↩ Accueil

Vue normale

Conférence de Munich: Emmanuel Macron et Friedrich Merz, deux méthodes face à Donald Trump

Par :RFI
13 février 2026 à 21:27
Les Européens ont appelé vendredi 13 février les États-Unis de Donald Trump à la raison, au premier jour de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président français proposant de prendre l'Europe en « exemple » plutôt que l'inverse, et le chancelier allemand invitant les « amis américains » à « raviver » la confiance transatlantique.

La justice britannique considère comme « illégal » le classement de Palestine Action comme organisation terroriste

13 février 2026 à 21:20
La Haute Cour de justice a estimé, vendredi, l’interdiction de l’association « disproportionnée ». Cette décision constitue un sérieux camouflet pour le premier ministre, Keir Starmer, déjà très fragilisé par la proximité révélée entre l’ex-ministre travailliste Peter Mandelson et Jeffrey Epstein.

© Jack Taylor/REUTERS

"Ce qui s'est passé à Davos n'a pas besoin de rester à Davos": le président de la Conférence de Munich fait un clin d'œil à Emmanuel Macron en enfilant des lunettes de soleil

13 février 2026 à 21:12
Lors de l'ouverture de la Conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger a remplacé ses lunettes de vue par des lunettes de soleil, en clin d'oeil à celles portées par Emmanuel Macron, notamment lors du Forum économique de Davos, en Suisse.

"Devenir une puissance géopolitique" : à Munich, Emmanuel Macron presse l'Europe d'agir

13 février 2026 à 21:12

Un an après le discours très critique du vice-président américain, J.D. Vance, Emmanuel Macron a cherché à souligner vendredi 13 février l'importance de l'Europe sur la scène mondiale, lors de son intervention à la Conférence de Munich sur la sécurité. "L’Europe se réarme, mais nous devons maintenant aller plus loin. L’Europe doit apprendre à devenir une puissance géopolitique", a-t-il déclaré.

"Là où certains voient des menaces, je vois de la force. Une Europe plus forte sera une meilleure amie pour nos alliés, notamment les Etats-Unis", a-t-il lancé, ajoutant que l'Europe avait été "vilipendée comme un concept vieillissant, lent et fragmenté, marginalisé par l’histoire" et présentée comme "un continent répressif" et "une société en proie à des migrations barbares". "Rien de tout cela n’est exact. Chacun devrait s'inspirer de nous, au lieu de nous critiquer ou de chercher à nous diviser", a-t-il affirmé, sans préciser l'origine de ces critiques.

"C’est le moment idéal pour faire preuve d’audace. C’est le moment idéal pour une Europe forte", a-t-il ajouté.

"L'ordre international est en train d'être détruit"

Plus tôt dans la journée, le chancelier allemand Friedrich Merz avait ouvert la Conférence de Munich sur la sécurité en critiquant la réorientation rapide de la politique étrangère américaine opérée par Donald Trump, tout en appelant Washington à "réparer et raviver la confiance" dans une nouvelle ère dangereuse marquée par les rivalités entre grandes puissances. "L'ordre international fondé sur les droits et les règles est en train d'être détruit", a-t-il lancé. Et d'ajouter : "Cet ordre, si imparfait qu'il fût même dans ses meilleurs moments, n'existe plus sous cette forme."

L'Europe fait face à une multitude de menaces, de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine aux fortes turbulences du commerce mondial. "A l'ère de la rivalité entre grandes puissances, même les Etats‑Unis ne seront pas suffisamment puissants pour agir seuls. Chers amis, faire partie de l'Otan n'est pas seulement l'avantage compétitif de l'Europe. C'est aussi l'avantage compétitif des Etats‑Unis", a jugé Friedrich Merz.

Le chancelier allemand a également reproché à l'Europe de ne pas en faire assez pour renforcer sa sécurité. Dans ce domaine, les pays européens se reposent depuis longtemps sur les Etats-Unis, notamment sur leur vaste arsenal nucléaire. Et l'Allemagne est toujours privée du droit de développer une arme nucléaire en vertu d'accords internationaux. La France est la seule puissance nucléaire de l'Union européenne, depuis la sortie du Royaume-Uni, à la posséder.

