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Apple Pay : Banque Populaire et Caisse d’Épargne généralisent l’utilisation du réseau CB

12 février 2026 à 16:56

Le réseau CB continue de combler son retard dans le domaine du paiement mobile. Le groupe BPCE, qui rassemble notamment la Banque Populaire et la Caisse d’Épargne, s’apprête à généraliser l’utilisation du réseau de paiement français sur Apple Pay.

« Les paiements de l'ensemble de nos cartes cobadgées passeront par CB sur Apple Pay dès la fin du mois. Ensuite nous ferons la même chose pour tous les autres d'ici à la fin de l'année, que ce soit Google Pay, Swatch Pay, etc. » », a annoncé Yves Tyrode, directeur général de BPCE Digital et Paiements, au journal Les Échos. Les cartes cobadgées, ce sont les cartes compatibles avec deux réseaux de paiement, le plus souvent Mastercard + CB ou Visa + CB.

À ce sujet, après avoir distribué des cartes exclusivement Visa dans le cadre d’un partenariat lié aux Jeux olympiques de 2024, le groupe mutualiste s’engage désormais à faire évoluer son parc : à partir de fin 2027, toutes les cartes Visa only arrivant à expiration seront progressivement remplacées par des cartes cobadgées CB.

Image Caisse d’Épargne/iGeneration

Pour en revenir au paiement mobile, « sur Apple Pay nous voulions être les premiers, mais quand nous l'avons lancé, CB ne permettait pas, à cette époque, de faire passer ces paiements par son réseau », explique Yves Tyrode. BPCE a effectivement été le premier groupe bancaire à adopter Apple Pay en France, dès 2016. Et à l’époque, le réseau CB n’était pas encore compatible avec le paiement mobile.

L’utilisation du réseau CB avec Apple Pay a débuté en 2018 avec la Société Générale, avant de s’étendre au Crédit Agricole deux ans plus tard. Le véritable coup d’accélérateur n’est toutefois intervenu que ces deux dernières années. Le groupement Cartes Bancaires (GIE CB) fait de l’adoption de son réseau un enjeu de souveraineté, mettant en avant le fait que les opérations sont traitées et stockées par un acteur français, en opposition aux Américains Mastercard et Visa.

Apple Pay va se franciser un petit peu avec la généralisation du réseau CB

Apple Pay va se franciser un petit peu avec la généralisation du réseau CB

Les cartes Apple Pay compatibles CB étant cobadgées avec Visa ou Mastercard, comment choisir le réseau français plutôt qu’un autre lors d’un achat ? « En paiement mobile comme en paiement par carte, le choix du réseau s’opère lors de la transaction avec une présélection automatique du réseau par le commerçant que le client peut changer en e-commerce », nous a expliqué le GIE CB.

Choix du réseau de paiement lors d’un paiement Apple Pay sur le web. Image iGeneration.

Concrètement, lorsque vous payez par carte sur un site web, cela signifie qu’il faut cliquer sur le logo CB plutôt que Visa ou Mastercard. Avec Apple Pay, juste avant la confirmation de l’achat, il faut toucher l’option « Changer de mode de paiement » puis sélectionner le réseau CB sur votre carte compatible. « En magasin, c’est la marque présélectionnée par le commerçant qui sera utilisée, comme pour un paiement avec une carte sans contact », ajoute le GIE CB.

En matière de souveraineté toujours, le groupe BPCE se dit satisfait de la dynamique de Wero. Ce service, porté par plusieurs banques européennes, permet déjà d’effectuer des paiements instantanés transfrontaliers et doit autoriser les achats en ligne en France d’ici la fin de l’année. Dans le groupe, Wero compte déjà 4,2 millions d’utilisateurs, avec un rythme d’adoption soutenu d’environ 200 000 nouveaux clients chaque mois.

Wero fourbit ses armes face à Apple Pay

Wero fourbit ses armes face à Apple Pay

Pub dans ChatGPT : une chercheuse quitte OpenAI et met en garde contre une dérive à la Facebook

12 février 2026 à 15:24

L’arrivée de la publicité dans ChatGPT continue de faire des vagues. Tandis qu’Anthropic a multiplié les piques pour marquer sa différence, OpenAI doit aussi composer avec des critiques internes. Une chercheuse, Zoë Hitzig, a remis sa démission en détaillant ses raisons dans une tribune publiée par le New York Times, histoire de rendre le débat public.

Publicité dans ChatGPT. Image OpenAI.

Cette nouvelle ex-employée indique ne pas être foncièrement opposée à la publicité, mais elle a de sérieuses réserves sur la stratégie choisie par OpenAI. « Depuis plusieurs années, les utilisateurs de ChatGPT ont constitué une archive de franchise humaine sans précédent, en partie parce qu’ils croyaient parler à une entité sans arrière-pensée », observe-t-elle. Avec l’arrivée de la pub, elle redoute que ces confidences servent à alimenter des annonces ultra ciblées ou que les intérêts des annonceurs finissent par influencer les réponses de l’assistant — deux risques que n’a pas manqué de souligner Anthropic dans sa récente campagne moqueuse.

OpenAI affiche des publicités dans ChatGPT, uniquement aux États-Unis pour le moment

OpenAI affiche des publicités dans ChatGPT, uniquement aux États-Unis pour le moment

OpenAI assure pourtant avoir posé des garde-fous : les publicités sont clairement identifiées (enfin, ça se limite à une mention « Sponsored »), cantonnées au bas des réponses et sans influence sur leur contenu. « Je pense que la première version des publicités respectera probablement ces principes. Mais je crains que les suivantes ne le fassent pas », s’inquiète Zoë Hitzig, qui a travaillé pendant deux ans sur la conception et la tarification des modèles d’IA ainsi que la politique de sécurité d’OpenAI.

Pourquoi cette crainte ? Parce que le modèle économique publicitaire pourrait créer une incitation structurelle à contourner progressivement ces règles, un scénario déjà vu ailleurs :

À ses débuts, Facebook avait promis que les utilisateurs contrôleraient leurs données et pourraient voter sur les changements de politique. Ces engagements se sont estompés. […] Tout cela s'est produit progressivement, sous la pression d'un modèle publicitaire qui privilégiait l'engagement avant tout.

Zoë Hitzig souligne d’ailleurs qu’OpenAI semble déjà renier certains de ses principes en utilisant apparemment des techniques pour favoriser l’engagement — et on ne parle même pas des engagements initiaux vis-à-vis de l’open source qui sont complètement passés au second plan depuis des années.

Si la pub doit rester sur ChatGPT — et c’est parti pour, il ne faut pas se leurrer — la chercheuse appelle à ce qu’elle soit contrôlée par une véritable gouvernance contraignante. Elle reprend comme exemple Meta, qui est tenu de respecter les décisions de modération de contenu émises par un organe indépendant composé d'experts externes, même si l’efficacité de celui-ci est critiquée.

En réponse aux spots moqueurs d’Anthropic, Sam Altman a défendu sa nouvelle stratégie comme un moyen de démocratiser l’accès à l’IA, opposant un produit premium réservé à une élite à une technologie financée par la pub pour toucher le plus grand nombre : « Anthropic propose un produit haut de gamme à une clientèle aisée. Nous nous en réjouissons, et nous faisons de même, mais nous sommes également convaincus de la nécessité de rendre l'IA accessible aux milliards de personnes qui n'ont pas les moyens de s'abonner. » Un argument déjà utilisé par le passé par… Facebook contre Apple.

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