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La NASA bloque son budget consacré au GIEC et la participation de sa scientifique en chef

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La NASA bloque son budget consacré au GIEC et la participation de sa scientifique en chef

Le GIEC organise sa 62ᵉ conférence cette semaine à Hangzhou, en Chine. Mais c’est la première fois qu’il se réunit sans les États-Unis. La NASA a bloqué le budget qu’elle avait prévu de consacrer à sa participation. Elle a même empêché Katherine Calvin, sa scientifique en chef, de faire le voyage.

Alors que les États-Unis ont jusque-là été très investis dans les discussions du GIEC, la 62ᵉ édition de la conférence, organisée un mois après l’investiture de Donald Trump, les voit se retirer à la hâte. La décision suit leur retrait du pacte mondial de lutte contre le réchauffement climatique, signé à Paris en 2015.

L’information a été révélée par Axios jeudi dernier, quelques jours avant le début de la conférence. Le média expliquait que la délégation du département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) avait vu ses missions de voyage refusées.

Mais les États-Unis n’ont pas seulement décidé de bloquer leur délégation politique. En effet, CNN explique que Kate Calvin, scientifique en chef de la NASA et conseillère principale de l’agence en matière de climat, a aussi eu interdiction de faire le voyage pour intervenir à la conférence. Elle est pourtant co-responsable du groupe de travail III du GIEC, qui se concentre sur l’atténuation du changement climatique. Il évalue les méthodes de réduction et de suppression des émissions de gaz à effet de serre.

L’agence scientifique américaine a confirmé à CNN que Kate Calvin n’a pas fait le voyage, mais n’a pas voulu répondre aux questions de Science.

Fin de contrat pour l’équipe technique du groupe de travail III

Le Washington Post explique que la NASA a aussi mis fin au contrat de l’équipe qui coordonnait avec Kate Calvin ce groupe de travail. Le GIEC perd donc toute l’organisation mise au point pour rédiger l’une des trois parties de son prochain rapport, qui doit être publié en 2029. Le journal précise que le personnel de cette équipe est toujours salarié de la NASA, mais il leur est interdit d’effectuer tout travail en rapport avec le GIEC.

Science précise que le gouvernement Joe Biden avait engagé 1,5 million de dollars pour cette équipe, mais que c’est bien la NASA qui a décidé, par elle même, de mettre fin à ce contrat.

Lors du premier mandat de Donald Trump, il n’y avait pas d’interférence avec les travaux du GIEC, explique Angel Hsu, climatologue de l’Université de Californie du Nord à la revue scientifique. Celle-ci explique avoir peur de ne pas pouvoir aller à des conférences du GIEC même si, pour l’instant, les financements pour les voyages des chercheurs américains n’ont pas été annulés.

Grande préoccupation de la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte

Sur Bluesky, Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et coprésidente du groupe I du GIEC de 2015 à 2023, exprime sa grande préoccupation : « La session plénière actuelle (GIEC 62) est très importante pour le rapport d’évaluation 7 (RE7), car des décisions importantes sont attendues concernant les grandes lignes de plusieurs rapports du RE7, les réunions d’experts et les ateliers, ainsi que le calendrier général du RE7 ».

Elle remarque aussi que la dernière session plénière n’a pas pu se mettre d’accord sur le calendrier du RE7. Elle ajoute que sans une unité de soutien technique compétente, il est absolument impossible de préparer et de fournir un rapport de groupe de travail.

Enfin, elle souligne que « l’obscurantisme atteint aujourd’hui une nouvelle dimension au plus haut niveau politique aux États-Unis, avec la censure du contenu des sites web publics et du matériel éducatif, du financement public de la recherche scientifique ».

Remise en question d’un texte fondamental pour la justice environnementale aux États-Unis

D’autant qu’une nouvelle marche a encore été franchie : en tant que nouvel administrateur de l’Agence de la protection de l’environnement EPA (nommé par Donald Trump), Lee Zeldin a demandé à la Maison-Blanche d’abroger le « constat de mise en danger » [PDF] établi par son agence en 2009, explique le Washington Post.

À l’époque, l’EPA répondait à une demande de la Cour suprême des États-Unis qui lui avait demandé de déterminer si les émissions de gaz à effet de serre des nouveaux véhicules « causent ou contribuent à la pollution de l’air dont on peut raisonnablement penser qu’elle met en danger la santé publique ou le bien-être, ou si la science est trop incertaine pour prendre une décision raisonnée ». C’est sur ce constat que Barack Obama et Joe Biden se sont appuyés pour imposer des limites d’émissions pour les voitures, mais aussi pour les centrales électriques.

La NASA bloque son budget consacré au GIEC et la participation de sa scientifique en chef

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La NASA bloque son budget consacré au GIEC et la participation de sa scientifique en chef

Le GIEC organise sa 62ᵉ conférence cette semaine à Hangzhou, en Chine. Mais c’est la première fois qu’il se réunit sans les États-Unis. La NASA a bloqué le budget qu’elle avait prévu de consacrer à sa participation. Elle a même empêché Katherine Calvin, sa scientifique en chef, de faire le voyage.

Alors que les États-Unis ont jusque-là été très investis dans les discussions du GIEC, la 62ᵉ édition de la conférence, organisée un mois après l’investiture de Donald Trump, les voit se retirer à la hâte. La décision suit leur retrait du pacte mondial de lutte contre le réchauffement climatique, signé à Paris en 2015.

L’information a été révélée par Axios jeudi dernier, quelques jours avant le début de la conférence. Le média expliquait que la délégation du département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) avait vu ses missions de voyage refusées.

Mais les États-Unis n’ont pas seulement décidé de bloquer leur délégation politique. En effet, CNN explique que Kate Calvin, scientifique en chef de la NASA et conseillère principale de l’agence en matière de climat, a aussi eu interdiction de faire le voyage pour intervenir à la conférence. Elle est pourtant co-responsable du groupe de travail III du GIEC, qui se concentre sur l’atténuation du changement climatique. Il évalue les méthodes de réduction et de suppression des émissions de gaz à effet de serre.

L’agence scientifique américaine a confirmé à CNN que Kate Calvin n’a pas fait le voyage, mais n’a pas voulu répondre aux questions de Science.

Fin de contrat pour l’équipe technique du groupe de travail III

Le Washington Post explique que la NASA a aussi mis fin au contrat de l’équipe qui coordonnait avec Kate Calvin ce groupe de travail. Le GIEC perd donc toute l’organisation mise au point pour rédiger l’une des trois parties de son prochain rapport, qui doit être publié en 2029. Le journal précise que le personnel de cette équipe est toujours salarié de la NASA, mais il leur est interdit d’effectuer tout travail en rapport avec le GIEC.

Science précise que le gouvernement Joe Biden avait engagé 1,5 million de dollars pour cette équipe, mais que c’est bien la NASA qui a décidé, par elle-même, de mettre fin à ce contrat.

Lors du premier mandat de Donald Trump, il n’y avait pas d’interférence avec les travaux du GIEC, explique Angel Hsu, climatologue de l’Université de Californie du Nord à la revue scientifique. Celle-ci explique avoir peur de ne pas pouvoir aller à des conférences du GIEC même si, pour l’instant, les financements pour les voyages des chercheurs américains n’ont pas été annulés.

Grande préoccupation de la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte

Sur Bluesky, Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et coprésidente du groupe I du GIEC de 2015 à 2023, exprime sa grande préoccupation : « La session plénière actuelle (GIEC 62) est très importante pour le rapport d’évaluation 7 (RE7), car des décisions importantes sont attendues concernant les grandes lignes de plusieurs rapports du RE7, les réunions d’experts et les ateliers, ainsi que le calendrier général du RE7 ».

Elle remarque aussi que la dernière session plénière n’a pas pu se mettre d’accord sur le calendrier du RE7. Elle ajoute que sans une unité de soutien technique compétente, il est absolument impossible de préparer et de fournir un rapport de groupe de travail.

Enfin, elle souligne que « l’obscurantisme atteint aujourd’hui une nouvelle dimension au plus haut niveau politique aux États-Unis, avec la censure du contenu des sites web publics et du matériel éducatif, du financement public de la recherche scientifique ».

Remise en question d’un texte fondamental pour la justice environnementale aux États-Unis

D’autant qu’une nouvelle marche a encore été franchie : en tant que nouvel administrateur de l’Agence de la protection de l’environnement EPA (nommé par Donald Trump), Lee Zeldin a demandé à la Maison-Blanche d’abroger le « constat de mise en danger » [PDF] établi par son agence en 2009, explique le Washington Post.

À l’époque, l’EPA répondait à une demande de la Cour suprême des États-Unis qui lui avait demandé de déterminer si les émissions de gaz à effet de serre des nouveaux véhicules « causent ou contribuent à la pollution de l’air dont on peut raisonnablement penser qu’elle met en danger la santé publique ou le bien-être, ou si la science est trop incertaine pour prendre une décision raisonnée ». C’est sur ce constat que Barack Obama et Joe Biden se sont appuyés pour imposer des limites d’émissions pour les voitures, mais aussi pour les centrales électriques.

☕️ La dictée vocale de l’iPhone transcrit le mot « Racist » en « Trump »

Comme l’ont remarqué certains utilisateurs en le partageant sur TikTok, le système de dictée vocale d’Apple faisait, mardi, apparaitre de façon temporaire le nom de famille du président américain « Trump » lorsque qu’on prononçait le mot « Racist ».

Le New York Times explique avoir vérifié et reproduit plusieurs fois le bug. Selon la communication d’Apple interrogée par le journal américain, le problème viendrait d’« un chevauchement phonétique entre les deux mots ». L’entreprise expliquait que le bug était en cours de correction.

Selon John Burkey, ancien de l’équipe de Siri et fondateur de Wonderrush.ai interrogé par nos confrères, « le problème semble avoir commencé après une mise à jour des serveurs d’Apple ». Il ajoute : « Cela sent la blague à plein nez. La seule question qui se pose est la suivante : quelqu’un a-t-il glissé cela dans les données ou dans le code ? ».

☕️ La dictée vocale de l’iPhone transcrit le mot « Racist » en « Trump »

Comme l’ont remarqué certains utilisateurs en le partageant sur TikTok, le système de dictée vocale d’Apple faisait, mardi, apparaitre de façon temporaire le nom de famille du président américain « Trump » lorsque qu’on prononçait le mot « Racist ».