© Kay Nietfeld/dpa/picture-alliance/MAXPPP

En Ukraine, plus d'un millier d'Africains enrôlés par la Russie : "Ils tombent dans un piège sans le savoir"

13 février 2026 à 20:00

C'est un "trafic humain" de "chair à canon". Depuis 2023, le Kremlin recrute des hommes en Afrique, souvent de manière trompeuse, pour garnir sa ligne de front en Ukraine. Des civils propulsés combattants, sans formation ni expérience, envoyés vers une mort quasi certaine. Ils pensaient devenir "serveurs, mécaniciens, charpentiers" mais 22 % d'entre eux sont décédés. Un business bien rodé pour exploiter la misère économique et le désespoir.

Il y a "des jeunes hommes qui cherchent un meilleur avenir" et "des recrues attirées par la possibilité de faire des études supérieures", rapporte Vincent Gaudio, co-fondateur d'INPACT. Selon l'enquête du collectif qui gère le projet "All Eyes On Wagner", plus de 300 de ces civils sont morts.

L’Express : Votre enquête parle de 1 417 combattants africains dont plus de 300 morts. Comment êtes-vous arrivé à ce chiffre, et pensez-vous qu’il est représentatif de l’ampleur du phénomène ?

Vincent Gaudio : Nous avons reçu cette liste telle quelle, rédigée en cyrillique, de la part du collectif ukrainien "Je veux vivre". Elle est notamment basée sur des registres de prisonniers. Il est possible que le chiffre exact soit plus important, nous ne sommes pas en mesure de le confirmer ou de l’infirmer. En revanche, d’autres personnes ont travaillé sur le sujet, et elles avaient d’autres chiffres. L’IFRI, par exemple, parle de 4 000 personnes. Mais cette liste nous a permis d’établir qu’on était face à une population assez jeune, exclusivement masculine, et qui venait d’un peu tous les pays. Dans ce document, il y avait un onglet recensant les morts au combat. On a pu faire le parallèle entre la liste initiale des recrutés et ceux qui étaient décédés.

Et le taux de mortalité parmi ces recrues est très important : 22 %, sans compter les blessés et les disparus. Comment l'interpréter ? Cela a-t-il un rapport avec leurs unités d'affectation ?

Il y a une cinématique globale. Une fois arrivés en Russie, les plus chanceux ont trois semaines de formation, mais globalement, il y a très peu d'entraînement. Ensuite, ils sont envoyés dans les unités combattantes sur la ligne de front, et notamment les plus dures de l'Ukraine. Il n'y a aucun poste de cadre, exclusivement de combattant. La grande majorité est engagée dans les vagues d’assauts successives qui cherchent à fragiliser la ligne de défense ukrainienne. D'autres son enrôlés dans la milice Wagner.

Donc on peut parler de chair à canon...

Oui, la volonté manifeste des Russes est de gagner de la masse grâce à ces recrutements. Grosso modo, ils ne sont pas voués à autre chose qu'à faire du volume. Nous avons eu accès à un fichier qui recense le "nombre de mois engagés avant le décès". C'est assez variable mais les délais restent très très courts. Un mois et deux semaines pour le plus court, 19 mois pour le plus long.

Comment sont ciblés ces hommes ? La Russie est-elle à la recherche d'un profil particulier ?

Nous avons identifié plusieurs profils. Il y a les jeunes hommes [NDLR : les plus jeunes ont 18 ans] qui cherchent un meilleur avenir, et à qui on propose des sommes assez conséquentes par rapport au niveau de vie dans leur pays. On a aussi vu qu’il y avait des recrues qui étaient attirées par la possibilité de faire des études supérieures dans des domaines très techniques : les nanotechnologies, la micromécanique, l’informatique… Nous avons pu les identifier grâce à leurs réseaux sociaux, notamment parce qu’ils étaient intégrés dans l’industrie de défense russe. Eux ne vont pas au combat. Moscou utilise leurs compétences techniques.

Et enfin, il y a un dernier profil, qui est très marqué chez les Camerounais : des individus qui ont déjà une expérience militaire qu'ils souhaitent monétiser. Ils étaient dans les unités qui combattaient l’ISWAP ou Boko Haram et, plutôt que de gagner 200 dollars chez eux, ont fait le choix de partir en Russie et essayer de gagner 2 000 dollars. Il y a une comparaison qui peut être faite avec le mercenariat.

Dans votre enquête, vous mentionnez le cas d’un combattant qui semblait motivé politiquement, mais aussi de personnes qui sont appâtées par des offres trompeuses. Comment se passe le recrutement ?

