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TEST Planet of Lana II: Children of the Leaf : Une suite plus dynamique et émotionnelle

Par : Wallnya
4 mars 2026 à 15:03

Il existe des jeux dont l’esthétique parle davantage que la complexité de leur gameplay, des œuvres où les thèmes et les récits forcent les joueurs à réfléchir autrement. Ces thématiques, variées et riches, sont empreintes d’une émotion sincère. Bien que trop rares sur le marché, ces expériences marquent durablement l’esprit des joueurs curieux à travers des aventures hors du temps, loin des histoires interminables de notre époque. Wishfully Studios réitère sa formule en proposant la suite de Planet of Lana, sorti en 2023, avec Planet of Lana II: Children of the Leaf. Cette nouvelle aventure est-elle digne de son aînée, ou s’agit-il d’une suite dont on aurait pu se passer ? Plongeons ensemble dans les méandres de cet univers où robots et humains ont appris à se côtoyer, pour le meilleur comme pour le pire.

Test réalisé sur Nintendo Switch grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur

Retour sur Novo

Commençons par le commencement. Oui, Planet of Lana II est bien la suite directe de Planet of Lana. Le jeu débute par une cinématique qui rappelle aux anciens joueurs – et présente aux nouveaux – les événements du premier opus. Un choix pertinent pour accueillir tous les profils de joueurs dans les meilleures conditions. Cependant, un détail risque de faire tiquer les connaisseurs. Planet of Lana est ce genre d’aventure où les personnages ne prononcent aucune parole compréhensible, de la même manière que Koira pour ne citer que lui. Les personnages s’expriment dans une langue inventée, totalement inaccessible au commun des mortels. Et c’est là tout le charme du jeu, tout y est suggéré, sans jamais avoir besoin de mots clairs. Une force narrative dont peu de jeux peuvent se vanter, et que le premier opus maîtrisait avec brio. 

Or, dès l’introduction de cette suite, une voix intelligible fait son apparition. Et le charme s’en retrouve légèrement altéré pour les amoureux de la licence, même si la compréhension est facilitée. Le résumé du premier opus reste néanmoins succinct, inutile ici d’entrer dans les moindres détails. On cherche à rappeler simplement les grandes lignes de l’histoire, mais cette fois avec des paroles simples.

Pour mémoire, Planet of Lana raconte une aventure de science-fiction aux teintes douces-amères. Un monde où la nature règne en équilibre avec ses habitants, où tout est coloré et paisible. Malheureusement, des envahisseurs viennent bousculer cet ordre parfait et kidnappent les habitants du village de Lana, dont sa sœur. La nature n’est plus aussi luxuriante : elle est meurtrie, presque agonisante, et Lana se retrouve seule. C’est au cœur de cette épreuve qu’elle rencontre son nouveau compagnon de toujours : Mui, une petite créature noire qui rappelle fortement les noiraudes du Studio Ghibli.

L’histoire met finalement en évidence que les robots ne sont pas de simples envahisseurs destructeurs. Le récit se montre plus nuancé et suggère une réalité plus complexe. Il laisse entendre qu’une cohabitation entre robots et humains a autrefois existé. Une civilisation technologiquement avancée, dont la fin fut pourtant tragique. Le premier jeu s’achève sur une note d’espoir. Une harmonie entre ces deux univers semble alors possible. Les villageois sont de retour, et Lana en ressort grandie.

Dans ce deuxième épisode, Lana a mûri. Plus âgée, elle se pose désormais de nombreuses questions. Son objectif de vie a changé depuis sa rencontre avec Mui : elle souhaite en savoir toujours plus sur ses origines, mais surtout percer les secrets les plus sombres qui flottent autour de son histoire. Cependant, elle n’a guère le temps de s’interroger. De nouveaux envahisseurs font surface, cette fois-ci, ils semblent humains. Un déchet d’où s’échappe une fumée bleutée est jeté près de son amie Anua, qui tombe instantanément malade. Au même moment, une sirène d’alarme retentit : les envahisseurs sont de retour. 

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Les envahisseurs sont de retour
La cruauté revient dans le monde paisible de Lana.

L’histoire démarre donc sur les chapeaux de roues : trouver un antidote pour la petite Anua et comprendre pourquoi ces mystérieux envahisseurs sont de retour. Tous ces objectifs se mettent en place dans un journal qu’il est possible de consulter à chaque instant. Planet of Lana II : Children of the Leaf propose une durée de vie d’environ 6 heures, et 8 heures pour qui souhaite en découvrir tous les secrets. Le tout est réparti sur 7 chapitres particulièrement denses et maîtrisés. 