Le New York Times explique avoir vérifié et reproduit plusieurs fois le bug. Selon la communication d’Apple interrogée par le journal américain, le problème viendrait d’« un chevauchement phonétique entre les deux mots ». L’entreprise expliquait que le bug était en cours de correction.

Selon John Burkey, ancien de l’équipe de Siri et fondateur de Wonderrush.ai interrogé par nos confrères, « le problème semble avoir commencé après une mise à jour des serveurs d’Apple ». Il ajoute : « Cela sent la blague à plein nez. La seule question qui se pose est la suivante : quelqu’un a-t-il glissé cela dans les données ou dans le code ? ».

Android Auto : Google a bien abusé de sa position dominante en Italie selon la CJUE

Quand Android Auto refusait les applis destinées aux voitures électriques
Android Auto : Google a bien abusé de sa position dominante en Italie selon la CJUE

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) estime que Google a abusé de sa position dominante en Italie en refusant d’assurer l’interopérabilité d’Android Auto avec l’application JuicePass. Cette décision de l’institution européenne confirme les conclusions de l’Autorité de la concurrence italienne, qui avait infligé une amende de 100 millions d’euros à Google.

Sauf rebondissement au Conseil d’État italien, Google devra bien payer une amende de 100 millions d’euros pour avoir abusé de sa position dominante en refusant d’assurer l’interopérabilité d’Android Auto avec l’application JuicePass.

Une application de recherche de bornes électriques refusée par Android Auto

En mai 2018, l’entreprise publique italienne d’électricité Enel a lancé l’application JuicePass. Celle-ci, disponible sur le magasin d’Application Google Play (maintenant sous le nom d’Enel X Way), permettait aux utilisateurs de véhicules électriques, comme l’explique dans son arrêt la CJUE, « de rechercher et de réserver des bornes de recharge sur une carte, de transférer la recherche sur l’application Google Maps pour permettre la navigation vers la borne de recharge sélectionnée, et de lancer, d’interrompre et de surveiller la session de recharge ainsi que le paiement correspondant ».

La CJUE précise qu’Enel « gère plus de 60 % des bornes de recharge disponibles pour les véhicules automobiles électriques en Italie, et fournit des services pour une telle recharge ». On comprend ici l’intérêt d’Enel de développer une telle application. Et aussi qu’elle soit utilisable sur toutes les voitures électriques fonctionnant avec Android Auto.

L’entreprise a, pendant plusieurs mois fin 2018 et début 2019, « demandé à Google d’entreprendre les actions nécessaires pour assurer l’interopérabilité de JuicePass avec Android Auto, ce que Google a refusé », explique toujours la CJUE. D’abord au motif que « les applications de multimédias et de messagerie seraient les seules applications d’entreprises tierces interopérables avec Android Auto » puis « pour des motifs de sécurité et en raison de la nécessité d’allouer rationnellement les ressources nécessaires pour la création d’un nouveau modèle ».

100 millions d’euros infligés par l’Autorité de la concurrence italienne mais contestation de Google

Enel a donc saisi l’Autorité de la concurrence italienne (Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato, AGCOM) en février 2019. Plus de deux ans après, celle-ci a infligé une amende de plus de 100 millions d’euros à Alphabet Inc., Google LLC et Google Italy pour violation de l’article 102 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Elle expliquait que « Google a favorisé sa propre application Google Maps, qui fonctionne sur Android Auto et offre des services fonctionnels pour la recharge des véhicules électriques, actuellement limités à la recherche et à l’obtention d’itinéraires pour atteindre les points de recharge, mais qui pourraient à l’avenir inclure d’autres fonctionnalités telles que la réservation et le paiement ».

La CJUE confirme l’interprétation

Google a contesté cette décision devant le Conseil d’État italien, qui a saisi la CJUE pour connaître son interprétation de l’article 102. Dans son arrêt, la CJUE confirme l’interprétation de l’AGCOM. Dans son communiqué de presse [PDF], elle explique estimer que « le refus d’une entreprise en position dominante, qui a développé une plateforme numérique, d’assurer l’interopérabilité de cette plateforme avec une application développée par une entreprise tierce peut constituer un abus de position dominante ».

Elle ajoute que cet abus n’est pas « limité à l’hypothèse dans laquelle la plateforme est indispensable à l’exercice de l’activité du demandeur d’accès ». En clair, ce n’est pas parce que Google a laissé à Enel la possibilité de distribuer son application via Google Play sur les smartphones Android, que son refus de permettre l’interopérabilité avec Android Auto est valable.

Un refus possible pour la sécurité, mais avec obligation de proposer un modèle adapté dans un délai raisonnable

La CJUE précise tout de même, toujours dans son communiqué, qu’un « refus peut être justifié par l’inexistence d’un modèle pour la catégorie des applications concernées lorsque l’octroi de l’interopérabilité compromettrait la sécurité ou l’intégrité de la plateforme » mais, dans ce cas, elle « doit développer un tel modèle dans un délai raisonnable, moyennant, le cas échéant, une contrepartie financière appropriée ».

Suite à cet arrêt de la CJUE, le Conseil d’État italien devrait donner raison à l’AGCOM et confirmer l’amende.

« Bien que nous ayons maintenant lancé la fonctionnalité demandée par Enel, elle ne concernait que 0,04 % des voitures en Italie lorsque Enel l’a initialement demandée », a affirmé Google à nos confrères d’Euractiv.

Android Auto : Google a bien abusé de sa position dominante en Italie selon la CJUE

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Sauf rebondissement au Conseil d’État italien, Google devra bien payer une amende de 100 millions d’euros pour avoir abusé de sa position dominante en refusant d’assurer l’interopérabilité d’Android Auto avec l’application JuicePass.

Une application de recherche de bornes électriques refusée par Android Auto

En mai 2018, l’entreprise publique italienne d’électricité Enel a lancé l’application JuicePass. Celle-ci, disponible sur le magasin d’Application Google Play (maintenant sous le nom d’Enel X Way), permettait aux utilisateurs de véhicules électriques, comme l’explique dans son arrêt la CJUE, « de rechercher et de réserver des bornes de recharge sur une carte, de transférer la recherche sur l’application Google Maps pour permettre la navigation vers la borne de recharge sélectionnée, et de lancer, d’interrompre et de surveiller la session de recharge ainsi que le paiement correspondant ».

La CJUE précise qu’Enel « gère plus de 60 % des bornes de recharge disponibles pour les véhicules automobiles électriques en Italie, et fournit des services pour une telle recharge ». On comprend ici l’intérêt d’Enel de développer une telle application. Et aussi qu’elle soit utilisable sur toutes les voitures électriques fonctionnant avec Android Auto.

L’entreprise a, pendant plusieurs mois fin 2018 et début 2019, « demandé à Google d’entreprendre les actions nécessaires pour assurer l’interopérabilité de JuicePass avec Android Auto, ce que Google a refusé », explique toujours la CJUE. D’abord au motif que « les applications de multimédias et de messagerie seraient les seules applications d’entreprises tierces interopérables avec Android Auto » puis « pour des motifs de sécurité et en raison de la nécessité d’allouer rationnellement les ressources nécessaires pour la création d’un nouveau modèle ».

100 millions d’euros infligés par l’Autorité de la concurrence italienne mais contestation de Google

Enel a donc saisi l’Autorité de la concurrence italienne (Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato, AGCOM) en février 2019. Plus de deux ans après, celle-ci a infligé une amende de plus de 100 millions d’euros à Alphabet Inc., Google LLC et Google Italy pour violation de l’article 102 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Elle expliquait que « Google a favorisé sa propre application Google Maps, qui fonctionne sur Android Auto et offre des services fonctionnels pour la recharge des véhicules électriques, actuellement limités à la recherche et à l’obtention d’itinéraires pour atteindre les points de recharge, mais qui pourraient à l’avenir inclure d’autres fonctionnalités telles que la réservation et le paiement ».

La CJUE confirme l’interprétation

Google a contesté cette décision devant le Conseil d’État italien, qui a saisi la CJUE pour connaître son interprétation de l’article 102. Dans son arrêt, la CJUE confirme l’interprétation de l’AGCOM. Dans son communiqué de presse [PDF], elle explique estimer que « le refus d’une entreprise en position dominante, qui a développé une plateforme numérique, d’assurer l’interopérabilité de cette plateforme avec une application développée par une entreprise tierce peut constituer un abus de position dominante ».

Elle ajoute que cet abus n’est pas « limité à l’hypothèse dans laquelle la plateforme est indispensable à l’exercice de l’activité du demandeur d’accès ». En clair, ce n’est pas parce que Google a laissé à Enel la possibilité de distribuer son application via Google Play sur les smartphones Android, que son refus de permettre l’interopérabilité avec Android Auto est valable.

Un refus possible pour la sécurité, mais avec obligation de proposer un modèle adapté dans un délai raisonnable

La CJUE précise tout de même, toujours dans son communiqué, qu’un « refus peut être justifié par l’inexistence d’un modèle pour la catégorie des applications concernées lorsque l’octroi de l’interopérabilité compromettrait la sécurité ou l’intégrité de la plateforme » mais, dans ce cas, elle « doit développer un tel modèle dans un délai raisonnable, moyennant, le cas échéant, une contrepartie financière appropriée ».

Suite à cet arrêt de la CJUE, le Conseil d’État italien devrait donner raison à l’AGCOM et confirmer l’amende.

« Bien que nous ayons maintenant lancé la fonctionnalité demandée par Enel, elle ne concernait que 0,04 % des voitures en Italie lorsque Enel l’a initialement demandée », a affirmé Google à nos confrères d’Euractiv.

Streaming sportif : les VPN s’insurgent contre les demandes de blocage de Canal+

Virtual not so private network
Streaming sportif : les VPN s’insurgent contre les demandes de blocage de Canal+

Après avoir visé les fournisseurs de DNS l’année dernière, Canal+ s’est attaqué aux fournisseurs de VPN grands publics NordVPN, Proton VPN, Cyberghost, Surfshark VPN et ExpressVPN. VPN Trust Initiative, un lobby regroupant plusieurs acteurs du secteur, qualifie cette action de « tentative juridique malavisée d’étendre le blocage des sites Web aux VPN » et affirme que certains éditeurs de VPN pourraient quitter la France.