Il y a eu des distributions de prospectus pour le recrutement, donc certains savent très bien qu'ils partent pour s'engager dans l'armée russe mais ce cas est minoritaire. On a aussi vu des petites annonces pour des emplois sous-qualifiés de serveurs, mécaniciens, charpentiers. Sauf qu'une fois en Russie, on leur fait signer un contrat en cyrillique et ils se retrouvent dans un centre de formation militaire.

Il y a aussi ceux à qui on a dit "tu vas être étudiant" ou même ceux qui étaient vraiment étudiants confrontés à des difficultés de renouvellement de visa à qui on a dit : "Ecoute, soit on t’expulse, soit tu prends un contrat avec l’armée russe". Il y a aussi une infime partie de gens qui ont été recrutés après leur arrestation pour des délits mineurs. Le désespoir économique est un levier. La Russie a des difficultés à recruter et un besoin de maintenir le front tel qu'il est. Leur seule solution, c'est de gagner en volume. Il y a une petite part de volontaires mais les autres ne sont pas conscients qu'ils tombent dans un piège.

Qui est à l'origine de ces offres ?

Il existe plusieurs cas. D'abord, des offres très artisanales, faites par des entrepreneurs russes ou biélorusses. Il y a aussi des Africains installés en Russie qui sont devenus entrepreneurs dans ce business-là. Ils proposent à la fois de s'occuper de toutes les démarches administratives et réalisent un marketing d'influence en ligne, sur les réseaux sociaux, à destination de leurs compatriotes restés au pays.

Un prospectus de recrutement de l'armée russe repéré par les enquêteurs de Inpact.
Un prospectus de recrutement de l'armée russe repéré par les enquêteurs de Inpact.

On a pu aussi identifier que certaines annonces renvoyaient vers des sites Internet gérés par les services russes. C'est difficilement quantifiable, mais on sait que ça existe. D'ailleurs, à la suite de la publication du rapport, les sites qu'on avait identifiés ont disparu... Puis recréés avec des adresses différentes. Il y a un trafic humain évident qui s'est mis en place.

Avec 361 départs, l’Egypte est le pays le plus concerné du continent par ce phénomène. Comment l'expliquer ?

On pense que la cause principale, c'est d'abord la situation en Egypte. Les grandes difficultés économiques, le manque de perspectives professionnelles... Ce sont avant tout des gens portés par la volonté de gagner leur vie ailleurs.

Ensuite, il y a un vrai travail de marketing. Nous avons trouvé des annonces rédigées en arabe, qui reprennent des visuels très masculins, guerriers, qui parlent à une certaine part de la jeunesse et les salaires proposés sont très attractifs [NDLR : le salaire mensuel minimum égyptien était de 128 dollars en 2024, selon le gouvernement local tandis que certaines campagnes de recrutement proposent un salaire mensuel de 2 500 dollars].

Ces recrutements ont commencé en 2023, le phénomène prend-il de l'ampleur ?

On constate que c'est exponentiel. Peut-être que ça va diminuer désormais, face aux réactions qui peuvent être attendues de la part des pays africains concernés.

Y a-t-il des revenants du front ?

Il y en a dans quelques pays. Jusqu'à présent ils avaient une posture assez discrète, mais certains commencent à prendre la parole, notamment au Kenya et au Cameroun. On commence aussi à avoir des témoignages de familles à la recherche d'informations sur leurs parents partis en Russie. Il y a une prise de conscience.

Et comment réagissent les pays concernés ?

Le Kenya a annoncé demander prochainement des comptes à la Russie. Au Cameroun, le sujet est très suivi : ils craignent énormément le retour de ces hommes, qui auraient une expérience du combat et qui resteraient en marge de la société. Mais, le vrai impact, le vrai challenge pour tous ces pays, ce sont les mesures qu’ils peuvent mettre en place. Des choses assez simples, comme démanteler les différentes agences de recrutement, ce qui serait le plus facile mais ne stoppera rien. Ou exiger des explications via des canaux diplomatiques, mais je ne suis pas convaincu qu’il y ait une réelle réponse de la part de la Russie… Cette situation risque surtout d’interroger ces pays sur leur propre gouvernance à l'égard de leur jeunesse, mais ça ne bousculera pas réellement le modèle. On n'empêchera pas les gens de chercher un avenir ailleurs. Le sujet caché, c'est celui-là.