Des mécaniques enrichies

Maintenant que le contexte est posé, intéressons-nous au gameplay que propose Planet of Lana II. À première vue d’une apparente simplicité, le jeu arrive tout de même à surprendre. On alterne entre phases d’énigmes et phases de plateforme. Les moments de réflexion sont à la hauteur des énigmes du premier opus. Elles retournent facilement le cerveau et la difficulté est légèrement progressive au vu des nouvelles mécaniques ajoutées. Elles sont intelligentes, stimulantes et parfois tordues. L’apparition des nouveaux biomes injecte un vent de fraîcheur dans les mécaniques. Mui permet de contrôler de nouvelles espèces qui lui ressemblent : des boules noires déposant de la laine inflammable dans le biome montagnard, des poissons capables de cracher de l’encre le biome aquatique ou des mouches volantes libérant de l’eau dans le biome sylvestre.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Nouvelles mécaniques de gameplay
Nouveau biome et nouvelle mécanique de gameplay, que demander de plus ?

Tous les mécanismes restent intuitifs, que ce soit à la manette ou via les Joy-Con. Lana se contrôle plus ou moins facilement de la même façon que dans le premier opus. Mui, de son côté, possède une particularité dans son gameplay. Outre ses capacités spéciales à interagir avec son environnement, que ce soit pour ouvrir des passages ou pour court-circuiter des portes et des robots, il ne se déplace que là où vous cliquez.

Il peut donc vous suivre instinctivement, s’arrêter à l’endroit où il se trouve actuellement à l’aide d’une simple touche. Mais pour le faire se déplacer à un endroit précis sans que Lana le suive, il faudra s’armer de patience et déplacer son curseur jusqu’à la zone en question. Une manipulation parfois fastidieuse et très vite répétitive, surtout si vous avez la merveilleuse idée de bouger Lana en même temps. Le curseur revient indéfiniment au milieu de l’écran, et quelques secondes peuvent coûter cher dans des énigmes périlleuses.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Souvenirs de Mui

Côté Lana, le jeu reste essentiellement un plateformer accessible, mais exigeant. Les passages sont signalés par un code couleur : le jaune dans la plupart des environnements, parfois blanc dans des zones plus robotiques. Même si le parcours reste globalement linéaire, il se découvre sous l’eau et dans les airs. Cette verticalité et cette profondeur apportent une nouvelle dimension au level design, atténuant la sensation de linéarité. Malheureusement, le tout reste contrebalancé par la lourdeur des mouvements de Lana. On comprend qu’elle soit jeune et même plutôt athlétique (sauter sur les murs, courir avec des glissades…) au vu de toutes les prouesses dont elle est capable.

Or, les sauts sont peu réactifs. Dans certaines énigmes au timing serré, cela peut entraîner des morts frustrantes, que ce soit pour Lana ou pour Mui. Un détail qui peut agacer, mais qui reste marginal face à la qualité globale des mécaniques. Lana peut désormais contrôler les robots après le court-circuitage de Mui. Ces nouvelles mécaniques apportent un intérêt supplémentaire à cet opus. Cette suite propose un gameplay plus dynamique et plus riche, qui saura séduire les joueurs frustrés par la relative lenteur du premier opus.

Quand l’image remplace les mots

Planet of Lana ne brille pas simplement par son gameplay, mais avant tout par l’univers qu’il dépeint. Ici, on vit une expérience visuelle et sonore de qualité. Les décors variés semblent sortir tout droit d’une peinture, et l’on se plaît à observer les nombreux détails apportés, par rapport au premier opus. Les couleurs chatoyantes du début sont vite entrecoupées de phases plus industrielles, d’usines robotiques. Un équilibre constant entre nature et technologie s’installe, au point que l’on en vient à se demander où se situe la limite entre les deux.

De nouveaux biomes font leur apparition : la montagne enneigée, calme en apparence mais traversée de bourrasques mortelles ; la forêt que l’on connaît bien depuis le premier jeu ; ou encore la mer, avec son décor aquatique d’une grande beauté. On observe, on remarque, on explore chaque détail. Chaque élément peut nous apprendre davantage sur l’histoire de Lana et de la planète Novo.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Détails du monde aquatique
Un monde aquatique à plusieurs niveaux de profondeur, à plusieurs niveaux de détails.

