Test de City Hunter - Un shot de nostalgie et puis c'est tout












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Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait prévenu : l'opération menée par Washington en Iran, en visant "les ambitions nucléaires" du pays, "enverrait de nombreux signaux au passage", au-delà du Moyen-Orient. Selon plusieurs analystes, après l'attaque israélo-américaine ayant décapité la tête du régime iranien, la Corée du Nord prendrait la menace américaine contre son pays très au sérieux - sans pour autant renoncer à son programme nucléaire, au contraire.
Cherchant à gonfler les muscles, le dirigeant Kim Jong-un a déclaré, jeudi 5 mars via l'agence KCNA, que Pyongyang avait conclu cette semaine des essais militaires avec un navire destroyer, présenté comme ultramoderne. C'est "un changement radical" pour "la défense de la souveraineté maritime nord-coréenne", a-t-il affirmé, précisant que "le pays n’avait pas réussi à accomplir [une telle chose] depuis un demi-siècle", relaie Le Monde avec AFP. "L'armement de la marine avec des armes nucléaires progresse de manière satisfaisante", a ajouté l'homme fort de Pyongyang.
"Pour Kim Jong-un, la leçon la plus immédiate à tirer des opérations américaines au Venezuela et en Iran est que la capacité et la volonté des États-Unis d'éliminer les dirigeants hostiles sont passées de la théorie à la pratique", analyse auprès du Korea Times Go Myong-hyun, analyste à l'Institute for National Security Strategy. La semaine dernière, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a critiqué les États-Unis pour leurs frappes militaires contre l'Iran, affirmant qu'elles mettaient en évidence le "rôle destructeur des États-Unis dans la destruction de la paix et de la stabilité mondiales".
Les essais, réalisés mercredi 4 mars, portaient sur le lancement d'un missile de croisière mer-sol, réalisé "avec succès". La veille, Kim Jong-un avait également procédé à l'inspection d'un navire de la classe Choe Hyon, mis à l'eau l'année dernière. Ce destroyer est l’un des deux navires de guerre que possède la Corée du Nord, lancés en 2025. Un troisième bâtiment, que le dirigeant nord-coréen a également inspecté, serait en construction, selon KCNA. Il pourrait embarquer des missiles tactiques à courte portée capables de transporter des ogives nucléaires.
Ces tests interviennent peu de temps après le congrès du Parti communiste nord-coréen, à l'occasion duquel Kim Jong-un a affirmé sa volonté de renforcer la défense militaire de son pays (doté de l'arme nucléaire) et a menacé de répondre avec force à toute tentative de déstabilisation.
Une démonstration de force, dans le contexte de la guerre en Iran, et alors que les Etats-Unis et la Corée du Sud réalisent régulièrement des exercices militaires conjoints. "L’un de leurs objectifs est de démontrer que la Corée du Nord peut frapper non seulement la Corée du Sud, mais aussi le territoire continental américain, depuis la terre et désormais depuis la mer", estime Oh Gyeong-seob, de l'Institut coréen pour l'unification nationale, auprès du Korea Times.
"Pyongyang considère depuis longtemps son arsenal nucléaire comme une garantie de survie", analyse pour sa part le Wall Street Journal. "Lors d'une réunion politique cruciale qui s'est achevée la semaine dernière, Kim a réitéré que se défaire des armes nucléaires du pays n'était pas une option". De plus, en visant également des pays qui n'ont pas la bombe nucléaire, comme le Venezuela, certains analystes estiment que les Américains ne font que motiver les adversaires des Etats-Unis à ne rien lâcher de leurs ambitions nucléaires. En parallèle, les récentes frappes en Iran et au Venezuela ont également prouvé qu'en cas d'attaques, ni la Chine, ni la Russie ne sont prêtes à risquer un affrontement direct avec les Etats-Unis.
Depuis l'échec des négociations avec Washington en 2019, la Corée du Nord a intensifié la construction de son principal site. Pyongyang posséderait actuellement jusqu'à 50 ogives nucléaires et suffisamment de matières fissiles pour en produire 40 supplémentaires, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), un groupe de réflexion. Le pays poursuit, par ailleurs, le développement de missiles balistiques intercontinentaux capables d'atteindre le territoire américain.
Washington et Pyongyang sont des adversaires de longue date, bien que Donald Trump ait tenté une ouverture avec la Corée du Nord. Kim Jong-un a néanmoins déclaré en février que les deux nations ne pourraient "s’entendre" qu'à la condition que Washington accepte le statut nucléaire de son pays. Néanmoins, le comportement belliqueux des Etats-Unis, en mettant ses adversaires le pied au mur, pourrait saborder d'avance toute voie diplomatique.
"Avant les frappes américaines, Kim pouvait considérer une telle rencontre comme une mise en scène politique, les demandes de dénucléarisation étant perçues comme négociables. Désormais, toute demande américaine de dénucléarisation sera perçue moins comme une requête normale et plus comme une menace", estime Go Myong-hyun.
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