eux, cette complexité accrue qui augmenterait la surface d’attaque potentielle.

Les gestionnaires de mots de passe accusent réception

Avertis en amont de la publication de l’étude, les trois éditeurs de services concernés ont accusé réception de ces découvertes. « Tous les problèmes identifiés dans le rapport ont été traités », promet Bitwarden qui détaille les réponses apportées dans un rapport de transparence dédié (PDF). Trois ne seront cependant pas corrigés, parce que le remède compromettrait certaines fonctionnalités du service, indique tout de même l’éditeur. Qui profite de l’occasion pour « réaffirmer que Bitwarden n’a jamais subi de violation de données ».

Dashlane salue également ce travail de recherche, qualifié d’exercice utile, et précise avoir apporté tous les correctifs jugés nécessaires dans sa version 6.2544.1 publiée le 5 novembre dernier. Le service en profite pour souligner que les fonctionnalités de partage (basées sur une clé publique) et les mécaniques de synchronisation basées sur l’échange de transactions chiffrées sont des difficultés intrinsèques au service rendu.

« Cette recherche met en lumière plusieurs enseignements :
– Maintenir les méthodes cryptographiques à jour est essentiel pour la sécurité, mais cela introduit une complexité qui doit être gérée avec soin.
– L’authentification de clé publique à grande échelle est un défi connu que notre secteur doit relever.
 »

Même son de cloche du côté de LastPass, qui indique avoir déjà corrigé l’une des vulnérabilités mises au jour par l’ETH, et ajoute plancher sur la sécurisation des parcours de réinitialisation et de partage, ainsi que sur l’amélioration des mécanismes dédiés au contrôle d’intégrité.

Une démarche à laquelle adhèrent tacitement les chercheurs :

« Les vulnérabilités que nous décrivons sont nombreuses, mais pour la plupart mineures sur le plan technique. Pourtant, elles n’avaient apparemment pas été découvertes auparavant, malgré plus d’une décennie de recherche universitaire sur les gestionnaires de mots de passe et l’existence de multiples audits des trois produits que nous avons étudiés. Ceci motive la poursuite des travaux, tant sur le plan théorique que pratique. »

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☕️ Deux anciens de Palantir créent Onodrim, une start-up européenne de défense

L’Europe accueille une nouvelle start-up de défense, et pas des moindres : installée à Amsterdam, Onodrim Industries veut « jeter les bases d’un nouveau noyau européen de défense », selon son communiqué.


La société indique travailler à une plateforme industrielle dédiée à la gestion de sujets de sécurité nationale. Pour se lancer, elle vient de lever 40 millions d’euros auprès de Founders Fund, l’un des fonds du financier américain Peter Thiel, Lakestar, General Catalyst et plusieurs fonds et business angels européens.

La société a été cofondée par l’ancien conseiller du gouvernement lituanien et responsable technologique de Palantir, Aistis Šimaitis, qui en sera le PDG ; l’ancien responsable ingénierie de Palantir, Alexander Blessing, qui en sera directeur technique ; et le financier Christian Garett. Avec son fonds 137 Ventures, ce dernier possède aussi des parts d’Anduril, société de défense fondée en 2017 par Palmer Luckey, de SpaceX, et de diverses sociétés de technologies militaires.

Dans un contexte de guerre en Ukraine et de grands changements géopolitiques, Onodrim déclare construire les outils qui permettront au Vieux continent de se défendre tout en restant compétitif. Italo-américain, Christian Garett précise avoir une « opportunité unique sur une génération » d’influer sur la manière dont les investissements renforcent « notre sécurité et notre base industrielle » dans la mesure où l’Europe se prépare à investir près de « 800 milliards d’euros pour ses dépenses de défense d’ici 2030 ». Le financement doit permettre de recruter des ingénieurs et créer des usines et des espaces de recherche et développement en Europe.

Onodrim est nommée d’après l’œuvre de Tolkien, dans laquelle il est utilisé pour nommer parfois les Ents, les esprits des forêts qui prennent l’apparence d’arbres. Ce faisant, elle s’inscrit directement dans le sillage de la multitude d’entités créées ou financées par Peter Thiel, à commencer par Palantir, Anduril, la banque Erebor, et diverses sociétés de capital-risque.

Sur X, Christian Garett précise que le projet ne consiste pas à concurrencer Palantir et Anduril. Il évoque plutôt la possibilité de « s’appuyer » sur les « épaules » de ces « entreprises générationnelles ».

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Deepfakes sur Grok : l’autorité de protection des données irlandaise ouvre une enquête

Next, can you clarify this shit show ?
Deepfakes sur Grok : l’autorité de protection des données irlandaise ouvre une enquête

Illustrée par une vague de deepfakes visant à dénuder des femmes sur X, la permissivité de l’IA générative Grok en matière de détournements de photos soumises par des internautes n’en finit plus de faire des vagues, en France comme dans le reste du monde. Récap’ au long cours d’une ténébreuse affaire…

« Grok, mets-la en bikini ». Déjà étendue aux propos négationnistes tenus par Grok, l’enquête sur X lancée par le parquet de Paris à l’été 2025 a gagné début janvier un nouveau volet, relatif à la vague d’images de femmes virtuellement dénudées sans leur consentement. Depuis, les réactions et les menaces de rétorsion s’enchaînent, en Europe comme dans le reste du monde, compliquant la compréhension de la controverse qui enfle.