Le tout fonctionne parfaitement, même si le gameplay est désormais un peu plus exigeant. La direction artistique est saisissante et l’ambiance sonore, tout simplement fabuleuse. Les bruitages nous immergent totalement dans l’action et dans les environnements. Tandis que les musiques symphoniques de Takeshi Furukawa, célèbre pour The Last Guardian, renforcent cette immersion. La musique occupe une place primordiale dans cette épopée, et chaque note correspond parfaitement à l’ambiance mise en scène : parfois triste, parfois empreinte de colère. On vit l’aventure autant que Lana et Mui.

Les émotions de Lana sont au cœur de l’aventure. Certes, elle a gagné en maturité, mais elle reste cette jeune adolescente qui ne souhaite que le bien autour d’elle et cherche à aider son prochain, même si cela peut lui attirer des ennuis. Ses intonations sont compréhensibles malgré la langue inconnue. Pas besoin de mots intelligibles pour saisir une dispute entre sœurs. Les décors nous parlent, les expressions des personnages aussi. Il est rare de voir des jeux où les mots ne sont pas nécessaires pour se laisser transporter dans une aventure saisissante. On se construit en quelque sorte sa propre interprétation, même si la fin pousse à poser la manette tant elle surprend.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Les émotions de Lana
Sans une parole, on comprend l’incompréhension de Lana face au comportement de Mui.

Planet of Lana se démarque également par les thèmes qu’il aborde. Ils sont loin d’être simples : l’équilibre entre nature et technologie, la mémoire d’un monde oublié, la résilience face à la perte d’un proche ou d’un avenir, la solidarité, l’entraide, le deuil… Lana traverse tellement d’émotions qu’il est difficile de ne pas se sentir touché. On en vient même à se demander comment nous aurions réagi face à de tels événements.

Verdict

En résumé, Planet of Lana II : Children of the Leaf s’impose comme une suite réussie et cohérente. Plus dynamique dans son gameplay, plus exigeante dans ses énigmes, elle conserve pourtant ce qui faisait la force du premier opus : une direction artistique somptueuse et une narration émotionnelle sans mots. Portée par une bande-son remarquable et un univers toujours aussi évocateur, l’aventure touche autant qu’elle émerveille. Courte mais dense, cette nouvelle odyssée confirme que la série a encore beaucoup à raconter.

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TEST Planet of Lana II: Children of the Leaf : Une suite plus dynamique et émotionnelle

Par : Wallnya
4 mars 2026 à 15:03

Il existe des jeux dont l’esthétique parle davantage que la complexité de leur gameplay, des œuvres où les thèmes et les récits forcent les joueurs à réfléchir autrement. Ces thématiques, variées et riches, sont empreintes d’une émotion sincère. Bien que trop rares sur le marché, ces expériences marquent durablement l’esprit des joueurs curieux à travers des aventures hors du temps, loin des histoires interminables de notre époque. Wishfully Studios réitère sa formule en proposant la suite de Planet of Lana, sorti en 2023, avec Planet of Lana II: Children of the Leaf. Cette nouvelle aventure est-elle digne de son aînée, ou s’agit-il d’une suite dont on aurait pu se passer ? Plongeons ensemble dans les méandres de cet univers où robots et humains ont appris à se côtoyer, pour le meilleur comme pour le pire.

Test réalisé sur Nintendo Switch grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur

Retour sur Novo

Commençons par le commencement. Oui, Planet of Lana II est bien la suite directe de Planet of Lana. Le jeu débute par une cinématique qui rappelle aux anciens joueurs – et présente aux nouveaux – les événements du premier opus. Un choix pertinent pour accueillir tous les profils de joueurs dans les meilleures conditions. Cependant, un détail risque de faire tiquer les connaisseurs. Planet of Lana est ce genre d’aventure où les personnages ne prononcent aucune parole compréhensible, de la même manière que Koira pour ne citer que lui. Les personnages s’expriment dans une langue inventée, totalement inaccessible au commun des mortels. Et c’est là tout le charme du jeu, tout y est suggéré, sans jamais avoir besoin de mots clairs. Une force narrative dont peu de jeux peuvent se vanter, et que le premier opus maîtrisait avec brio. 