Le groupe Canal+ s’est lancé dans une bataille juridique de grande ampleur contre le streaming illégal des contenus sportifs dont il a acheté les droits. Il a déjà obtenu que la justice ordonne à Google, Cloudflare et Cisco le blocage, par leurs services DNS, de plusieurs listes de sites diffusant sans autorisation le Top 14 de rugby, la Champions League et la Premier League de football.

Des fournisseurs de VPN visés par Canal+

Nos confrères de L’Informé expliquaient récemment que Canal+ et la Ligue de football professionnel ont assigné fin 2024 devant le tribunal judiciaire de Paris les fournisseurs de VPN NordVPN, Proton VPN et Cyberghost, pour demander le blocage de l’accès à certains sites qu’ils accusent de diffuser des matchs dont ils détiennent les droits. Canal+ a, selon le média, attaqué aussi Surfshark VPN et les éditeurs d’ExpressVPN.

« Cette injonction est une porte ouverte à d’autres abus et porterait atteinte à la nature même des VPN, censés offrir une navigation privée et sécurisée, expliquait Proton à nos confrères ajoutant, empêcher les utilisateurs d’accéder à certains sites Web nécessiterait par ailleurs des changements majeurs qui porteraient atteinte à la vie privée des utilisateurs et ouvriraient la porte à des attaques plus dangereuses contre la vie privée et la liberté d’expression ».

Réaction indignée du lobby des VPN

La VPN Trust Initiative (VTI), lobby qui réunit des fournisseurs de VPN comme NordVPN ou Surfshark VPN, confirme dans un texte publié ce 24 février que ces « fournisseurs de VPN ont été officiellement convoqués à comparaître devant le tribunal français le 10 décembre dans le cadre des efforts anti-piratage de Canal ». Elle affirme s’opposer « à toute demande visant à obliger les tribunaux français à imposer aux services VPN de bloquer l’accès aux sites de streaming potentiellement contrefaits », qu’elle qualifie de « mesures radicales ».

La VTI affirme que « l’histoire a montré que les restrictions visant l’infrastructure numérique échouent à s’attaquer aux causes profondes du piratage. Malgré la pression légale croissante sur les fournisseurs d’infrastructure pour qu’ils s’attaquent aux problèmes de contenu sur leurs réseaux, les taux de piratage mondiaux continuent d’augmenter ».

Certains pourraient se retirer de France

Et elle ajoute que « se concentrer sur des outils neutres en matière de contenu comme les VPN, plutôt que de s’attaquer aux sources de contenu illégal, non seulement n’aide pas à lutter contre le piratage, mais crée et inflige des dommages collatéraux à la cybersécurité et à la vie privée, mettant ainsi les utilisateurs en danger ».

Interrogé par TorrentFreak, le représentant de VTI, Christian Dawson, menace de façon à peine voilée que des membres de son lobby quittent la France si la justice suivait les demandes de Canal+ et de Ligue de football professionnel : « Nous avons déjà vu cela sur des marchés comme l’Inde et le Pakistan, où les exigences réglementaires ont forcé certains services VPN à se retirer plutôt que de faire des compromis sur les normes de chiffrement ou les politiques de conservation des données ».

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Après avoir visé les fournisseurs de DNS l’année dernière, Canal+ s’est attaqué aux fournisseurs de VPN grands publics NordVPN, Proton VPN, Cyberghost, Surfshark VPN et ExpressVPN. VPN Trust Initiative, un lobby regroupant plusieurs acteurs du secteur, qualifie cette action de « tentative juridique malavisée d’étendre le blocage des sites Web aux VPN » et affirme que certains éditeurs de VPN pourraient quitter la France.

Le groupe Canal+ s’est lancé dans une bataille juridique de grande ampleur contre le streaming illégal des contenus sportifs dont il a acheté les droits. Il a déjà obtenu que la justice ordonne à Google, Cloudflare et Cisco le blocage, par leurs services DNS, de plusieurs listes de sites diffusant sans autorisation le Top 14 de rugby, la Champions League et la Premier League de football.

Des fournisseurs de VPN visés par Canal+

Nos confrères de L’Informé expliquaient récemment que Canal+ et la Ligue de football professionnel ont assigné fin 2024 devant le tribunal judiciaire de Paris les fournisseurs de VPN NordVPN, Proton VPN et Cyberghost, pour demander le blocage de l’accès à certains sites qu’ils accusent de diffuser des matchs dont ils détiennent les droits. Canal+ a, selon le média, attaqué aussi Surfshark VPN et les éditeurs d’ExpressVPN.

« Cette injonction est une porte ouverte à d’autres abus et porterait atteinte à la nature même des VPN, censés offrir une navigation privée et sécurisée, expliquait Proton à nos confrères ajoutant, empêcher les utilisateurs d’accéder à certains sites Web nécessiterait par ailleurs des changements majeurs qui porteraient atteinte à la vie privée des utilisateurs et ouvriraient la porte à des attaques plus dangereuses contre la vie privée et la liberté d’expression ».

Réaction indignée du lobby des VPN

La VPN Trust Initiative (VTI), lobby qui réunit des fournisseurs de VPN comme NordVPN ou Surfshark VPN, confirme dans un texte publié ce 24 février que ces « fournisseurs de VPN ont été officiellement convoqués à comparaître devant le tribunal français le 10 décembre dans le cadre des efforts anti-piratage de Canal ». Elle affirme s’opposer « à toute demande visant à obliger les tribunaux français à imposer aux services VPN de bloquer l’accès aux sites de streaming potentiellement contrefaits », qu’elle qualifie de « mesures radicales ».

La VTI affirme que « l’histoire a montré que les restrictions visant l’infrastructure numérique échouent à s’attaquer aux causes profondes du piratage. Malgré la pression légale croissante sur les fournisseurs d’infrastructure pour qu’ils s’attaquent aux problèmes de contenu sur leurs réseaux, les taux de piratage mondiaux continuent d’augmenter ».

Certains pourraient se retirer de France

Et elle ajoute que « se concentrer sur des outils neutres en matière de contenu comme les VPN, plutôt que de s’attaquer aux sources de contenu illégal, non seulement n’aide pas à lutter contre le piratage, mais crée et inflige des dommages collatéraux à la cybersécurité et à la vie privée, mettant ainsi les utilisateurs en danger ».

Interrogé par TorrentFreak, le représentant de VTI, Christian Dawson, menace de façon à peine voilée que des membres de son lobby quittent la France si la justice suivait les demandes de Canal+ et de Ligue de football professionnel : « Nous avons déjà vu cela sur des marchés comme l’Inde et le Pakistan, où les exigences réglementaires ont forcé certains services VPN à se retirer plutôt que de faire des compromis sur les normes de chiffrement ou les politiques de conservation des données ».

Sabotages en mer Baltique : un nouveau cas suspect, l’Europe annonce un plan

Seawars : the shadow fleet menace
Sabotages en mer Baltique : un nouveau cas suspect, l’Europe annonce un plan

Vendredi, la Suède a ouvert une nouvelle enquête pour sabotage sur un câble endommagé entre la Finlande et l’Allemagne en mer Baltique. En parallèle, la Commission européenne annonce mettre en place un plan d’action pour renforcer la sécurité des câbles internet, notamment dans cette zone.

Nouveau problème sur un câble sous-marin en mer Baltique : jeudi 20 février, l’opérateur finlandais Cinia a annoncé avoir détecté des « perturbations » sur le câble sous-marin C-Lion1 entre la Finlande et l’Allemagne. Selon l’entreprise, « la perturbation [n’affectait] pas la fonctionnalité des connexions de télécommunications » du câble et le trafic de données avait continué de façon normale.

L’entreprise expliquait néanmoins avoir déposé une demande d’enquête auprès de la Police criminelle centrale finlandaise (KRP). Selon le média local Iltalehti, celle-ci a lancé dès jeudi une enquête préliminaire sur cette avarie, qui aurait été découverte dans la Zone économique exclusive suédoise le 19 février.

Un enchainement de cas suspects

La Suède a donc elle-même ouvert une enquête le vendredi 21 février, comme l’explique l’AFP. En effet, cet incident suit de nombreux autres qui se sont passés ces derniers mois. En novembre dernier, une panne avait déjà été détectée sur ce même câble C-Lion1 ainsi que sur un autre plus modeste. L’Europe et l’OTAN avaient soulevé des suspicions à propos d’une « flotte fantôme » qui serait aussi utilisée par la Russie pour contourner les sanctions commerciales.

Fin janvier, la Suède a saisi un navire suspecté d’avoir endommagé un autre câble après une nouvelle avarie sur un câble reliant la Suède à la Lettonie. Enquêtant sur le même cas, la Norvège a arraisonné, également fin janvier et à la demande des autorités lettones, un navire norvégien à l’équipage russe, le Silver-Dania. Le navire avait pu rapidement reprendre sa route après une inspection de la police de la région du Troms, expliquait le média local iTromsø.

La Commission annonce un plan

Si, fin janvier, certains représentants des services de sécurités américains et européens appuyaient l’hypothèse d’accidents maritimes, ce vendredi 21 février, la Commission européenne a annoncé un plan d’action visant à protéger les câbles sous-marins, qu’ils soient situés en mer Baltique ou en Méditerranée.

Ce plan, présenté par la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la technologie et femme politique finlandaise Henna Virkkunen, s’articule autour de quatre axes clés pour renforcer la sécurité des câbles :

  • la prévention : l’Union européenne veut renforcer la résilience des câbles et augmenter la redondance, notamment en finançant le déploiement de « câbles intelligents », c’est-à-dire avec des capteurs permettant notamment de détecter de potentielles attaques mais aussi de localiser de façon précise la potentielle section du câble.
  • la détection : l’Europe promet d’améliorer ses capacités de surveillance maritimes en mer Baltique mais aussi en Méditerranée. Selon Euractiv, la Commission voudrait créer un outil de surveillance maritime couplant les données de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) et celles des constellations de satellites Galileo et Copernicus.
  • la réponse et le rétablissement : la Commission veut aussi « améliorer l’efficacité du cadre de gestion de crise au niveau de l’UE pour une action rapide en cas d’incidents affectant les câbles sous-marins et augmenter la capacité de réparation pour assurer une réparation rapide des câbles endommagés ». Elle pousse aussi à la transposition des directives NIS2 et celle sur la résilience des entités critiques (en anglais, Critical Entities Resilience, CER).
  • la dissuasion : enfin, l’institution européenne affirme vouloir sanctionner les auteurs des sections de câbles, qu’elle accuse clairement d’être des « acteurs hostiles ». La Commission pointe de nouveau la « flotte fantôme » russe contre laquelle elle veut maintenir les sanctions déjà en place et veut encourager ce qu’elle appelle une « diplomatie des câbles ».