Pour essayer d’en simplifier le suivi, Next se propose de centraliser les différents rebondissements de l’affaire au sein de cet article, avec une lecture antéchronologique des faits. Cet article est donc susceptible d’être actualisé.

Publication initiale le 9 janvier à 12 heures. Dernière modification le 17 février à 10h25

17 février – La Commission de protection des données irlandaise ouvre une enquête contre X

La Data Protection Commission (DPC), équivalente à la CNIL en Irlande, a annoncé ce mardi 17 février avoir ouvert une enquête contre le réseau social d’Elon Musk. Le régulateur irlandais a la responsabilité de faire appliquer le RGPD à X qui a, comme beaucoup d’autres entreprises étatsuniennes, son siège social en Irlande.

L’enquête prend l’angle du RGPD pour investiguer sur la génération de deepfakes visant à dénuder des femmes et des enfants sur X. La Commission irlandaise ne veut pas encore affirmer que cette génération a été rendue possible sur X par Grok.

Elle explique que son enquête « porte sur l’apparente création et publication sur la plateforme X d’images potentiellement préjudiciables, intimes et/ou à caractère sexuel non consensuelles, contenant ou impliquant le traitement de données à caractère personnel de personnes concernées de l’UE/EEE, y compris des enfants, à l’aide d’une fonctionnalité d’intelligence artificielle générative associée au modèle de langage Grok au sein de la plateforme X ».

« La DPC collabore avec X depuis que les médias ont commencé à faire état, il y a plusieurs semaines, de la capacité présumée des utilisateurs de X à demander au compte @Grok sur X de générer des images à caractère sexuel de personnes réelles, y compris des enfants », affirme dans le communiqué le commissaire adjoint Graham Doyle. « En tant qu’autorité de contrôle principale pour X dans l’UE/EEE, la DPC a lancé une enquête à grande échelle qui examinera le respect par X de certaines de ses obligations fondamentales au titre du RGPD en rapport avec les questions en cause ».

3 février – Les locaux français de X perquisitionnés dans le cadre de l’enquête du parquet de Paris

Dans ce qu’il présente comme son dernier message sur son compte X, le Parquet de Paris a annoncé diligenter une perquisition dans les locaux français de X. Elle est confiée à sa section de lutte contre la cybercriminalité en coordination avec l’Unité Nationale Cyber de la Gendarmerie et Europol, dans le cadre de son enquête ouverte en janvier 2025 contre X à l’origine pour ingérence étrangère. Celle-ci avait étendu une première fois après des propos négationnistes générés par Grok et une seconde fois après la vague massive de deepfakes.

Le Parquet en profite pour ajouter qu’il quitte X et propose de retrouver sa communication sur LinkedIn et Instagram. « Parallèlement, des convocations aux fins d’auditions libres le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à Monsieur Elon MUSK et à Madame Linda YACARINO, en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits. La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive, dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure où elle opère sur le territoire national », explique-t-il sur son profil LinkedIn.

L’avocat Alexandre Archambault remarque que les locaux perquisitionnés sont ceux de la filiale française qui n’est pas le responsable de traitement.

26 janvier – La Commission européenne lance une enquête sur les systèmes de recommandation de Grok et X

Suite à cette vague de génération de deepfakes générés par Grok visant à dénuder des femmes sur X au cours de laquelle Grok aurait créé plus de 3 millions de deepfakes en 11 jours, la Commission européenne vient de lancer formellement une enquête sur de possibles violations du DSA par le réseau social d’Elon Musk.

L’institution veut vérifier, explique-t-elle, si l’entreprise « a correctement évalué et atténué les risques associés au déploiement des fonctionnalités de Grok dans X dans l’UE ».

« Cela inclut les risques liés à la diffusion de contenus illicites dans l’UE, tels que les images sexuellement explicites manipulées, y compris les contenus susceptibles de constituer du matériel pédopornographique », ajoute-t-elle. Elle estime que ces risques « semblent s’être matérialisés, exposant les citoyens de l’UE à de graves préjudices ».

En plus de l’ouverture de cette enquête, la Commission prolonge son enquête déjà ouverte sur l’entreprise d’Elon Musk en 2023, qui concernait déjà de potentielles violations du DSA concernant la lutte contre la désinformation et les contenus illicites et sur l’efficacité des mesures de modération adoptées.

La Commission rappelle qu’en tant que « très grande plateforme en ligne », X a l’obligation d’évaluer et d’atténuer tout risque systémique potentiel lié à ses services dans l’UE.

