Avec Personal Intelligence, Gemini ressemble étrangement au Siri 2.0
En juin 2024, Apple présentait un Siri qui devait être capable d’aller chercher les informations dans les données de l’iPhone de l’utilisateur, afin de personnaliser les réponses, de récupérer une référence dans un mail, voire même d’anticiper les questions. Il y a quelques jours, Apple lâchait le morceau : Gemini, l’intelligence artificielle de Google, sera le moteur de ce Siri nouvelle génération faute d’avoir réussi à créer un moteur convaincant en interne. Aujourd’hui, Google présente Gemini Personal Intelligence. Coïncidence ?

Sans aller piocher dans l’intégralité du téléphone Android de l’utilisateur (et encore moins dans un iPhone étant donné tous les garde-fous existants pour éviter cela), Personal Intelligence promet en effet un comportement qui rappellera des souvenirs à tous ceux qui ont vu le keynote de la WWDC 2024 : en se connectant aux apps Google, l’IA maison devrait ainsi pouvoir retrouver une référence, un message, un rendez-vous que vous cherchez dans vos documents personnels.
Apple confirme que le nouveau Siri s’appuiera sur Gemini
Cette nouvelle fonction, plutôt que de demander l’accès au téléphone, se lie en effet au cloud de Google pour récupérer toutes sortes de données : Gmail, Photos, YouTube, Search sont de la partie pour dégotter l’aiguille dans la botte de foin que représentent vos fichiers. La firme de Mountain View présente la chose par un exemple, l’IA ayant pu récupérer la taille des pneus, la plaque d’immatriculation et la variante de la voiture de l’utilisateur, lui évitant ainsi un aller-retour vers son véhicule alors qu’il était déjà dans la boutique du mécano.
Bien entendu, Google rassure autant que possible sur le respect de la vie privée : par défaut, l’accès aux données personnelles est désactivé, et n’est utilisé que sur accord explicite de l’utilisateur. Chaque partie du cloud Google est activable ou non, indépendamment des autres. L’IA doit aussi systématiquement préciser de quel fichier elle tient sa réponse, et vous pouvez préciser vos préférences quand elle n’a pas trouvé ce que vous cherchez dans vos données. D’autres garde-fous ont aussi été implémentés concernant les données sensibles : Gemini ne devrait pas faire de suppositions ou d’extrapolations concernant les données touchant à la santé de l’utilisateur. Google indique aussi ne pas entraîner son IA sur Gmail ou Photos, même si vous accordez l’accès à ces données. Toutes les questions posées à l’IA et les réponses associées sont anonymisées.
Google a aussi beau jeu de rassurer l’utilisateur sur le fait que ses données ne sont pas baladées de serveur en serveur : celles-ci se trouvant déjà dans les data-centers de la marque, elles ne seront pas envoyées chez un partenaire tiers lors de l’utilisation de Gemini.
La firme de Mountain View rappelle aussi que la fonction est en beta, et doit être prise comme telle : il est possible que l’IA se trompe (par exemple en assumant que vous aimez le golf, alors que les nombreuses photos de parcours de golf sont dans votre bibliothèque parce que votre enfant est dessus), et Google vous encourage alors à faire savoir à Gemini qu’il s’est trompé. Pour le moment, cette beta n’est ouverte qu’aux utilisateurs résidants aux USA.
Pour nous utilisateurs Apple, cette fonction résonne particulièrement fort : c’est au final le Siri qu’Apple nous a présenté en 2024, limité au cloud de Google. Et après avoir révélé que ce nouveau Siri, qui devrait arriver au printemps, sera motorisé par Gemini, le rapprochement est extrêmement facile. Apple a-t-elle autorisé Google à utiliser les fonctions qu’elle développe actuellement pour Siri sur Personal Intelligence ? Ou à l’inverse Google était-elle déjà en train de développer ces fonctions quand Apple est venue demander de l’aide ? Il est fort probable que nous n’aurons jamais la réponse à cette question, mais une chose est quasi certaine : Personal Intelligence, en sortant quelques mois avant le Siri 2.0 tant attendu, va permettre de défricher le terrain pour Apple, et d’éliminer quelques erreurs avant la sortie d’iOS 26.4 avec la fonction espérée depuis 2024.