Or, dès l’introduction de cette suite, une voix intelligible fait son apparition. Et le charme s’en retrouve légèrement altéré pour les amoureux de la licence, même si la compréhension est facilitée. Le résumé du premier opus reste néanmoins succinct, inutile ici d’entrer dans les moindres détails. On cherche à rappeler simplement les grandes lignes de l’histoire, mais cette fois avec des paroles simples.

Pour mémoire, Planet of Lana raconte une aventure de science-fiction aux teintes douces-amères. Un monde où la nature règne en équilibre avec ses habitants, où tout est coloré et paisible. Malheureusement, des envahisseurs viennent bousculer cet ordre parfait et kidnappent les habitants du village de Lana, dont sa sœur. La nature n’est plus aussi luxuriante : elle est meurtrie, presque agonisante, et Lana se retrouve seule. C’est au cœur de cette épreuve qu’elle rencontre son nouveau compagnon de toujours : Mui, une petite créature noire qui rappelle fortement les noiraudes du Studio Ghibli.

L’histoire met finalement en évidence que les robots ne sont pas de simples envahisseurs destructeurs. Le récit se montre plus nuancé et suggère une réalité plus complexe. Il laisse entendre qu’une cohabitation entre robots et humains a autrefois existé. Une civilisation technologiquement avancée, dont la fin fut pourtant tragique. Le premier jeu s’achève sur une note d’espoir. Une harmonie entre ces deux univers semble alors possible. Les villageois sont de retour, et Lana en ressort grandie.

Dans ce deuxième épisode, Lana a mûri. Plus âgée, elle se pose désormais de nombreuses questions. Son objectif de vie a changé depuis sa rencontre avec Mui : elle souhaite en savoir toujours plus sur ses origines, mais surtout percer les secrets les plus sombres qui flottent autour de son histoire. Cependant, elle n’a guère le temps de s’interroger. De nouveaux envahisseurs font surface, cette fois-ci, ils semblent humains. Un déchet d’où s’échappe une fumée bleutée est jeté près de son amie Anua, qui tombe instantanément malade. Au même moment, une sirène d’alarme retentit : les envahisseurs sont de retour. 

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Les envahisseurs sont de retour
La cruauté revient dans le monde paisible de Lana.

L’histoire démarre donc sur les chapeaux de roues : trouver un antidote pour la petite Anua et comprendre pourquoi ces mystérieux envahisseurs sont de retour. Tous ces objectifs se mettent en place dans un journal qu’il est possible de consulter à chaque instant. Planet of Lana II : Children of the Leaf propose une durée de vie d’environ 6 heures, et 8 heures pour qui souhaite en découvrir tous les secrets. Le tout est réparti sur 7 chapitres particulièrement denses et maîtrisés. 

Des mécaniques enrichies

Maintenant que le contexte est posé, intéressons-nous au gameplay que propose Planet of Lana II. À première vue d’une apparente simplicité, le jeu arrive tout de même à surprendre. On alterne entre phases d’énigmes et phases de plateforme. Les moments de réflexion sont à la hauteur des énigmes du premier opus. Elles retournent facilement le cerveau et la difficulté est légèrement progressive au vu des nouvelles mécaniques ajoutées. Elles sont intelligentes, stimulantes et parfois tordues. L’apparition des nouveaux biomes injecte un vent de fraîcheur dans les mécaniques. Mui permet de contrôler de nouvelles espèces qui lui ressemblent : des boules noires déposant de la laine inflammable dans le biome montagnard, des poissons capables de cracher de l’encre le biome aquatique ou des mouches volantes libérant de l’eau dans le biome sylvestre.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Nouvelles mécaniques de gameplay
Nouveau biome et nouvelle mécanique de gameplay, que demander de plus ?

Tous les mécanismes restent intuitifs, que ce soit à la manette ou via les Joy-Con. Lana se contrôle plus ou moins facilement de la même façon que dans le premier opus. Mui, de son côté, possède une particularité dans son gameplay. Outre ses capacités spéciales à interagir avec son environnement, que ce soit pour ouvrir des passages ou pour court-circuiter des portes et des robots, il ne se déplace que là où vous cliquez.