© REUTERS

En Syrie, des champs aspergés d'herbicides par Israël

13 février 2026 à 19:46
Fin janvier et début février 2026, des avions agricoles israéliens ont pulvérisé des substances chimiques sur des terres agricoles à Quneitra, en Syrie. Des agriculteurs disent que leurs cultures ont jauni en quelques jours et avoir perdu des dizaines d'hectares cultivables. Des accusations similaires ont été faites envers l'armée israélienne au Sud-Liban et des colons en Cisjordanie.

Manchester City – Salford City (FA Cup) : chaîne TV, heure et compos probables

13 février 2026 à 22:20
Manchester City accueille ce samedi Salford City, à l’Etihad Stadium, à l’occasion du 4e tour de la FA Cup. Chaîne TV, heure du coup d’envoi, compos probables… Voici les informations à connaître sur la rencontre. À quelle heure et sur quelle chaîne suivre Manchester City – Salford City ? Le match du 4e tour de […]

iOS 26, les résultats d’adoption sont là, et ils sont bons

13 février 2026 à 22:15

Apple vient de publier ses premiers chiffres d’adoption d’iOS 26, et ils sont surtout en train de faire mentir les scénarios catastrophe annoncés ces derniers mois. Contrairement aux estimations alarmistes basées sur des panels ou des stats de navigation très approximatives, le tableau officiel est nettement plus flatteur pour Apple.

Les stats sont un peu moins bonnes sur iPad, mais cohérentes avec les versions précédentes. Image Apple.

Des chiffres officiels bien plus solides

Sur les appareils sortis ces quatre dernières années, 74% tournent déjà sous iOS 26, loin de l’image d’un système « boudé » que certains sites laissaient entendre avec des chiffres fantaisistes. iOS 18 reste installé sur 20% de ces iPhone récents, et seulement 6% sont encore sur des versions plus anciennes.

Quand on élargit à l’ensemble du parc, deux tiers des iPhone (66%) sont déjà sous iOS 26, 24% sont restés sur iOS 18 et 10% tournent sur une version antérieure. Là encore, on est très loin d’un échec : pour une mise à jour disponible depuis 150 jours, la diffusion est robuste et cohérente avec le cycle habituel d’iOS.

Non, iOS 26 n’est pas massivement délaissé par les utilisateurs

Non, iOS 26 n’est pas massivement délaissé par les utilisateurs

Pris isolément, iOS 26 fait très légèrement moins bien que les deux versions précédentes en rythme de déploiement… mais on parle de marges infimes, pas d’un décrochage. iOS 18 atteignait 76% d’adoption sur les appareils récents à période comparable, tout comme iOS 17, contre 74% pour iOS 26.

Sur l’ensemble des appareils, iOS 26 est exactement au même niveau qu’iOS 17, quand iOS 18 culminait à 68%. Autrement dit, iOS 26 se situe dans la même fourchette que ses prédécesseurs, ce qui ne colle pas du tout au récit d’un système « délaissé » par les utilisateurs.

Malgré les estimations pessimistes, une plateforme toujours très homogène

Si le contraste est aussi marqué, c’est surtout parce qu’on a vu circuler des estimations très pessimistes, issues de données provenant de la fréquentation des sites internet de StatCounter. Manque de chance, ces chiffres sont complètement faussés par le User-Agent d’iOS 26, qui se fait passer pour une ancien système.

Les chiffres d’Apple, eux, sont basés sur les appareils ayant effectué une transaction sur l’App Store au 12 février 2026, ce qui donne une vue bien plus représentative de l’usage réel. C’est ce décalage entre données partielles et statistiques officielles qui explique pourquoi certains prédisaient un « flop » d’iOS 26… qui n’a tout simplement pas eu lieu.

Au final, iOS 26 s’inscrit dans un cycle désormais bien rodé : l’immense majorité des utilisateurs bascule sur la dernière version en quelques mois, avec un plafond autour de 70–75% sur les appareils récents à ce stade. Pour Apple comme pour les développeurs, le message est plutôt rassurant : la fragmentation reste minimale, et les nouvelles API d’iOS 26 peuvent être ciblées sans attendre des années.

Plutôt qu’une histoire de désamour, iOS 26 raconte surtout une chose : même quand les métriques donnent l’impression d’un ralentissement, l’écosystème iOS reste l’un des plus cohérents et les utilisateurs continuent, massivement, à suivre le train des mises à jour.

❌