Un budget pris sur le déploiement des réseaux numériques européens

« Face aux tensions géopolitiques croissantes, notamment dans des régions telles que la mer Baltique, la Commission européenne prend des mesures décisives pour protéger nos infrastructures essentielles de câbles sous-marins », explique Henna Virkkunen : « nous voulons nous assurer que l’Europe est équipée non seulement pour prévenir et détecter les sabotages de câbles, mais aussi pour dissuader, réparer et répondre activement à toute menace pesant sur les infrastructures critiques qui sont essentielles à notre économie et à notre sécurité collective ».

Néanmoins, selon Euractiv, ce plan d’Action n’a pas été approvisionné par de nouveaux fonds. Son budget proviendrait notamment du fonds soutenant le déploiement des réseaux numériques, du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, du fonds stimulant les investissements dans les infrastructures numériques (Europe numérique) et du Fonds de cohésion de l’Union.

Musk cherche à lever des fonds pour X et veut « corriger » les notes de communauté

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Musk cherche à lever des fonds pour X et veut « corriger » les notes de communauté

Le réseau social d’Elon Musk cherche à lever des fonds pour réduire sa dette et ajouter de nouvelles fonctionnalités. Son propriétaire veut aussi se débarrasser du système de notes de communauté qui permet à certains utilisateurs du réseau d’indiquer quand un message diffuse des fausses informations.

Occupé avec son département du DOGE, Elon Musk n’en a pas oublié qu’il est aussi propriétaire du réseau social X. Selon Bloomberg, le milliardaire tente de lever de nouveau des fonds sur la base d’une valorisation équivalente au montant qu’il avait déboursé pour Twitter en 2022 : 44 milliards de dollars.

Résorber la dette

Selon nos confrères, une partie devrait servir à réduire la dette de l’entreprise. X planifierait aussi de mettre en place un système de paiement intégré au réseau social, ainsi qu’une plateforme de publication de contenus vidéo originaux.

Rappelons que les utilisateurs de X ont déjà la possibilité d’utiliser la version bêta de Grok 3, l’IA développée par xAI.

Mais Bloomberg explique que la levée de fonds n’est pas encore bouclée. « S’il se concrétise, ce financement marquerait un remarquable retournement de situation pour X, après que le rachat et la refonte de Musk ont fait fuir de nombreux utilisateurs et annonceurs », commente le média.

En effet, en septembre dernier encore, plus d’un quart des annonceurs prévoyaient de réduire leurs dépenses sur X à cause d’Elon Musk. Mais la concrétisation de son arrivée à la tête du département du DOGE, que lui a offert Donald Trump, pourrait aussi peser dans la balance pour un retour de certains d’entre eux.

Des menaces pour faire revenir les annonceurs

Apple, par exemple, faisait partie des entreprises qui, en 2023, avaient mis sur pause la sponsorisation de tweets suite à des messages antisémites et suprémacistes d’Elon Musk. Mais l’entreprise à la pomme publie de nouveau, depuis la semaine dernière, des publicités sur le réseau social X.

Le retour des annonceurs semble suivre l’utilisation de méthodes coercitives. Selon le Wall Street Journal, Interpublic Group, l’une des plus importantes agences de communication dans le monde, a reçu des coups de pression de la part de X. Selon plusieurs sources du journal, le réseau social aurait menacé plusieurs fois de façon à peine voilée l’agence pour qu’elle pousse ses clients à y dépenser plus d’argent en publicité.

Selon le média américain, les dirigeants de l’entreprise de communication ont interprété ces menaces comme des rappels du pouvoir qu’a nouvellement acquis Elon Musk. L’entreprise a récemment annoncé un accord de fusion avec son concurrent Omnicom d’une valeur de 13 milliards de dollars. Cependant, le milliardaire pourrait utiliser son influence dans le nouveau gouvernement pour torpiller ou ralentir l’opération.

Elon Musk n’aime pas les « notes de communauté »

Éditorialement, le propriétaire du réseau social a aussi évoqué un possible changement dans le fonctionnement de X. Alors que le programme de « notes de communauté », au départ nommé « Birdwatch » a été mis en place un an avant le rachat de Twitter (donc en 2021) pour remplacer le fact checking, Elon Musk critique ce système et veut les « corriger ».

Comme l’explique Gizmodo, « il semble que le milliardaire n’apprécie pas les notes qui sont apparues sous les tweets concernant l’Ukraine ces derniers jours, et qui vérifient les faits de plusieurs mensonges diffusés par le gouvernement américain ».

Recherche : des universités à plus de 30 articles scientifiques rétractés par an

Recherche : des universités à plus de 30 articles scientifiques rétractés par an

La revue Nature a analysé quelles institutions scientifiques dans le monde rétractaient le plus d’articles. On retrouve dans sa liste notamment des universités indiennes, l’Université du Roi-Saoud en Arabie saoudite et des universités chinoises, dont celle qui publie annuellement le fameux classement de Shanghai.

Nature, une des revues scientifiques les plus connues, a récupéré les données de plusieurs entreprises qui ont lancé des outils d’intégrité scientifique pour en tirer la liste des institutions qui rétractent le plus d’articles.

Dans le lot, la plus importante université d’Arabie Saoudite, l’Université du Roi-Saoud, est celle qui se distingue le plus. Mais on y retrouve aussi des universités chinoises, dont l’université Jiao Tong de Shanghai. Celle-ci est responsable du fameux « Classement de Shanghai » des universités qui, tous les 15 aout, met de la poudre aux yeux et de la pseudo-science dans la politique de la recherche et de l’enseignement supérieur, notamment en France.

Depuis quelques années, quelques journalistes scientifiques et chercheurs tirent le signal d’alarme à propos de l’augmentation des articles scientifiques qui sont, au bout d’un certain temps, rétractés. Next a déjà évoqué le site Retraction Watch créé en 2010 et l’outil Feet of Clay Detector du chercheur toulousain Guillaume Cabanac.

Y a du bon dans la rétractation

Rappelons quand même ici qu’une rétractation n’est pas un mal en soi, au contraire même : une rétractation est le signe que le système de publication a repéré un article qui était problématique et l’a écarté. Soit parce qu’il contenait une erreur, soit parce que la recherche était entachée d’un problème d’intégrité scientifique (plagiat, modification de données…).

Mais si les chercheurs d’une institution sont responsables de beaucoup d’articles rétractés, c’est qu’il y a sans doute un problème d’intégrité scientifique dans cette institution.

L’Université du Roi-Saoud dans le trio de tête

La revue Nature a voulu savoir quelles étaient les institutions les plus responsables de rétractations. Elle a contacté des startups qui ont lancé ces dernières années des outils autour de l’intégrité scientifique : Argos, Signals et Dimensions Author Check. Ceux-ci s’appuient notamment sur la base de données de Retraction Watch cédée en 2023 à l’ONG Crossref et qui a ouvert l’accès via une API.

Comme les outils n’agrègent pas les données de la même façon, le classement varie un peu suivant celui qui est utilisé. Par exemple, certains font la différence entre l’Université de Jilin et l’hôpital qui en dépend, d’autres non. La revue fait aussi remarquer que « les institutions qui comptent le plus grand nombre d’articles rétractés n’ont généralement pas les taux de rétractation les plus élevés, parce qu’elles sont de grande taille et publient donc beaucoup ».

On peut constater dans les graphiques de la revue repris ci-dessous que l’Université du Roi-Saoud figure toujours dans le trio de tête avec plus de 340 articles rétractés en 10 ans, soit 34 par an en moyenne.

La Chine, l’Arabie Saoudite et l’Inde doivent beaucoup rétracter

Si on se concentre sur les données des 10 dernières années, on peut voir que la plupart des universités présentes dans ce classement sont chinoises. Mais la seconde partie des graphiques, qui se concentre sur les années 2020 - 2024, montre une tendance à la disparition de ces universités chinoises au « profit » des saoudiennes et indiennes. Plusieurs hypothèses peuvent être creusées : une période post-covid différente en Chine, un changement de politique d’incitation à la publication ?

En tout cas, il existe des variations significatives entre les différentes institutions de recherche, et ce, au sein d’un même pays. « Il est tentant de se demander si les différences sont liées à des primes variables pour les chercheurs dans les différentes institutions », souligne le cofondateur du site web Retraction Watch, Ivan Oransky, interrogé par Nature.

Le chercheur indépendant Achal Agrawal a créé un outil qui scrute les rétractations en Inde : India Research Watch Il pointe à Nature le fait que, dans ce pays, la plupart des institutions qui affichent les taux de rétractation les plus élevés sont privées et situées dans l’État du Tamil Nadu. Achal Agrawal propose aussi un outil pour scruter les rétractations dans les autres pays du monde.

La revue scientifique (qui est donc aussi impliquée dans le processus de validation des articles scientifiques) précise que « les données relatives aux rétractations montrent qu’il s’agit d’événements rares » et ajoute, « sur les plus de 50 millions d’articles publiés au cours de la dernière décennie, par exemple, seuls 40 000 environ (moins de 0,1 %) ont été rétractés, selon les jeux de données  ».

Mais ce chiffre ne représente pas tous les articles scientifiques publiés qui posent problème : certaines revues ou certains champs de recherche rechignent encore à faire la chasse aux articles qui devraient être rétractés pendant que d’autres, l’anesthésie-réanimation (anesthesiology en anglais) notamment, ont une petite communauté de chercheurs qui a pris à bras-le-corps le problème.

Donald Trump supprime l’indépendance des agences de régulation FTC, FCC et SEC

King Donald the 1st
Donald Trump supprime l’indépendance des agences de régulation FTC, FCC et SEC

Les agences FTC, FCC et SEC régulent les marchés américains et surveillent notamment les entreprises américaines du numérique. Elles opéraient jusque ici de manière indépendante du pouvoir exécutif fédéral américain. Un décret de Donald Trump publié le 18 février dernier veut leur imposer une supervision présidentielle.