Il peut donc vous suivre instinctivement, s’arrêter à l’endroit où il se trouve actuellement à l’aide d’une simple touche. Mais pour le faire se déplacer à un endroit précis sans que Lana le suive, il faudra s’armer de patience et déplacer son curseur jusqu’à la zone en question. Une manipulation parfois fastidieuse et très vite répétitive, surtout si vous avez la merveilleuse idée de bouger Lana en même temps. Le curseur revient indéfiniment au milieu de l’écran, et quelques secondes peuvent coûter cher dans des énigmes périlleuses.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Souvenirs de Mui

Côté Lana, le jeu reste essentiellement un plateformer accessible, mais exigeant. Les passages sont signalés par un code couleur : le jaune dans la plupart des environnements, parfois blanc dans des zones plus robotiques. Même si le parcours reste globalement linéaire, il se découvre sous l’eau et dans les airs. Cette verticalité et cette profondeur apportent une nouvelle dimension au level design, atténuant la sensation de linéarité. Malheureusement, le tout reste contrebalancé par la lourdeur des mouvements de Lana. On comprend qu’elle soit jeune et même plutôt athlétique (sauter sur les murs, courir avec des glissades…) au vu de toutes les prouesses dont elle est capable.

Or, les sauts sont peu réactifs. Dans certaines énigmes au timing serré, cela peut entraîner des morts frustrantes, que ce soit pour Lana ou pour Mui. Un détail qui peut agacer, mais qui reste marginal face à la qualité globale des mécaniques. Lana peut désormais contrôler les robots après le court-circuitage de Mui. Ces nouvelles mécaniques apportent un intérêt supplémentaire à cet opus. Cette suite propose un gameplay plus dynamique et plus riche, qui saura séduire les joueurs frustrés par la relative lenteur du premier opus.

Quand l’image remplace les mots

Planet of Lana ne brille pas simplement par son gameplay, mais avant tout par l’univers qu’il dépeint. Ici, on vit une expérience visuelle et sonore de qualité. Les décors variés semblent sortir tout droit d’une peinture, et l’on se plaît à observer les nombreux détails apportés, par rapport au premier opus. Les couleurs chatoyantes du début sont vite entrecoupées de phases plus industrielles, d’usines robotiques. Un équilibre constant entre nature et technologie s’installe, au point que l’on en vient à se demander où se situe la limite entre les deux.

De nouveaux biomes font leur apparition : la montagne enneigée, calme en apparence mais traversée de bourrasques mortelles ; la forêt que l’on connaît bien depuis le premier jeu ; ou encore la mer, avec son décor aquatique d’une grande beauté. On observe, on remarque, on explore chaque détail. Chaque élément peut nous apprendre davantage sur l’histoire de Lana et de la planète Novo.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Détails du monde aquatique
Un monde aquatique à plusieurs niveaux de profondeur, à plusieurs niveaux de détails.

Le tout fonctionne parfaitement, même si le gameplay est désormais un peu plus exigeant. La direction artistique est saisissante et l’ambiance sonore, tout simplement fabuleuse. Les bruitages nous immergent totalement dans l’action et dans les environnements. Tandis que les musiques symphoniques de Takeshi Furukawa, célèbre pour The Last Guardian, renforcent cette immersion. La musique occupe une place primordiale dans cette épopée, et chaque note correspond parfaitement à l’ambiance mise en scène : parfois triste, parfois empreinte de colère. On vit l’aventure autant que Lana et Mui.

Les émotions de Lana sont au cœur de l’aventure. Certes, elle a gagné en maturité, mais elle reste cette jeune adolescente qui ne souhaite que le bien autour d’elle et cherche à aider son prochain, même si cela peut lui attirer des ennuis. Ses intonations sont compréhensibles malgré la langue inconnue. Pas besoin de mots intelligibles pour saisir une dispute entre sœurs. Les décors nous parlent, les expressions des personnages aussi. Il est rare de voir des jeux où les mots ne sont pas nécessaires pour se laisser transporter dans une aventure saisissante. On se construit en quelque sorte sa propre interprétation, même si la fin pousse à poser la manette tant elle surprend.

Planet of Lana II: Children of the Leaf - Les émotions de Lana
Sans une parole, on comprend l’incompréhension de Lana face au comportement de Mui.

Planet of Lana se démarque également par les thèmes qu’il aborde. Ils sont loin d’être simples : l’équilibre entre nature et technologie, la mémoire d’un monde oublié, la résilience face à la perte d’un proche ou d’un avenir, la solidarité, l’entraide, le deuil… Lana traverse tellement d’émotions qu’il est difficile de ne pas se sentir touché. On en vient même à se demander comment nous aurions réagi face à de tels événements.

