Le noyau Linux va passer à la version 7, surtout parce que Linus Torvalds n’a plus assez de doigts pour la 6
Le noyau Linux va bientôt passer à la version 7.0, c’est Linus Torvalds en personne qui l’a confirmé en annonçant la sortie de la mise à jour 6.19, la dernière version stable distribuée depuis le week-end. C’est un changement toutefois plus symbolique que révélateur d’un bouleversement en profondeur, comme son créateur le dit clairement dans son message : « Comme la plupart l’ont déjà compris, j’arrive à un point où les grands nombres commencent à me dérouter (je suis presque à court de doigts et d’orteils, encore une fois), donc le prochain noyau s’appellera 7.0. »
Il faut dire que les numéros de version sont une simple convention qui ne veut rien dire en soi. La méthode « SemVer », pour Semantic Versioning (versionnement sémantique), est la plus classique en développement informatique. Dans ce cadre, le premier nombre désigne un changement majeur qui peut introduire des incompatibilités, le deuxième signale de nouvelles fonctionnalités mineures et le troisième est utilisé pour des corrections de bugs. Ainsi, la version 1.2.3 est une correction de bugs, tandis que la 2.0.0 évoque une mise à jour majeure qui peut éventuellement casser la rétro-compatibilité.
Cette manière de faire reste populaire en informatique, mais c’est loin d’être la seule et de nombreux projets s’en éloignent, notamment pour des raisons marketing. Rester constamment sur une version 1 peut donner l’impression d’un logiciel qui stagne, alors même qu’il gagne de nombreuses fonctionnalités. Le développeur peut alors suivre d’autres conventions, comme un numéro de version basé sur une date (2026.2.0 pour la première mise à jour de février 2026) ou sur ses propres désirs, comme Linus Torvalds l’a toujours fait. De fait, le prochain noyau de Linux sortira courant avril et sera le septième, quasiment trois ans après la version 6.0 dont la sortie remonte à octobre 2022, quand bien même il n’apporte rien de majeur.
Le site spécialisé Phoronix a listé toutes les nouveautés connues pour le noyau 7.0 et la liste est longue, même s’il ne s’agit que de petites modifications prises individuellement. Dans le lot, on repère un changement qui concerne les Mac M1 et M2, avec une meilleure prise en charge des ports USB-C. N’importe quelle distribution GNU/Linux reposant sur ce noyau pourra gérer pleinement les ports et il ne sera plus nécessaire de s’en tenir au noyau modifié par les créateurs d’Asahi Linux, la distribution spécifique aux Mac Apple Silicon.