Lors de la conférence de presse organisée par la Commission, son porte-parole, Thomas Reigner, a été plus loin que des suspicion en affirmant : « Nous avons constaté la présence de contenus antisémites, de deepfakes non consensuels de femmes et de matériel pédopornographique. En Europe, aucune entreprise ne gagnera d’argent en violant nos droits fondamentaux ».

« Les deepfakes sexuels sur les femmes et les enfants sont une forme de dégradation violente et inacceptable. Avec cette enquête, nous déterminerons si X a rempli ses obligations légales en vertu du DSA, ou si elle a traité les droits des citoyens européens – y compris ceux des femmes et des enfants – comme des dommages collatéraux de son service », estime Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission, chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie.

20 janvier – Plus de 50 députés européens réclament un réseau social à la Commission

Menés par les députées Alexandra Geese (Les Verts) et Veronika Cifrová Ostrihoňová (Renew), 54 députés européens de différents bords politiques ont envoyé une lettre ouverte à la Commission européenne pour lui demander la construction de son propre « réseau social européen », rapporte die Zeit. Adressée à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, la missive demande que l’institution « investisse dans des initiatives européennes privées qui soutiennent les innovations locales dans le secteur des médias sociaux », qu’elle « permette le développement de plateformes alternatives orientées utilisateurs et détenues par des intérêts européens », et enfin qu’elle « garantisse aux utilisateurs des droits de portabilité solides, que ce soit pour leurs contributions, leurs connexions ou leurs interactions ».

Les représentants politiques regrettent que des millions de citoyens européens restent « liés à X, car il n’existe aucune alternative claire et aucun moyen simple pour eux de transférer leurs données et les connexions qu’ils y ont établies ». En France, citons néanmoins le projet de recherche et l’outil affilié Open Portability, qui facilite le passage de X à Bluesky et Mastodon. Les députés européens demandent par ailleurs à la Commission de poursuivre et sanctionner les éventuelles infractions commises par X, et demandent à la Commission comme aux gouvernements nationaux de quitter la plateforme.

15 janvier – X et Grok annoncent limiter les possibilités de deepfakes à caractère sexuel

X, xAI et Elon Musk auraient-ils décidé de mettre fin à la polémique ? Mercredi soir, le compte dédié à la politique de sécurité et de modération de X a annoncé la mise à jour des modalités d’utilisation de Grok. Il promet l’implémentation de mesures techniques visant à empêcher l’édition de photos de personnes réelles en vue de les dénuder. « Cette restriction s’applique à tous les utilisateurs, y compris les abonnés payants ».

Le compte @Safety annonce également le blocage des requêtes visant à générer des visuels de personnes réelles en maillot de bain, sous-vêtement ou autres « dans les juridictions où c’est illégal ». Il indique enfin que la création et l’édition d’images via le compte Grok sur X sont désormais réservées aux comptes payants.

Qu’en est-il en réalité ? Jeudi matin, nous avons procédé à une recherche d’image à partir d’un compte X non premium, localisé un tweet affichant la photo d’une femme, et avons utilisé le bouton suggéré d’édition d’image pour demander à retirer ses vêtements. Après trois secondes de calcul, X nous a retourné la photo transformée, prête à publier…

Jeudi 15 janvier matin, un compte gratuit X basé en France peut sans difficulté dénuder une personne réelle à partir d’une photo habillée sur X via Grok

En attendant de savoir si les modifications promises par xAI sont réellement mises en place, Elon Musk s’est de son côté agacé de la controverse, en affirmant que son IA générative était programmée pour refuser la génération de contenus illégaux. « Grok ne génère évidemment pas d’images spontanément, il ne le fait qu’en fonction des demandes des utilisateurs ».

13 janvier – L’association Point de Contact propose de rassembler les signalements de cyberviolence utilisant Grok et de les transmettre au Parquet

L’association Point de Contact, qui a pour mission depuis 1998 « de protéger les internautes des dérives liées à l’évolution et au développement d’Internet », propose aux victimes de deepfakes sexuels réalistes générés à partir de simples photos sur Grok de lui signaler cette cyberviolence. « Dans le cadre de sa collaboration avec les autorités judiciaires, notre association transmettra ces contenus à la section cyber du Parquet de Paris », explique l’association.

De son côté, la Haut-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a réagi ce 13 janvier dans une interview au Parisien en affirmant avoir « saisi la commissaire européenne à la souveraineté numérique parce que ça tombe sur le coup du Digital Services Act (DSA) et le règlement sur les marchés numériques DMA, que ce soit dans le cas de Crans-Montana mais aussi sur le fait de dénuder des enfants et de faire des images pédocriminelles ». « On a l’impression que c’est tellement puissant qu’on ne peut pas l’interdire, c’est faux. Une IA qui déshabille des enfants n’a rien d’un jeu : c’est hors la loi », ajoute-t-elle.

En parallèle, le secrétaire américain de la Défense, Pete Hegseth, a réaffirmé l’intégration de Grok xAI dans la « Stratégie d’accélération de l’IA » dans son département de la Guerre qui avait été annoncée fin décembre.