La FTC, la FCC et la SEC sont des agences américaines importantes dans la régulation du monde économique puisqu’elles ont un pouvoir de contrôle sur les entreprises américaines. C’est au président des États-Unis qu’il revient de nommer le ou la responsable de chacune d’entre elles. Donald Trump a, par exemple, nommé à la FTC Andrew Ferguson, Brendan Carr à la tête de la FCC et Mark Uyeda à celle de la SEC. Mais ces agences avaient, jusque-là, une certaine indépendance dans leurs décisions et pouvaient être en désaccord avec le président des États-Unis.

Trois agences importantes dans l’écosystème du numérique

La FTC (Federal Trade Commission), qui a plus de 110 ans, fait appliquer le droit de la consommation américain et contrôle notamment les pratiques anticoncurrentielles. Encore récemment, cette agence ouvrait une enquête sur les pratiques de Microsoft sur le cloud. Elle est aussi intervenue en décembre pour interdire à trois entreprises de vendre des données de localisation sensibles. En 2020, elle accusait Facebook de « maintenir illégalement son monopole », sans pour autant aller jusqu’à imposer à Meta la cession d’actifs comme Instagram et WhatsApp, comme on pouvait l’imaginer.

La FCC (Federal Communications Commission) régule les télécoms américains et a, par exemple, rétabli la réglementation sur la neutralité du net aux États-Unis en avril 2024. Elle travaille sur la sécurité des réseaux mobiles. C’est aussi elle qui régule le lancement des satellites de communication comme ceux de Starlink.

Enfin, la SEC (Securities and Exchange Commission) est l’autorité américaine des marchés financiers. En 2018, celle-ci avait par exemple décidé de deux amendes contre Tesla et Elon Musk d’un montant total de 40 millions de dollars après avoir accusé le dirigeant de l’entreprise de fraude. Avant de s’accorder avec Elon Musk et l’entreprise sur ces montants, l’autorité avait demandé qu’il soit interdit de fonctions dirigeantes dans une société cotée. Finalement, Elon Musk avait accepté de quitter la présidence de l’entreprise tout en gardant les fonctions de DG.

Supervisé et contrôlé par le président

Mais comme le rapporte ArsTechnica, Donald Trump a donc publié un décret qui affirme que « les fonctionnaires qui exercent de vastes pouvoirs exécutifs doivent être supervisés et contrôlés par le président élu par le peuple ». La Maison-Blanche a accompagné ce décret d’un texte d’explication dans lequel elle affirme qu’il s’applique aux « agences dites indépendantes comme la Federal Trade Commission (FTC), la Federal Communications Commission (FCC) et la Securities and Exchange Commission (SEC) ».

Elle ajoute que « toutes les agences doivent (1) soumettre leurs projets de régulation à l’examen de la Maison-Blanche – sans aucune exception pour les agences dites indépendantes, à l’exception des fonctions de politique monétaire de la Réserve fédérale ; et (2) consulter la Maison-Blanche sur leurs priorités et leurs plans stratégiques, et la Maison-Blanche fixera leurs normes de performance ».

Pas d’interprétation légale différente de celles du Président ou du procureur général

Le décret de Donald Trump interdit aussi à tout employé d’une agence fédérale quelle qu’elle soit (l’une des trois citées plus haut, mais aussi les autres agences fédérales) de donner un avis différent de Donald Trump : « aucun employé de la branche exécutive agissant à titre officiel ne peut avancer une interprétation de la loi comme étant la position des États-Unis allant à l’encontre de l’avis du président ou du procureur général sur une question de droit, y compris, mais sans s’y limiter, l’émission de règlements, d’orientations et de positions avancées dans le cadre d’un litige, à moins d’y être autorisé par le président ou par écrit par le procureur général ».

« Dans ce dernier décret, le régime Trump prétend s’approprier le pouvoir que le Congrès a délégué aux agences de régulation indépendantes et, tel qu’il est rédigé, déclare que l’interprétation de la loi par la Maison-Blanche fait « autorité », sans aucune mention des tribunaux », explique à ArsTechnica, John Bergmayer responsable juridique de l’ONG Public Knowledge. Il ajoute que, « bien entendu, le président n’est pas, et n’a jamais été, l’arbitre final de ce qui est légal. Les avocats qui travaillent pour le gouvernement doivent leur allégeance au peuple américain, et non au président Donald J. Trump ».

Nos confrères pointent que l’entourage de Donald Trump affichait déjà une vision différente du sujet avant son investiture. Le tout juste nommé responsable du Bureau de la gestion et du budget américain, Russ Vought, affirmait, dans une interview donnée à Tucker Carlson, « il n’existe pas d’agences indépendantes. Le Congrès a pu les considérer comme telles – la SEC ou la FCC, la CFPB, toute la soupe à l’alphabet – mais ce n’est pas quelque chose que la Constitution comprend. Il peut donc y avoir des stratégies différentes avec chacune d’entre elles sur la manière de les démanteler, mais en tant qu’administration, la notion même d’agence indépendante devrait être rejetée ».

Selon le Wall Street Journal, ce décret touche aussi l’agence, jusque-là indépendante, chargée d’administrer et de faire appliquer la loi sur le financement des élections fédérales dans ce pays.

Élections allemandes : TikTok et X poussent les contenus favorables au parti d’extrême droite AfD

AfDéstabilisation
Élections allemandes : TikTok et X poussent les contenus favorables au parti d’extrême droite AfD

Une étude montre que les réseaux sociaux TikTok et X renforcent la visibilité des contenus en faveur du parti d’extrême droite allemand AfD alors que la campagne pour élections législatives anticipées bat son plein en Allemagne.

L’Allemagne connait une campagne électorale tumultueuse en vue de ses élections législatives anticipées dont le vote aura lieu le 23 février prochain. Et certaines entreprises de réseaux sociaux s’en mêlent.

Dès le 20 décembre, Elon Musk a exprimé sur son propre réseau social, X, sa préférence pour le parti d’extrême droite allemand AfD.

Mais une étude menée par l’ONG Global Witness [PDF], qui se concentrait jusque-là sur la corruption politique dans des pays en développement, et repérée par TechCrunch, montre que les algorithmes de recommandation de TikTok et de X ont des biais majeurs mettant en avant les contenus en faveur du parti d’extrême droite AfD.

Global Witness a voulu étudier les biais des flux « Pour vous » proposés par les trois réseaux sociaux les plus populaires en Allemagne : Instagram, TikTok et X. Alors que la plateforme de partage d’images de Meta n’a favorisé aucun contenu politique, les deux autres plateformes ont largement mis en avant des messages pro-AfD.

Des comptes créés pour l’occasion

Pour son étude, l’ONG a créé, sur chacune des trois plateformes, trois comptes en Allemagne (pour X et Instagram sur des ordinateurs avec un historique de cookies et de navigation vierge pour chaque test, pour TikTok sur un smartphone après avoir fait une réinitialisation d’usine pour chaque test). Avec chacun de ces comptes, ils ont suivi les 4 partis les plus importants et leurs leaders. Enfin, ils ont cliqué sur 5 posts de chacun de ces comptes en visionnant pendant au moins 30 secondes les vidéos postées si ces publications en comportaient.

Global Witness explique dans son rapport sa démarche : « Nous avons cherché à alimenter les comptes avec un intérêt égal pour les quatre grands partis allemands – les chrétiens-démocrates (CDU), l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts – en cliquant sur « suivre » sur l’un des comptes officiels de leur parti et sur le compte de leur leader, et en regardant le contenu ».

3/4 de contenus mis en avant par TikTok pro-AfD, 2/3 sur X et aucun chez Instagram

Résultat ? Du côté d’Instagram, la quasi-totalité des publications politiques proposés par la plateforme dans le flux des comptes tests de l’ONG provenaient des comptes suivis par les comptes test. La plateforme de Meta n’a montré qu’un contenu politique qui ne venait pas des comptes suivis. Celui-ci a été publié par un compte pro-SPD.

TikTok et X proposent, par contre, dans les flux « Pour vous », beaucoup plus de contenus politiques qui proviennent de comptes qui n’étaient pas suivis par l’ONG. Sur TikTok, 3/4 d’entre eux étaient des contenus favorables à l’AfD et sur X, 2/3 étaient favorables au parti d’extrême droite allemand :

L’ONG a aussi recueilli les messages recommandés qui critiquaient les différents partis allemands et montre que ces critiques concernaient plus le parti d’extrême droite que les autres :

Pas de surpublication de l’AfD pour l’expliquer

Global Witness affirme qu’on ne peut pas attribuer ces chiffres à une surpublication de l’AfD sur ces réseaux par rapport aux autres partis : « sur TikTok, l’AfD et son leader ne sont pas ceux qui publient le plus de contenus. La CDU et son leader ont publié 69 % de contenus en plus que l’AfD et son leader en 2025, et les Verts et leur leader ont publié 24 % de contenus en plus ».

Et sur X, « l’AfD et son chef ont publié plus de contenus que les autres partis jusqu’à présent en 2025 » mais l’ONG remarque : « les Verts et leur chef y ont publié le deuxième plus grand nombre de messages et, dans nos tests, le contenu favorable aux Verts était le moins visible, tandis que le contenu favorable à l’AfD était le plus visible. La fréquence des publications ne nous renseigne pas beaucoup sur la hiérarchisation algorithmique ».

L’ONG explique qu’on ne sait pas trop ce qui joue dans la mise en avant par ces plateformes. « Ma meilleure inférence est qu’il s’agit d’une sorte d’effet secondaire involontaire des algorithmes qui sont basés sur l’engagement », explique Ellen Judson de Global Witness à TechCrunch : «  Et c’est ce qui se produit lorsque, essentiellement, les entreprises conçues pour maximiser l’engagement des utilisateurs sur leurs plateformes finissent par devenir des espaces de discussion démocratique – il y a là un conflit entre les impératifs commerciaux et l’intérêt public et les objectifs démocratiques ».

D’autres hypothèses peuvent être faites. La semaine dernière, Karine Caunes et Florent Lefebvre, du Think tank Digihumanism, ont mis en ligne [PDF] une analyse d’une « possible présence d’une manipulation de l’information concernant les élections allemande de 2025 » sur le réseau social X. Sur LinkedIn, Florent Lefebvre, la résume ainsi : « dans le sillage d’Elon Musk, des milliers de comptes Twitter/X se sont créés pour soutenir l’AFD, le parti d’extrême droite allemande. Et cette fois-ci, ça va beaucoup plus loin que les petites opérations russes, parce que ça marche et ça fait des DIZAINES DE MILLIONS DE VUES ».