Verdict

En résumé, Planet of Lana II : Children of the Leaf s’impose comme une suite réussie et cohérente. Plus dynamique dans son gameplay, plus exigeante dans ses énigmes, elle conserve pourtant ce qui faisait la force du premier opus : une direction artistique somptueuse et une narration émotionnelle sans mots. Portée par une bande-son remarquable et un univers toujours aussi évocateur, l’aventure touche autant qu’elle émerveille. Courte mais dense, cette nouvelle odyssée confirme que la série a encore beaucoup à raconter.

Cet article TEST Planet of Lana II: Children of the Leaf : Une suite plus dynamique et émotionnelle est apparu en premier sur JVFrance.

TEST Poppy Playtime Chapter 5 : Horreur intense, tension éteinte

Par : Wallnya
26 février 2026 à 16:07

Il existe des jeux qui, dès les premières minutes, parviennent à nous captiver par leur atmosphère plutôt que par leur gameplay. Depuis quelques années, un sous-genre bien particulier s’est imposé : le Mascot Horror. Derrière des mascottes, des jouets ou des peluches terriblement mignonnes se cache une réalité bien plus sombre, peuplée de créatures prêtes à vous mettre en pièces. Poppy Playtime s’est imposé comme l’un des pionniers du genre. Alors que le chapitre 5 est sorti le 18 février, nous avons plongé avec plaisir, et surtout avec horreur, dans cette nouvelle aventure. Cependant, vaut-il le coup de se pencher sur cette 5e itération ou la hype du Mascot Horror semble-t-elle définitivement retombée ?

Test réalisé sur PC à l’aide d’une version numérique envoyée par l’éditeur

Un héritage lourd à porter

Il est compliqué d’aborder ce chapitre 5 sans revenir sur l’essor du Mascot Horror, et plus largement sur l’histoire de Poppy Playtime. Dans la culture populaire, ce sous-genre repose sur le concept du divertissement pour enfants qui finit par tourner au cauchemar. Parcs abandonnés, mascottes au sourire figé, peluches devenues menaçantes… Le contraste entre rêverie et horreur est au cœur de la formule. Un jeu a marqué toute l’histoire du Mascot Horror : Five Nights at Freddy’s. Un concept simple : un vigile de nuit, une pizzeria familiale et des animatroniques déterminés à vous éliminer. Cependant, son impact dépasse largement ce postulat de départ.

Au-delà des jumpscares et d’une histoire d’enfants torturés, le titre s’est distingué par ses nombreuses références entre les différents opus, son lore caché, ses nombreuses théories communautaires, mais aussi une écoute attentive de son créateur. Dès 2014, le genre explose. De nombreux titres s’engouffrent dans cette brèche, parmi lesquels Bendy and the Ink Machine, Garten of Banban ou le fameux Poppy Playtime.

C’est donc dans ce contexte que Poppy Playtime voit le jour en 2021, développé par Mob Entertainment (anciennement MOB Games). Si, d’un côté, Five Nights at Freddy’s misait sur l’immobilité dans son gameplay, Poppy en a décidé autrement. Le jeu choisit une approche plus immersive, mettant le joueur mobile au sein d’un environnement hostile. Dès son premier chapitre, le jeu impose sa patte artistique : une ambiance industrielle délabrée, mais excessivement colorée et joyeuse. Le tout forme un fort contraste avec les thèmes abordés, dont la noirceur s’intensifie au fil des épisodes.

Voici un résumé succinct des événements pour mieux comprendre le chapitre 5 de Poppy Playtime. Le premier opus nous plonge dans les couloirs de cette usine abandonnée du nom de Playtime Co. On y incarne un ancien employé, de retour après avoir reçu une mystérieuse lettre. Tout le personnel a disparu dix ans plus tôt, mais les mascottes, et notamment Huggy Wuggy, restent bien présentes et prêtes à nous traquer.

Les chapitres suivants élargissent l’univers et introduisent de nouveaux antagonistes iconiques. On y découvre Mommy Long Legs et la découverte du Playcare – l’orphelinat expérimental de l’usine. Mais surtout, le Prototype, plus connu sous le nom de l’Expérience 1006, fait enfin son apparition. Cependant, plus le temps avance, plus l’on comprend que l’usine cache des expérimentations humaines sur des orphelins. Tout cela est fait dans l’objectif somme toute innocent de vouloir repousser les limites de la vie et de la mort.