12 janvier – Le régulateur britannique lance une enquête sur l’utilisation de X et Grok pour générer des images de personnes dénudées et des images sexualisées d’enfants

L’Ofcom, le régulateur britannique, a annoncé ce lundi 12 janvier lancer une enquête contre le réseau social X à propos de la « diffusion d’images à caractère sexuel sur Grok ». Il explique réagir après de nombreux signalements d’utilisation de Grok sur X pour « créer et partager des images de personnes dénudées – ce qui peut constituer un abus d’images intimes ou de la pornographie – et des images sexualisées d’enfants qui peuvent constituer du matériel pédopornographique (CSAM) ».

Le régulateur affirme avoir contacté X dès le lundi 5 janvier en lui posant le vendredi 9 janvier comme date limite de réponse, que l’entreprise a respectée. L’Ofcom explique avoir « procédé à une évaluation accélérée des preuves disponibles en urgence » et lance maintenant une enquête plus approfondie pour déterminer si X « a manqué à ses obligations légales en vertu de la loi sur la sécurité en ligne, notamment :

  • évaluer le risque que des personnes au Royaume-Uni voient des contenus illégaux au Royaume-Uni et procéder à une évaluation actualisée des risques avant d’apporter des modifications importantes à son service ;
  • prendre les mesures appropriées pour empêcher les personnes au Royaume-Uni de voir des contenus illégaux « prioritaires », notamment des images intimes non consenties et du matériel pédopornographique ;
  • supprimer rapidement les contenus illégaux dès qu’ils en ont connaissance ;
  • veiller à protéger les utilisateurs contre toute violation des lois sur la protection de la vie privée ;
  • évaluer le risque que leur service fait courir aux enfants britanniques et procéder à une évaluation actualisée des risques avant d’apporter des modifications importantes à son service ; et
  • utiliser des moyens très efficaces de vérification de l’âge afin d’empêcher les enfants britanniques de voir des contenus pornographiques ».

L’Ofcom rappelle qu’il peut infliger des amendes d’un montant de 18 millions de livres (20,7 millions d’euros) ou 10 % du chiffre d’affaires mondial éligible. « Dans les cas les plus graves de non-conformité persistante », il peut demander à un tribunal d’émettre une ordonnance imposant le retrait des prestataires de services de paiement ou des annonceurs ou même le blocage de l’accès au site au Royaume-Uni.

11 janvier – l’Indonésie et la Malaisie décident de bloquer l’accès à Grok

À quelques heures d’intervalle, l’Indonésie (samedi) puis la Malaisie (dimanche) ont annoncé ce week-end leur décision de suspendre l’accès à Grok, une première à l’échelle internationale. « Le gouvernement considère la pratique des deepfakes sexuels non consensuels comme une grave violation des droits de l’homme, de la dignité et de la sécurité des citoyens dans l’espace numérique », a justifié dans un communiqué Meutya Hafid, la ministre indonésienne en charge du numérique et des communications. Contacté par l’agence Reuters pour une réaction, xAI s’est contenté d’un mail de réponse automatisé : « les médias traditionnels mentent ».

La Malaisie a de son côté affirmé dans un communiqué qu’elle suspendrait l’accès à Grok tant que l’outil serait en mesure de « générer des images manipulées obscènes, à caractère sexuel explicite, indécentes, grossièrement offensantes et non consensuelles, y compris du contenu impliquant des femmes et des mineurs ». C’est la Malaysian Communications and Multimedia Commission (MCMC, équivalent local de l’Arcom française) qui a porté le message dimanche.

Elle indique avoir formellement demandé à X et xAI la mise en place de garde-fous adaptés, mais les réponses obtenues, basées sur la capacité des utilisateurs à signaler un contenu problématique, n’ont pas été considérées comme suffisantes pour « prévenir les dommages ou garantir le respect de la loi ». Lundi matin (heure de Paris), le site de la MCMC était inaccessible.

9 janvier – Grok dit restreindre la création d’images aux comptes payants

xAI et surtout Elon Musk auraient-ils fini par prendre la mesure du phénomène ? Vendredi matin, l’éditeur de Grok semble avoir introduit une mesure de protection inédite : le service indique, en réponse à une requête d’internaute, que la génération d’images est désormais réservée aux détenteurs d’un abonnement payant à Grok.

À 44,33 euros par mois (prix de Grok Premium+ en facturation mensuelle), cette restriction est censée réduire le volume d’images problématiques générées par Grok et diffusées sur X. En revanche, elle ne s’accompagne, pour l’instant, d’aucune modification identifiée de la politique de modération du modèle.

Vendredi 9 janvier matin, Grok répond à une demande de transformation d’une photo de femme en version dénudée que la génération et l’édition d’images est « pour l’instant » limitée aux abonnés payants

La soi-disant restriction se révèle cependant moins stricte qu’il n’y paraissait au premier abord, comme l’a fait remarquer The Verge : en réalité, la génération d’image est bloquée pour les comptes gratuits lorsque l’internaute demande à Grok d’intervenir dans le déroulé d’une conversation.