Nos confrères d’Arte ont consacré une vidéo de 6 minutes au sujet.

Des pirates russes ont réussi à espionner des comptes Signal de militaires ukrainiens

Le chiffrement ne fait pas tout
Des pirates russes ont réussi à espionner des comptes Signal de militaires ukrainiens

Google a détecté une campagne de phishing menée par des pirates proches de la Russie contre des troupes militaires ukrainiennes. Celle-ci utilisait des failles du système de code QR de Signal, qui permet d’envoyer un lien pour rejoindre un groupe ou lier un appareil à son compte. Les équipes de la messagerie ont, depuis, mis à jour leurs applications.

L’équipe de recherche de Google qui travaille sur les cyberattaques a publié un rapport ce mercredi 19 février. Elle y explique avoir repéré l’utilisation par des groupes de pirates proches de la Russie d’une faille dans la fonctionnalité de partage de liens via code QR de Signal.

Les chercheurs de Google précisent que Signal a collaboré étroitement avec eux dans cette enquête et l’en remercient. L’équipe ajoute que « les dernières versions de Signal sur Android et iOS contiennent des fonctionnalités renforcées conçues pour aider à protéger contre des campagnes de phishing similaires à l’avenir ». Logiquement, ils encouragent vivement à mettre à jour l’application vers la dernière version pour activer ces fonctionnalités.

Signal principalement ciblée, mais WhatsApp et Telegram aussi

Ils soulignent aussi que la popularité de Signal chez les cibles d’opération de surveillance et d’espionnage que sont les militaires, politiques, journalistes et activistes font de cette application de messagerie sécurisée un objectif de choix pour les pirates.

Mais Google précise avoir repéré le même genre de tentatives d’attaques contre WhatsApp et Telegram. Les chercheurs de Google renvoient d’ailleurs vers le billet de blog de leurs homologues chez Microsoft sur la campagne ciblant WhatsApp, que nous avions détaillée le mois dernier.

La cible : la fonction de liaison vers un nouvel appareil

« La technique la plus novatrice et la plus largement utilisée par les pirates liés à la Russie pour compromettre les comptes Signal est l’utilisation abusive de la fonction légitime « appareils liés » de l’application, qui permet d’utiliser Signal sur plusieurs appareils simultanément », expliquent-ils. Cette fonction, qui permet d’ajouter l’application à un nouvel appareil, propose de scanner un code QR pour vérifier l’identité. Les pirates ont ainsi créé des codes QR qui renvoient vers une instance de Signal qu’ils contrôlent.

« En cas de succès, les futurs messages seront transmis de manière synchrone à la fois à la victime et à l’acteur malveillant en temps réel, ce qui constitue un moyen permanent d’écouter les conversations sécurisées de la victime sans qu’il soit nécessaire de compromettre l’ensemble de l’appareil », commentent-ils.

Kropyva, une application militaire ukrainienne en cible secondaire

Ils expliquent que le groupe de pirates UNC5792 a réussi à modifier des pages légitimes d’« invitation de groupe » pour les diffuser dans des campagnes d’hameçonnage. Il a remplacé la redirection prévue vers un groupe Signal par une autre vers une URL malveillante, conçue pour lier un appareil contrôlé par le pirate au compte Signal de la victime.

Selon eux, un autre groupe de pirates russes, UNC4221, utiliserait un kit de phishing conçu spécialement pour Signal, afin de cibler les troupes ukrainiennes. En effet, ils utiliseraient la même méthode qu’UNC5792, mais pour cibler l’application Kropyva, utilisée par l’armée ukrainienne pour guider ses troupes.

DOGE : la FAA, la NASA et la FDA visées pendant qu’une IA à base de Grok est en préparation

Confit d'intérêts
DOGE :  la FAA, la NASA et la FDA visées pendant qu’une IA à base de Grok est en préparation

Le DOGE et le gouvernement de Donald Trump visent maintenant la FAA, la NASA et la FDA, des agences qui sont directement en lien avec les différentes activités des entreprises d’Elon Musk. Un de ses employés prépare aussi une IA s’appuyant sur le modèle Grok de xAI, dirigée par le milliardaire.

Elon Musk a investi pleinement le service temporaire de « l’Efficacité gouvernementale » que lui a confié Donald Trump en s’emparant de l’infrastructure informatique de différentes agences américaines. En parallèle, les agences fédérales annoncent les unes à la suite des autres des plans de suppressions d’effectifs. Si le DOGE n’a pas le pouvoir d’imposer à ces agences ces plans, ils ont une cohérence certaine avec les actions de ce service « de l’Efficacité gouvernementale ».

SpaceX met les mains dans le contrôle du trafic aérien

Alors que la Federal Aviation Administration (FAA) était en début de semaine dans la ligne de mire de Trump et du DOGE de Musk, l’agence a déjà licencié environ 400 personnes en période d’essai. Comme l’explique le Washington Post, l’agence a prévu de s’appuyer sur une équipe de l’entreprise d’Elon Musk SpaceX pour revoir son système de contrôle du trafic aérien.

Elon Musk a déclaré sur son réseau social que « la sécurité du transport aérien est une question non partisane. Les ingénieurs de SpaceX contribueront à rendre le transport aérien plus sûr ». Mais la FAA est aussi responsable des autorisations pour faire décoller les fusées sur le sol américain et d’enquêter sur leurs accidents, comme la retombée de débris suite à la récente explosion de Starship, par exemple.

SpaceX a obtenu des milliards de dollars de contrats fédéraux et l’agence a affirmé plusieurs fois que l’entreprise avait violé les règles de sécurité par le passé. Encore en septembre 2024, la FAA réclamait 633 009 dollars à SpaceX pour « ne pas avoir respecté les exigences de sa licence lors de deux lancements en 2023 ». Le milliardaire ne s’est pas gêné ces dernières années pour critiquer les décisions de l’agence.

Interrogés par le Washington Post, les responsables de l’agence n’ont pas répondu aux questions concernant l’expertise de SpaceX en matière de contrôle du trafic aérien alors que l’entreprise est spécialisée dans le vol spatial.

La NASA dans le flou

Du côté de la NASA, le flou est total sur d’éventuelles coupes importantes dans les effectifs. Alors qu’ArsTechnica annonçait, hier après-midi, une baisse de 10 % des effectifs, nos confrères expliquaient cette nuit que la Maison-Blanche avait finalement décidé à la dernière minute de ne pas licencier les employés de la NASA. Selon le média, la démarche qui était mise en place à l’agence n’était « pas sans rappeler les suppressions d’emplois lors de fusions ou de faillites d’entreprises » et était vécue comme un « processus désordonné et douloureux ».

ArsTechnica remarque tout de même que l’agence spatiale a dépensé plus de 3 milliards de dollars par an au cours de la dernière décennie pour développer la fusée de transport lourd Space Launch System alors que l’industrie du New space, dont SpaceX fait partie, changeait clairement la donne en parallèle.

Le service de la FDA qui contrôle Neuralink aussi touché

La Food and Drug Administration (FDA) est aussi visée par des coupes d’effectifs, explique le Guardian. Les liens avec des activités commerciales d’Elon Musk ne sont pas évidents à la lecture du nom de l’agence. Mais celle-ci, en tant qu’agence de contrôle du secteur médical, a aussi pour mission d’expertiser les divers implants corporels comme les neurostimulateurs. La FDA est donc directement responsable des autorisations données à Neuralink, l’entreprise de neurotechnologie d’Elon Musk.

Le média britannique explique que les suppressions de postes « concernent une vingtaine de personnes du bureau de la FDA chargé des appareils de médecine neurologique et physique, dont plusieurs ont travaillé sur Neuralink ».

Le DOGE s’appuie sur Grok pour construire son IA

En parallèle de ces diminutions d’effectifs dans les agences concernant directement les intérêts financiers d’Elon Musk, TechCrunch a repéré qu’un ingénieur de SpaceX travaille à la création d’un chatbot dédié aux missions du DOGE. Celui-ci, appelé « Assistant IA du département de l’efficacité gouvernementale », s’appuierait sur le modèle de langage Grok2 développé par l’entreprise d’Elon Musk xAI tout en étant spécialement développé avec des « principes directeurs » libertariens qui ont justifié la création du DOGE. Ce projet fait suite à la volonté déjà affichée par les agents du DOGE d’intégrer de l’IA dans l’informatique de l’État américain.

Réintégration compliquée de salariés de l’agence nucléaire licenciés

Le DOGE est aussi intervenu récemment pour faire des coupes dans une agence qui n’est pas en lien direct avec les activités économiques d’Elon Musk : la National Nuclear Security Administration. Mais, comme l’explique le Time, l’usine de Pantex a été l’une des plus touchées par cette décision, perdant environ 30 % de ses effectifs. Or, les personnes licenciées travaillent notamment sur l’assemblage d’ogives, « l’un des postes les plus sensibles de l’entreprise d’armement nucléaire, avec les niveaux d’habilitation les plus élevés » commente le magazine américain.

« Les centaines de personnes licenciées à la NNSA faisaient partie d’une purge du DOGE dans l’ensemble du ministère de l’énergie, qui visait environ 2 000 employés », explique le Time, qui ajoute que l’agence a ensuite fait marche arrière mais « les employés de la NNSA qui ont été réintégrés n’ont pas tous pu être joints après leur licenciement, et certains reconsidèrent leur retour au travail, compte tenu de l’incertitude créée par le DOGE ».

Des nuisances pour l’État du Nouveau-Mexique pas suffisantes pour instruire

Plusieurs plaintes contre l’accès aux données par le service d’Elon Musk ont déjà été déposées. Gizmodo explique que, concernant celle déposée par l’État du Nouveau-Mexique [PDF], la juge Tanya Chutkan, « qui a été nommée par le président Barack Obama », a refusé d’« arrêter la destruction du gouvernement américain par Elon Musk ».

Celle-ci a écrit que « le tribunal est conscient que les actions imprévisibles du DOGE ont entraîné une incertitude et une confusion considérables pour les plaignants et nombre de leurs agences et résidents […] mais que la « possibilité » que les accusés prennent des mesures qui nuisent irrémédiablement aux plaignants « n’est pas suffisante » ». Cette décision concerne une plainte d’un État et ne préjuge pas de l’évaluation des nuisances envers d’autres plaignants.