Poppy Playtime Chapitre 5 - Un décor coloré et sombre.
Une ambiance encore plus sombre et délabrée, malgré la porte colorée.

Cependant, après avoir sorti un opus par an, l’histoire de Poppy Playtime devenait de plus en plus complexe et riche. Ce 5e opus avait pour responsabilité de conclure certaines intrigues de la franchise tout en renouvelant la formule. Parvient-il donc encore à surprendre ou la machine commence-t-elle à s’essouffler ?

Un gameplay en quête d’équilibre

Maintenant que le contexte est posé, intéressons-nous à une partie essentielle du charme de Poppy Playtime : son gameplay. À la manière des anciens chapitres, le jeu remet au goût du jour la mise en évidence du GrabPack – ces mains bleues et rouges qui nous accompagnent depuis le début. Deux nouvelles mains font leur apparition : la main à pression et la main à conduction. La première remplace la main droite rouge et permet de pousser des caisses pour débloquer un chemin, de casser des bouches de ventilation ou d’activer des pistons. La seconde remplace de la même manière la main droite. Elle permet de conduire de l’électricité, de la chaleur ou du froid. Ces ajouts permettent d’innover dans toutes les phases d’énigmes du jeu et enrichissent considérablement l’expérience.

De la même manière, les puzzles sont différents grâce à ces nouveautés et peuvent facilement prendre la tête. Ils varient en difficulté, parfois trop simples, parfois trop compliqués. Pendant ces phases, les poursuites et les jumpscares sont quasiment absents. Malheureusement, cela crée une fracture dans l’ambiance générale de l’œuvre. En effet, on cherche à jouer avec notre peur, à trouver une solution rapidement pour éviter qu’un jouet vienne mettre fin à nos jours. Or, lors des phases de réflexion, la tension chute drastiquement pendant de longues minutes, voire plusieurs heures pour certaines séquences. On se rappellera de la scène avec Huggy Wuggy et ses trois générateurs à allumer.

Tandis que les phases d’évasion se font peu nombreuses et trop répétitives. La première mort enlève la peur viscérale qui nous habitait, parce qu’on ne comprenait tout simplement pas le chemin. On ne compte plus le nombre de fois où l’on s’est offert à Huggy Wuggy pour réapprendre le chemin à parcourir après chaque échec.

Poppy Playtime Chapitre 5 - Mise en évidence de la main à pression et à conduction.
Des nouvelles mains qui peuvent geler, mais aussi faire exploser des objets.

Ainsi, le chapitre 5 innove grâce aux nouvelles mécaniques du GrabPack, mais la gestion inégale de la tension pendant les énigmes affaiblit parfois l’expérience de peur. Et pour une œuvre qui peut se finir en environ cinq heures sans explorer, c’est plutôt dommage. Or, ce n’est pas non plus le seul inconvénient auquel nous avons fait face. L’univers de Poppy est coloré, mais plus les épisodes avancent, plus on plonge dans le côté sombre de l’homme. Par conséquent, les décors sont de plus en plus obscurs, voire beaucoup trop sombres. Et malheureusement, aucun moyen de régler la luminosité du jeu n’est proposé. Un aspect plutôt contraignant quand on se fait poursuivre ou quand on bloque sur une énigme, car le jeu est trop sombre pour découvrir l’indice manquant.

Promesses inachevées

Poppy Playtime Chapter 5, ce n’est uniquement que du gameplay, c’est aussi une narration singulière. Certes, il serait logique de penser que l’histoire proposerait un récapitulatif des anciens jeux avant de commencer cette nouvelle itération. Que nenni : le jeu nous plonge directement à la fin du quatrième jeu. Qu’à cela ne tienne ! Pour les fins connaisseurs, le chapitre 5 suit la même trajectoire que ses prédécesseurs : une expansion du lore avec de nouvelles briques et de nouveaux puzzles. L’histoire se concentre toujours sur les expérimentations menées dans l’usine et sur l’origine du Prototype, désormais présenté sous un angle plus complexe et inquiétant. Une histoire bien plus sombre et violente que les opus précédents. Cela donne une nouvelle vague de fraîcheur à un jeu qui commence à proposer toujours la même chose.

Malheureusement, cet opus laisse penser que le Prototype serait le principal antagoniste. Il ne nous effrayera qu’une poignée de fois. Toute une montée en puissance qui s’effiloche. On fait face à un sentiment mitigé. Son design est repoussant à plus d’un égard, mais dès que l’on découvre son apparence, cette peur disparaît instantanément. Son design marque, son voice acting nous terrifie, mais sa présence ne nous fait plus rien. Et c’est un problème pour un jeu qui souhaite maintenir une pression constante sur le joueur.