Elle reste cependant accessible aux comptes gratuits par d’autres canaux : il suffit par exemple de cliquer sur une photo affichée dans le flux à partir de la version desktop de X pour se voir proposer l’option de modification par Grok. À 16 heures vendredi sur un compte X non premium hébergé en France, la requête visant à dénuder le sujet de la photo restait dans ce contexte bien accessible.

La restriction aux comptes gratuits prend des airs de faux-semblants… capture Next

9 janvier – 107 millions de dollars de CA et 1,46 milliards de pertes pour xAI au 3e trimestre

L’entreprise d’IA pilotée par Elon Musk peut s’enorgueillir d’avoir bouclé début janvier une importante levée de fonds de 20 milliards de dollars, qui va notamment lui permettre de financer la construction d’un nouveau datacenter, Colossus III, annoncé comme l’un des plus importants calculateurs dédiés à l’IA au monde. Si xAI poursuit sa très ambitieuse trajectoire d’investissement, les actionnaires doivent pour l’instant accepter de financer une société qui brûle aujourd’hui dix fois plus de cash qu’elle n’en engrange.

D’après les chiffres dévoilés vendredi matin par Bloomberg, xAI aurait en effet enregistré 107 millions de dollars de chiffre d’affaires sur le troisième trimestre 2025, clos au 30 septembre dernier. Elle aurait dans le même temps déclaré une perte nette de 1,46 milliard de dollars. En cumulé, le déficit se monterait à 7,8 milliards de dollars depuis le début 2025.

8 janvier – la Belgique et le Royaume-Uni menacent de suspendre X

En Belgique, la ministre fédérale en charge du Numérique Vanessa Matz a déclaré jeudi 8 janvier qu’elle analysait les différents leviers possibles pour suspendre l’accès à Grok et donc potentiellement à X, tant que le réseau social d’Elon Musk ne respectait pas ses obligations. La récente loi belge contre le revenge porn donnerait un levier actionnable pour une telle éviction, a-t-elle estimé.

« Ces atteintes graves à la dignité humaine relèvent d’un choix assumé de la plateforme, a déclaré la ministre, citée par le Soir. Elon Musk orchestre un coup de communication et de marketing fondé sur un usage profondément immoral de son intelligence artificielle, allant jusqu’à tourner ces violences en dérision, comme en témoigne la publication d’une photo de lui-même en bikini pour illustrer son prétendu intérêt pour la question ».

Même son de cloche outre-Manche, où c’est le Premier ministre Keir Starmer qui est monté au créneau jeudi, affirmant qu’il avait demandé à l’Ofcom (l’Arcom locale) d’étudier toutes les options possibles pour mettre un terme aux dérives permises par X et Grok : « C’est scandaleux. C’est révoltant et intolérable. X doit se ressaisir et retirer ce contenu. Nous prendrons des mesures car c’est tout simplement intolérable ». Le très controversé Online Safety Act donne en théorie au gouvernement britannique des moyens d’action.

8 janvier – un mode spicy voulu par Elon Musk ?

Quelle est la responsabilité directe d’Elon Musk dans la souplesse de xAI vis-à-vis de son modèle ? Et le développement de ces deepfakes à connotation sexuelle pourrait-il être intentionnel ? C’est la question posée jeudi par CNN. Le média souligne qu’en août dernier, Musk rappelait, clin d’œil à l’appui, que c’est la diffusion de contenus osés qui avait favorisé la victoire du VHS sur le format concurrent Betamax, à l’époque des cassettes vidéo.

Et d’après CNN, l’entrepreneur se serait ému à plusieurs reprises, en interne chez xAI, des restrictions imposées à Grok. Ses envies décomplexées ont-elles contribué au départ, signalé mi-novembre par The Information, d’une bonne partie des équipes en charge de la confiance et de la sécurité chez xAI ? À défaut d’être confirmée, l’hypothèse est soulevée par plusieurs commentateurs.

8 janvier – une victime de la police de l’immigration dénudée par Grok

Un cran supplémentaire dans l’abject ? Jeudi, plusieurs internautes se sont émus d’un nouveau montage permis par Grok et diffusé sur X : une version déshabillée de Renee Nicole Good, tuée la veille en plein jour et en pleine rue, à Minneapolis, par l’ICE, la police états-unienne de l’immigration.

Non content de livrer l’image demandée, l’IA générative accompagne les remerciements d’un message sarcastique (par ailleurs récurrent) sur les dysfonctionnements de garde-robe qu’elle corrige.

« Qu’est-ce qui a bien pu se passer chez l’équipe de @xAI ? Pour que leur produit permette à Grok de créer ce genre de contenu ? », s’émeut un internaute relayant la séquence en question.

Alors que des manifestations enflent à Minneapolis en raison d’un tir mortel attribué à l’ICE, Grok déshabille la victime sur X

8 janvier – L’Europe impose à X une mesure conservatoire

La Commission européenne a annoncé jeudi avoir pris une « ordonnance de conservation » qui impose à X « de conserver tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu’à la fin 2026 », d’après un porte-parole cité par l’AFP.