L’Agence de cybersécurité américaine CISA met sur pause son travail sur la sécurisation des élections

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L’Agence de cybersécurité américaine CISA met sur pause son travail sur la sécurisation des élections

Dans les pas de la reprise en main de toutes les agences américaines par le DOGE d’Elon Musk et Donald Trump, la CISA, l’agence de cybersécurité américaine, met sur pause tout son travail sur la sécurité électorale.

Les agents de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) ont reçu un message de leur direction les informant que l’agence « interrompra toutes les activités liées à la sécurité des élections jusqu’à la fin » d’une évaluation de tous les postes de l’agence liés à cette question et à la lutte contre la désinformation, explique Wired.

Ce message a été envoyé par Bridget Bean, la responsable par intérim de l’agence nommée par Donald Trump. En novembre dernier, la directrice de l’agence, Jen Easterly, et son directeur adjoint, Nitin Natarajan, avaient annoncé leur départ dès le 20 janvier, date d’investiture de Donald Trump.

Leur travail avait été salué pour l’occasion par des personnes de la communauté comme l’expert en cybersécurité Kevin Beaumont : « Bravo à Jen et Nitin. Ils ont fait un travail incroyable avec la CISA, et c’est vraiment le modèle que les autres cybergroupes régionaux peuvent copier maintenant. La version actuelle, et non la version qu’elle peut devenir ».

Confirmation de mise en congé d’une partie des effectifs

Bridget Bean confirme aussi dans son texte que l’agence a mis en congé administratif le 7 février des employés « initialement identifiés comme étant associés aux activités de sécurité des élections et au programme MDM [Mésinformation, désinformation et malinformation] », comme l’affirmait Politico le 7 février. Elle y ajoute qu’ « il est nécessaire de redéfinir les activités de l’agence en matière de sécurité électorale afin de garantir que la CISA se concentre exclusivement sur l’exécution de sa mission de sécurité physique et cyber ».

Bridget Bean justifie ces diverses décisions et notamment la pause sur les sujets de sécurisation des élections qui doit s’achever le 6 mars par le décret pris par Donald Trump le 20 janvier dernier qui prétend vouloir « mettre fin à la censure fédérale ». Sans apporter de preuve, les républicains ont affirmé que la CISA et les grandes entreprises du numérique comme Twitter ou Meta ont conspiré, sous le gouvernement Biden, pour « censurer » les voix conservatrices en ligne. La Cour suprême avait annulé un procès en juin 2024 contre la CISA à ce sujet.

Un rapport pour la Maison-Blanche

La responsable par intérim de l’agence prévoit de remettre un rapport détaillé à la Maison Blanche sur les modifications à apporter pour « corriger toutes les activités identifiées comme des fautes commises dans le passé par le gouvernement fédéral en matière de censure de la liberté d’expression ».

Suivant la politique voulue par Donald Trump, elle indique vouloir rationaliser les services de sécurité des élections qui sont assurés par la CISA auprès des États et des collectivités locales, mais aussi écarter « tout le personnel, les contrats, les subventions, les programmes, les produits, les services et les activités » qui ne seraient pas en adéquation avec le décret de Donald Trump ou que la nouvelle direction jugerait qu’ils outrepassent les pouvoirs de l’agence.

La CISA n’est pas une vieille agence américaine. Elle a même été créée en 2018 sous le premier mandat de Donald Trump, résultat d’une montée en puissance d’un programme qui existait au sein du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Mais l’actuel président américain avait décidé de limoger le directeur de l’agence de l’époque, Christopher Krebs, en novembre 2020 car elle avait rejeté ses théories du complot à propos des élections qu’il avait perdues à ce moment-là.

L’accès aux terres rares et matières premières, enjeux de négociations sur l’Ukraine

Leave the gun, take the lithium
L’accès aux terres rares et matières premières, enjeux de négociations sur l’Ukraine

Depuis début février, Donald Trump a mis dans la balance des négociations en Ukraine un accès privilégié des États-Unis aux terres rares et métaux du pays. L’Ukraine est en effet un lieu de ressources pour divers métaux utilisés dans les appareils numériques. Mais celles-ci semblent surtout un prétexte pour débuter ces discussions de façon commerciale.

Ce mardi 18 février, les États-Unis et la Russie se réunissent à Riyad en l’absence des Ukrainiens et des Européens alors que cette rencontre doit poser les prémices de négociations sur l’Ukraine.

Samedi 15 février, Volodymyr Zelensky annonçait avoir refusé un accord avec les États-Unis sur les minerais ukrainiens tout en n’en fermant pas définitivement la porte : « Je n’ai pas autorisé les ministres à signer l’accord parce qu’il n’est pas prêt. À mon avis, il ne nous protège pas », affirmait-il en marge de la conférence sur la sécurité de Munich, selon l’AFP.

Donald Trump demande 500 milliards de dollars de terres rares

En effet, deux jours avant, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio avait déclaré qu’il espérait parvenir à un accord sur ce sujet. Depuis le début du mois, Donald Trump veut négocier un accord qui donne un accès privilégié des États-Unis aux terres rares et métaux du pays contre leur protection ou au moins leur aide. La semaine dernière, sur Fox News, le président américain a affirmé : « Je leur ai dit [à l’Ukraine] que je voulais l’équivalent de 500 milliards de dollars de terres rares. Et ils ont accepté de le faire, ce qui nous évite de nous sentir stupides ».

Hier, The Telegraph publiait un projet de contrat pré-décisionnel daté du 7 février, affirmant que que « les États-Unis et l’Ukraine devraient créer un fonds d’investissement commun pour veiller à ce que « les parties hostiles au conflit ne profitent pas de la reconstruction de l’Ukraine » ». Ce projet prévoit que les États-Unis prennent 50 % des revenus de l’extraction des ressources de l’Ukraine et 50 % de la valeur financière de « toutes les nouvelles licences délivrées à des tiers » en vue de la monétisation future des ressources.

Les terres ukrainiennes riches en matériaux utiles pour les nouvelles technologies

Toujours selon nos confrères britanniques, c’est Volodymyr Zelensky qui aurait lui-même proposé l’idée d’un accord de participation directe aux revenus tirés des terres rares de son pays lors d’une visite à la Trump Tower en septembre dernier. Le président ukrainien aurait utilisé les matières premières accessibles sous le sol de son pays pour attirer l’attention de Donald Trump et essayer de lui faire poursuivre les livraisons d’armes sur lesquels repose la défense ukrainienne.

Comme l’expliquait en 2023 le Financial Times, l’Ukraine possède d’importants gisements souterrains que le journal économique évalue à 11,5 milliards de dollars. Des chercheurs de l’Université de Dnipro expliquent [PDF], par exemple, que « l’Ukraine possède d’importants gisements de lithium, estimés à 500 000 tonnes (jusqu’à 10 % des réserves mondiales) ».

Mais les sous-sols ukrainiens sont aussi riches en graphite, cobalt et en titane. Le pays extrait aussi des terres rares indispensables à l’industrie numérique. Rappelons que le qualificatif de « rare » est trompeur, car ces matériaux ne se trouvent pas en si petites quantités sur Terre, comme l’explique Emilie Janots, enseignante-chercheuse à l’Université Grenoble Alpes.

Selon un document de la Commission européenne de 2020 [PDF], l’Ukraine produisait 5 % du Gallium mondial (sachant que la Chine en produit 80 % et l’Allemagne 8 %) et 7 % du Scandium (la Chine produit 66 % et la Russie 26 %). Le premier est utilisé dans les semi-conducteurs et les cellules photovoltaïques et le second dans les piles à combustible à oxyde solide et les alliages légers pour l’aérospatial par exemple. D’autres terres rares comme le lanthane, le cérium et le néodyme se trouvent en Ukraine. Celles-ci sont utilisées pour créer des aimants très utilisés dans l’industrie des véhicules électriques, du numérique ou encore les générateurs éoliens.

Un moyen de reprendre les territoires occupés ?

Comme le souligne The Telegraph, une partie des bassins miniers se trouve près de la ligne de front dans l’est de l’Ukraine ou dans des zones occupées par la Russie. La proposition de Volodymyr Zelensky lui permet donc d’intéresser le président américain à la possible récupération de cette zone, alors que son pays est en mauvaise position militaire pour reprendre ces territoires occupés.

Mais la partie reste serrée. Selon Volodymyr Zelensky, un tel accord devrait comporter « des garanties de sécurité » pour l’Ukraine, expliquait-il en rejetant l’accord, ce qui n’est apparemment pas le cas.

L’économie ukrainienne dans les mains étasuniennes ?

D’autre part, comme nous l’évoquions, l’Ukraine fait partie des pays comme l’Australie qui ont récemment signé des accords avec l’Europe sur les matériaux critiques. Et l’accord avec les États-Unis pourrait être en contradiction avec celui-ci. « Je pense que cela va être très mal perçu en Europe », a affirmé l’ancien diplomate britannique Ian Bond à The Telegraph, ajoutant « Trump semble agir comme si les Américains avaient le droit de saisir les biens nationaux de l’Ukraine en échange de l’aide qu’ils ont apportée jusqu’à présent ».

Le journal britannique n’hésite pas à qualifier de « colonie économique américaine », ce que deviendrait l’Ukraine avec cet accord.

☕️ La FAA dans la ligne de mire de Trump et du DOGE de Musk

Après avoir mis la main sur les systèmes informatiques de plusieurs agences fédérales américaines, le service DOGE d’Elon Musk, censé se concentrer sur « l’efficacité gouvernementale », devait se rendre ce lundi 17 février dans les locaux de Federal Aviation Administration (FAA), qui régule l’espace aérien étasunien, explique Reuters.

Rappelons que l’entreprise d’Elon Musk, SpaceX, a besoin des autorisations de cette agence pour faire décoller ses fusées. Elle doit aussi, par exemple, se prononcer sur l’explosion de Starship lors de son septième lancement test raté, dont les débris sont tombés sur des plages et routes des îles Turques-et-Caïques.

Selon Associated Press, l’administration de Donald Trump n’a pas attendu cette visite pour décider de licencier plusieurs centaines d’employés de la FAA. Ces licenciements ont eu aussi des conséquences directes sur la gestion des vols, alors que le week-end dernier était particulièrement chargé dans le ciel américain.