Les indices et collectables sont nombreux et dispersés dans l’environnement de manière cohérente : des cassettes audio, des notes manuscrites, des dessins… Le tout permet de reconstruire l’histoire plus ou moins complète des enfants disparus. On se plaît à les chercher, à comprendre ce qui a pu se passer dans cette usine. Le chapitre 5 propose également des séquences de flashback ainsi que des révélations sur certains personnages, permettant de maintenir la tension.

Poppy Playtime Chapitre 5 - Flashback d'Huggy Wuggy
Un flashback très.. mignon.

Cependant, toutes les questions restent en suspens et les réponses se font attendre. Même un fan assidu restera sur sa faim avec le maigre nombre de réponses proposées. Et c’est en jonglant entre les réponses à des questions laissées en suspens et l’introduction de nouvelles énigmes que l’aventure Poppy Playtime Chapter 5 devient parfois compliquée. Cette alternance ralentit le rythme et rend certains passages un peu confus. La franchise semble avancer chaque jour un peu plus, à la manière de Five Nights at Freddy’s, qui paraît se perdre progressivement dans son propre lore. Une surcharge d’informations dont les joueurs se seraient bien passés.

Une atmosphère maîtrisée, mais incomplète

Outre le gameplay et la narration, sans une mise en scène travaillée, Poppy Playtime Chapter 5 ne serait pas un digne représentant du Mascot Horror. Le jeu continue dans sa lancée en maintenant un style contrasté. Le joueur fait face à des décors industriels délabrés, mais saturés de couleurs vives, accentuant leur aspect à la fois mignon et terrifiant. Les personnages présentés sont également particulièrement réussis. Que ce soit Poppy, Giblet ou même le Prototype, ils bénéficient tous d’une vraie présence. Leurs mouvements et leurs expressions débordent de vie et renforcent l’impact de chaque rencontre.

Poppy Playtime Chapitre 5 - Giblet
On ressent les expressions des personnes dans leurs mouvements et dans leurs yeux, même s’ils ne sont pas humains.

Côté sonore, le voice acting est de qualité et les dialogues sont finement présentés. Mention spéciale à Lily Lovebraids et son « un, deux, trois, soleil ». L’absence de fond sonore, sa petite voix d’enfant fredonnant et ses ordres à respecter impérativement nous auront arraché plus d’une fois un sourire. On notera tout de même un sound design et une musique quasiment inexistants hors phases de poursuite. Cela reste cohérent dans une usine délabrée, mais demeure peu habituel dans les jeux actuels. De la même manière, l’apparition parfois hasardeuse des temps de chargement coupe l’immersion et pose parfois problème.

De plus, le jeu propose une traduction française, que ce soit orale ou écrite, ce qui est plutôt plaisant pour un jeu de ce style. Malheureusement, certaines traductions ne fonctionnent pas dans la langue de Molière ou se retrouvent tout simplement absentes. L’anglais reste de mise, mais cela sera sûrement corrigé dans les prochaines mises à jour proposées par le studio.

Sur le plan technique, le jeu se joue à la manette comme au clavier-souris. Ce n’était pas le cas dans le premier chapitre. Un choix plutôt plaisant à première vue, mais il devient un véritable casse-tête avec le temps. La précision du GrabPack est primordiale, ce que la manette n’offre pas. Cependant, le souci est aussi présent avec la souris. Malgré le viseur bien placé, notre main se retrouve parfois à côté de l’endroit voulu. Cela donnera des situations plutôt frustrantes.

Verdict

En résumé, Poppy Playtime Chapter 5 est visuellement un bon jeu, avec un gameplay intéressant alternant entre énigmes et poursuites effrayantes. Le tout dans des décors délabrés mais colorés, peuplés de peluches trop mignonnes et pourtant assoiffées de sang. À force de vouloir complexifier son univers et maintenir une peur constante, le jeu finit par diminuer son impact. Le Mascot Horror semble atteindre un plafond créatif où la surprise laisse place à la répétition. L’expérience reste plaisante, capable de surprendre et d’effrayer en moins de six heures, mais elle donne davantage l’impression de préparer le terrain pour un chapitre 6 que de proposer une véritable conclusion.

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