Cette mesure juridique vise à garantir à l’exécutif européen la capacité à remonter les archives de X, soit dans le cadre des enquêtes déjà ouvertes à l’encontre du réseau social de xAI et d’Elon Musk, soit pour alimenter de nouvelles procédures.

L’Europe a pour mémoire infligé début décembre 2025 une amende de 120 millions d’euros à X pour non respect des engagements liés au DSA (sans lien avec l’épisode Grok du moment). X avait réagi en fermant le compte publicitaire de la Commission européenne.

7 janvier – Grok génèrerait 6 700 images à caractère sexuel par heure

Menée pendant 24 heures par une chercheuse indépendante et relayée par Bloomberg, une étude exhaustive des images produites par Grok entre les 5 et 6 janvier conclut que l’IA d’Elon Musk a généré, en moyenne et sur demande d’internautes, 6 700 images par heure relevant d’une démarche de sexualisation ou de nudité de la personne ciblée.

7 janvier : xAI lève 20 milliards de dollars

6 janvier – « the deepfake porn site formerly known as Twitter »

Mardi, le Financial Times est sorti de sa réserve habituelle, avec un papier au vitriol passant en revue l’état-major de X, illustré à l’aide de visuels modifiés par Grok. Directeur financier, investisseur historique, responsable de la conformité… tous se voient affublés de costumes de clown. La galerie de portraits est surmontée par un titre au vitriol : « Qui est qui chez X, le site de porno deepfake anciennement connu sous le nom de Twitter ? ». En ces temps troublés, on apprécie de voir que l’humour britannique n’a rien perdu de sa superbe.

6 janvier : Des victimes de l’incendie de Crans-Montana dénudées

Grok a répondu favorablement à des requêtes lui demandant de dénuder des victimes mineures du terrible incendie de Crans-Montana, qui a endeuillé la nuit du Nouvel-An : tel est le constat glaçant dressé notamment par l’édition suisse de 20 minutes. « En Suisse, la loi ne mentionne pas les deepfakes, mais leurs créateurs peuvent être poursuivis pour atteinte à la sphère intime, atteinte à la personnalité ou encore atteinte à l’honneur », remarque le quotidien gratuit.

Trois jours plus tôt, Elon Musk avait affirmé, sur X, que quiconque utilisait Grok pour produire des contenus illicites subirait les mêmes conséquences que s’il uploadait du contenu illicite, souligne Futurism dans sa propre chronologie de l’affaire.

5 janvier : l’Ofcom britannique et l’Europe tirent la sonnette d’alarme

Lundi 5 janvier, c’est sur X que l’Office of communications (Ofcom), l’autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni, a choisi de réagir à la polémique. « Nous avons contacté en urgence X et xAI afin de comprendre les mesures qu’ils ont prises pour se conformer à leurs obligations légales en matière de protection des utilisateurs au Royaume-Uni. En fonction de leur réponse, nous procéderons rapidement à une évaluation afin de déterminer s’il existe des problèmes de conformité potentiels justifiant une enquête ».

La Commission européenne a de son côté abordé le sujet lors d’une séance de questions-réponses avec la presse animée par l’un de ses porte-paroles, Thomas Regnier. Ce dernier a affirmé que Bruxelles regardait le sujet avec beaucoup d’attention, et a condamné sans ambages la permissivité de Grok. « C’est illégal. C’est scandaleux. C’est révoltant. Voilà comment nous le voyons, et cela n’a pas sa place en Europe », a-t-il déclaré, sans préciser à ce stade quelles mesures de rétorsion pourraient être envisagées.

5 janvier : la France étend son enquête sur X

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☕️ Chrome et Firefox reçoivent des mises à jour de sécurité

Chrome et Firefox ont tous deux fait l’objet cette semaine de mises à jour de sécurité. Du côté de la fondation Mozilla, Firefox passe en version 147.0.4, pour corriger une vulnérabilité susceptible d’entraîner un dépassement de tampon, publiée lundi 16 février.

Considérée comme de sévérité haute, elle a été observée au niveau de libvpx, la bibliothèque de codecs vidéo gratuite de Google et de l’Alliance for Open Media. Outre Firefox 147, dernière version en date, le correctif concerne également les versions ESR 140.7.1, et ESR 115.32.1 de Firefox, ainsi que le client de messagerie Thunderbird, qui passe pour sa part en versions 147.0.2 et 140.7.2.

Mozilla profite également de cette version 147.0.4 pour corriger un bug susceptible d’afficher une page vide lors de l’ouverture du navigateur ou d’un nouvel onglet.

Notes de version succinctes pour Firefox 147.0.4

Côté Chrome, la dernière version en date a déjà dû faire son arrivée chez la plupart des utilisateurs puisque Google a annoncé le début du déploiement le 13 février dernier. Estampillé 145.0.7632.75/76 sur Windows/Mac ou 144.0.7559.75 sous Linux, le correctif intervient pour combler une vulnérabilité (CVE-2026-2441) découverte deux jours plus tôt. Elle aussi associée à une sévérité haute, elle présente surtout l’inconvénient d’être déjà exploitée, indique Google.