L’agence de presse américaine cite le président du syndicat Professional Aviation Safety Specialists, David Spero, qui a expliqué dans un communiqué que les salariés en période d’essai ont été particulièrement ciblés. Ils ont reçu des emails tard dans la nuit de vendredi à samedi leur annonçant leur licenciement. Selon ce responsable syndical, ces décisions ont été prises « sans motif, ni sur la base de leurs performances ou de leur conduite ». Les mails provenaient « d’une adresse électronique Microsoft » et non d’une adresse gouvernementale.

Selon un contrôleur aérien interrogé par AP, les licenciements concernent, entre autres, des personnes affectées à la maintenance des radars, aux aides à l’atterrissage et à la navigation.

Le New York Times va utiliser l’IA générative dans certaines tâches éditoriales

Le New York Times va utiliser l’IA générative dans certaines tâches éditoriales

Les responsables du quotidien américain ont diffusé une note en interne qui ouvre la voie à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative par la rédaction, notamment pour les tâches de SEO ou de diffusion sur les réseaux sociaux, mais aussi des suggestions de rédaction.

Le New York Times a une relation plutôt tendue avec les éditeurs d’IA générative. Rappelons que le prestigieux journal américain a, dès décembre 2023, attaqué OpenAI et Microsoft pour avoir entrainé leurs modèles de langage sur des millions de ses articles. La procédure est d’ailleurs encore en cours. Moins d’un an plus tard, le journal a aussi attaqué la startup Perplexity, toujours pour l’utilisation de contenus copyrightés.

Mais il semble que la direction du journal voie aussi dans l’intelligence artificielle (et notamment l’IA générative) des opportunités pour faire évoluer les outils de ses salariés.

Les salariés du média poussés à utiliser l’IA générative

Selon le média Semafor, elle a récemment envoyé un email à la rédaction pour donner de nouvelles consignes concernant cet outil : « L’IA générative peut épauler nos journalistes à révéler la vérité et à aider plus de gens à comprendre le monde. Le machine learning nous aide déjà à publier des informations que nous n’aurions pas sorties autrement, et l’IA générative a le potentiel de renforcer encore plus nos capacités journalistiques », indique le document.

Les salariés du journal sont encouragés par la direction à utiliser des outils d’IA générative pour créer des titres SEO, des résumés, des promotions pour leur audience mais aussi des suggestions de modification de texte, faire du brainstorming ou encore de l’analyse sur des documents.

Une liste d’outils proposée

L’entreprise propose une liste blanche d’outils d’IA générative que peuvent utiliser ses salariés. On y retrouve GitHub Copilot, NotebookLM et Vertex AI pour générer du code et créer des applications, autant que les produits Amazon et l’API d’OpenAI (et pas ChatGPT) via le compte business du journal, mais « uniquement avec l’approbation du service juridique de l’entreprise ». Le procès n’étant pas encore fini, le média semble garder ses distances avec cette dernière.

Le New York Times propose aussi des outils développés en interne : un « ChatExplorer » mais aussi un outil appelé Echo qui permet de résumer les articles, briefs et outils interactifs du média.

Semafor explique que les documents fournis à la rédaction proposent une liste d’exemples de prompts utilisables :

  • Combien de fois Al est mentionné dans ces épisodes de Hard Fork ?
  • Pouvez-vous réviser ce paragraphe pour le rendre plus concis ?
  • Imaginez que vous publiez cet article du Times sur Facebook. Comment feriez-vous la promotion de cet article ?
  • Résumez cet article du Times d’une voix concise et conversationnelle pour une lettre d’information.
  • Pouvez-vous proposer cinq titres optimisés pour les recherches pour cet article du Times ?
  • Pouvez-vous résumer cette pièce écrite par Shakespeare ?
  • Pouvez-vous résumer ce rapport du gouvernement fédéral en termes simples ?

Mais avec modération

Mais l’entreprise resterait en retrait d’une utilisation plus poussée de l’IA pour la rédaction d’articles, notamment pour des raisons d’infraction au Copyright mais aussi la divulgation de sources. Pour ces raisons, les journalistes sont priés de ne pas utiliser l’IA pour rédiger ou relire de manière significative.

Selon Semafor, certains employés du journal restent sceptiques face à l’usage interne de l’IA. Rappelons que le CEO de Perplexity, Aravind Srinivas, avait ironiquement proposé ses services pour remplacer des salariés du service IT du média l’année dernière alors qu’ils étaient en grève demandant une augmentation de leurs salaires.

Le Guardian signe avec OpenAI et va utiliser ChatGPT Enterprise

L’IA générative continue de faire son bonhomme de chemin dans les rédactions. Du côté du Guardian, la direction a annoncé vendredi 14 février avoir signé un partenariat avec OpenAI. Celui-ci, comme les accords signés par de nombreux média maintenant comme Le Monde, le groupe de presse espagnole Prisa Media et l’américain Conde Nast, permet à OpenAI d’utiliser les articles du média comme source de son chatbot en faisant de courts résumés.

« Dans le cadre de ce partenariat, les reportages et les archives journalistiques du Guardian seront disponibles en tant que source d’informations dans ChatGPT, parallèlement à la publication de courts résumés et d’extraits d’articles attribués » explique le Guardian. Le journal ajoute qu’il va déployer, via cet accord, la version ChatGPT Enterprise du chatbot d’OpenAI « pour développer de nouveaux produits, fonctionnalités et outils ».

☕️ Le réseau social X bloque les liens Signal.me

Comme l’explique le journaliste Matt Binder dans sa newsletter Disruptionist, le réseau social d’Elon Musk bloque actuellement les liens vers « Signal.me », le nom de domaine utilisé par la messagerie chiffrée Signal pour partager des liens.

Matt Binder explique qu’un utilisateur de X qui voudrait envoyer un lien vers Signal.me en DM, dans un message public ou sur son profil serait bloqué par des messages d’erreur. En testant nous-même, nous constatons ce blocage.

Notre confrère précise que X rend aussi plus difficile les clics sur les liens Signal.me publiés sur le réseau avant cette interdiction de publication mise en place par le réseau social : un message d’avertissement affirme que le lien est potentiellement un spam ou dangereux. L’utilisateur peut quand même ignorer ce message et accéder à la page après un clic supplémentaire.

Apple ciblée par une plainte en France pour des conversations enregistrées par Siri

Apple ciblée par une plainte en France pour des conversations enregistrées par Siri

La Ligue des droits de l’Homme a déposé plainte en France contre Apple pour « violation de la vie privée, traitement illicite des données personnelles et pratique commerciale trompeuse ». Elle s’appuie sur le témoignage d’un ancien employé d’un sous-traitant.

Apple a proposé récemment de sceller une « class action » aux États-Unis concernant des conversations enregistrées par son célèbre assistant vocal Siri. Le juge américain a donné une validation préliminaire ce lundi 10 février [PDF] à l’accord entre l’entreprise et les plaignants. Une audience doit se tenir le 1ᵉʳ août 2025 pour une validation finale.

Rappelons que, dans cet accord, Apple accepte de payer à chaque personne entrant dans les conditions du recours collectif 20 dollars par appareil (des clients américains ayant acheté un appareil Apple entre le 17 septembre 2014 et le 31 décembre 2024), ce qui porte la somme totale dans cette affaire américaine à 95 millions de dollars. Mais Apple voit ce problème ressurgir devant la justice française.

En effet, la Ligue des droits de l’Homme a transmis ce jeudi 13 février un signalement et une plainte au parquet de Paris visant la collecte massive d’enregistrements par Siri, selon la cellule investigation de Radio France et le journal Le Monde.

Les deux médias expliquent que le cas français s’appuie sur des informations transmises par un informaticien français, Thomas Le Bonniec. Il a travaillé en tant qu’analyste de données pour l’entreprise Globe Technical Services en Irlande. Celle-ci analyse, entre autres, le contenu de sons enregistrés par les appareils d’Apple via Siri.

1 300 enregistrements à traiter par jour

« Le jour même de mon arrivée, on nous a fait comprendre qu’on allait travailler sur des enregistrements de personnes en train de parler à leur assistant Siri ou sur des enregistrements captés à leur insu quand la machine se déclenchait par erreur », explique-t-il à Radio France, qui le qualifie de lanceur d’alerte. Il affirme que son travail était notamment de vérifier si les conversations étaient correctement transcrites par Siri, mais « surtout d’identifier s’il s’agissait d’enregistrements accidentels » en traitant 1 300 enregistrements par jour.

Il ajoute que certains de ses collègues devaient étiqueter les messages avec des informations personnelles enregistrées dans l’appareil : « ils devaient comparer les mots-clés énoncés durant un enregistrement et les rattacher aux données stockées dans les appareils auxquelles nous avions accès comme les contacts, la géolocalisation, la musique, les films, des marques, etc. Ils étiquetaient ces données personnelles avec des mots-clés », explique-t-il encore à nos confrères.

Une anonymisation pas si efficace

Apple a pris récemment la parole pour défendre son modèle, affirmant qu’ « une petite partie des demandes de Siri est analysée pour améliorer Siri et la dictée ». « Les demandes des utilisateurs ne sont pas associées à leur identifiant Apple. Les réponses Siri sont analysées dans des installations sécurisées et tous les examinateurs sont tenus de respecter les exigences strictes d’Apple en matière de confidentialité », ajoutait l’entreprise, assurant par là une anonymisation des enregistrements envoyés à ses sous-traitants.

Selon le Monde cependant, le témoignage de Thomas Le Bonniec, recoupé par des documents collectés, affirme que certains analystes avaient aussi accès à des données issues d’applications présentes sur l’appareil de l’utilisateur, ce qui leur permettait de faire des recoupements et d’identifier à qui appartenait l’appareil.

Des millions d’enregistrements transmis

Le signalement transmis à la justice estimerait qu’Apple a envoyé «  plusieurs dizaines, voire centaines de millions » d’enregistrements d’utilisateurs de Siri, dont une grande partie déclenchée par erreur ou à l’insu des utilisateurs.

Thomas Le Bonniec avait déjà témoigné auprès de nos confrères de Télérama en 2021. Il expliquait le quotidien d’analyste de données : « personne ne fait ça par vocation. Mon voisin d’en face a tenu deux jours : il n’est jamais revenu ». Il se souvenait de certains enregistrements qui étaient clairement involontaires avec le vrombissement d’un moteur ou le bruit de fond d’une poche.

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