Vivaldi est également intervenu rapidement pour corriger la faille, avec une version 7.8, diffusée le 13 février dernier, qui en profite pour résoudre plusieurs petits bugs mineurs.

Sous Firefox comme sous Chrome, il est possible de vérifier la version du logiciel dont vous disposez et de demander la recherche de mises à jour en vous rendant dans le menu Aide, onglet À propos.

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☕️ Rétrogaming : RecalBox 10 s’ouvre aux Steam Deck et inaugure une nouvelle interface

La distribution open source dédiée au rétrogaming RecalBox passe en version 10 avec, entre autres nouveautés, une compatibilité matérielle étendue aux dernières machines du moment. L’équipe annonce ainsi la prise en charge des derniers Raspberry Pi 5 (2 Go) et Raspberry Pi 500, des Steam Deck de Valve (LCD ou OLED), le support expérimental des Asus ROG Ally et Lenovo Legion Go, ainsi qu’une meilleure compatibilité globale avec les PC récents.

La prise en charge s’étend aussi au niveau des composants et accessoires plus spécifiques au rétrogaming, avec support des boitiers Retroflag et Argon One v3, des spinners basés sur Arduino, et prise en charge expérimentale des pistolets GunCon 2 pour TV CRT. L’équipe garantit par ailleurs, logiquement, la prise en charge de ses propres accessoires comme le RGB Dual 2 qui avait recueilli 140 000 euros de précommandes sur Kickstarter fin 2025.

RecalBox 10 inaugure de nouveaux thèmes graphiques

Sur le volet logiciel, RecalBox 10 signe le début de l’émulation des consoles de sixième génération. Sur PC et Steam Deck, la Xbox originale est prise en charge, tandis que sur Pi 5 l’environnement donne accès aux jeux Nintendo DS, GameCube et Wii.

Cette nouvelle version promet enfin une amélioration générale des performances et de l’interface avec, entre autres, un nouveau gestionnaire de thèmes et, surtout, une nouvelle fonctionnalité dédiée à la navigation et à l’organisation des bibliothèques de jeux. RecalBox 10 est dès à présent disponible au téléchargement.

Cette frise résume les grandes étapes du projet RecalBox depuis ses débuts en 2015
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☕️ Apple annoncera ses nouveautés le 4 mars prochain

Apple a envoyé lundi les invitations pour un special event qui se tiendra le 4 mars prochain. Contrairement aux dernières grand-messes qui se tenaient à son siège de Cupertino, la marque joue cette fois la carte d’une présence simultanée sur trois continents, avec un événement principal organisé à New-York et des retransmissions dédiées à la presse prévues à Londres et Shanghai.

L’invitation ne dit pas grand chose de la nature exacte des nouveautés attendues, indiquant un laconique « You’re invited », surmonté d’un logo comme découpé en tranches. On note toutefois que le 4 mars tombe un mercredi (alors qu’Apple procède traditionnellement à ses annonces le mardi). La date correspond par ailleurs à la tenue du Mobile World Congress, le grand salon de la mobilité de Barcelone (programmé cette année du 2 au 5 mars).

Les rumeurs prêtent à Apple plusieurs annonces potentielles, au premier rang desquelles un MacBook d’entrée de gamme qui pourrait emprunter à l’iPhone sa puce A18 Pro. Le fabricant pourrait aussi présenter les machines inaugurant sa nouvelle puce M5, de nouveaux écrans externes, et la déclinaison d’entrée de gamme de son téléphone avec l’iPhone 17e.

Apple annoncera ses nouveautés le 4 mars prochain – crédit The Verge

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☕️ La plateforme Choisir le service public confirme un « incident de cybersécurité »

La plateforme Choisir le service public, dédiée au recrutement dans la fonction publique, a communiqué lundi par email au sujet d’un incident de cybersécurité ayant conduit à l’exposition des données personnelles des internautes inscrits.

« Le mercredi 4 février 2026, un incident de cybersécurité a été détecté sur la plateforme « Choisir le Service Public ». Cette violation de sécurité a entraîné une divulgation non autorisée de données personnelles appartenant à l’ensemble des utilisateurs inscrits sur la plateforme. », indique-t-elle dans ce message consulté par Next.

La plateforme ne détaille pas le nombre d’utilisateurs concernés. Elle précise en revanche le détail des informations compromises : outre les données d’identification personnelle, on y retrouve les principaux éléments renseignés par l’internaute au sujet de ses aspirations professionnelles et de son parcours.

Parmi ces différents champs figurent par exemple le type de poste recherché, les préférences géographiques pour le futur poste, les langues maîtrisées « avec indication du niveau de compétence pour chacune », etc. Des informations de nature personnelle, voire parfois confidentielle, qui ne constituent pas une menace immédiate en tant que telle, mais qui sont susceptibles d’étayer une démarche d’ingénierie sociale.

Extrait de l’email adressé par la plateforme à un nombre non précisé d’usagers le 16 février – capture d’écran Next

« Nous n’avons pas connaissance, à ce jour, d’une exploitation avérée de vos données, mais nous vous recommandons d’être particulièrement vigilant concernant une éventuelle utilisation anormale de ces données personnelles », veut rassurer la plateforme, qui précise qu’aucun mot de passe n’a été compromis.

Cette communication intervient deux semaines après la publication, le 3 février au soir sur un forum spécialisé, d’une annonce relative à la mise en vente d’un fichier de 377 000 lignes émanant, selon son auteur, de la plateforme Choisir le service public.

Et la plateforme confirme le lien dans une FAQ :

« La plateforme « Choisir le Service Public » a fait l’objet d’une attaque le 28 janvier 2026 par utilisation frauduleuse d’un compte gestionnaire. Cet accès non autorisé a permis à une ou plusieurs personnes d’avoir accès au vivier des candidats de la plateforme. Les données personnelles de 377 418 candidats ont été mises en ligne sur le dark web pour procéder à leur vente et, à notre connaissance, un jeu de données de 1000 candidats a été mis en accès libre sur internet. »

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Palantir attaque le média Republik qui a dévoilé un rapport de l’armée suisse sur elle

« Complotisme à la limite du tolérable »
Palantir attaque le média Republik qui a dévoilé un rapport de l’armée suisse sur elle

Objet d’une enquête du média suisse Republik, Palantir attaque ce site en justice pour obtenir un droit de réponse.

Alors que la DGSI renouvelait encore, en fin d’année dernière, son contrat avec Palantir, l’entreprise fondée par Peter Thiel était l’objet d’une enquête du magazine suisse Republik et du collectif d’investigation WAV. L’entreprise attaque maintenant nos confrères suisses, réclamant un droit de réponse, explique Republik. La cour du canton de Zurich a confirmé avoir reçu une demande de droit de réponse à ce sujet auprès de nos confrères de Heise.

L’entreprise a des bureaux dans le pays, à Zurich, qu’elle utilise notamment pour ses relations commerciales, comme l’explique le média Swiss Info. Republik et WAV ont donc enquêté sur d’éventuels liens entre les autorités suisses et Palantir, notamment en déposant 59 demandes d’accès à des documents des autorités fédérales suisses.

Un rapport qui s’inquiétait du potentiel transfert de données au gouvernement américain

Et ils ont découvert que, malgré 7 ans passés à essayer de convaincre les autorités suisses, Palantir n’y était pas arrivé (9 refus immédiats et un refus après évaluation par Armasuisse, l’Office fédéral de l’armement). Cette enquête révélait aussi un rapport interne à l’armée suisse de 2024 [PDF] qui fermait de nouveau la porte à Palantir.

La qualité des produits de l’entreprise n’était pas en jeu, comme le relevait le Temps qui a relayé l’enquête, puisque le rapport qualifiait ses performances d’« impressionnantes ». Mais le risque de transfert de données au gouvernement américain était trop élevé, selon les auteurs du rapport qui soulignaient aussi les potentielles conséquences négatives dues à la réputation de l’entreprise.

Republik explique dans son article de lundi que l’entreprise lui a adressé des demandes de rectification entre Noël et le Nouvel An, mais le média suisse les « a jugées infondées » et n’y « a donc pas pu donner suite ». Le média explique, pour son enquête, s’être basé sur l’analyse des documents mais aussi avoir discuté avec différentes sources et des cadres de Palantir au siège de Zurich (dont les citations ont été relues et approuvées).

Sur LinkedIn, la journaliste Marguerite Meyer, coautrice de l’enquête, explique que son équipe a rejeté la demande de modifications de Palantir « sur la base d’un travail minutieux ». « Cette demande a été suivie d’une deuxième demande, que nous avons également rejetée », ajoute-t-elle.

Un droit de réponse pour donner une version des faits

De son côté, Palantir a pu librement critiquer l’enquête. Dès le 12 décembre, le responsable « Confidentialité et libertés civiles » de Palantir, Courtney Bowman, affirmait sur LinkedIn que les articles de Republik étaient « empreints de distorsion, d’insinuations et de complotisme à la limite du tolérable » sans pour autant étayer ses accusations. Concernant le rapport de l’état-major suisse, il affirme qu’il « soulève des questions légitimes, mais malheureusement, ses auteurs semblent s’appuyer exclusivement sur un ensemble limité de sources issues de moteurs de recherche ».

« Palantir respecte pleinement la liberté de la presse et le rôle essentiel des médias indépendants dans le débat public », affirme de son côté l’entreprise à Heise. Le droit de réponse est un « instrument de correction destiné à fournir au public des informations équilibrées », selon elle.

En Suisse, « le droit de réponse ne porte pas sur la véracité ou la fausseté d’une information », explique le corédacteur en chef de Republik, Daniel Binswanger, à Heise. « Il s’agit de savoir si une autre version des faits pourrait également être possible ».

Selon Republik, le jugement du tribunal de commerce de Zurich doit être rendu dans quelques semaines.

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